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Chasse en Algérie : permis, espèces autorisées, zones amodiées et zones interdites

Chasse en Algérie : permis, espèces autorisées, zones amodiées et zones interdites
La saison de chasse 2026-2027 est encadrée par des règles sur les permis, les espèces et les zones autorisées.

La saison de chasse 2026-2027 est ouverte depuis le 10 octobre, selon le plan de chasse adopté dans chaque wilaya. Permis, licence, assurance, zones amodiées, espèces protégées et interdictions encadrent strictement cette activité. Voici les règles à connaître pour chasser légalement, et ce que risquent les contrevenants.

Saison de chasse 2026-2027 : une ouverture le 10 octobre

La Direction générale des forêts (DGF) a ouvert la saison de chasse 2026-2027 le samedi 10 octobre 2026. Elle applique pour cela la loi du 14 août 2004 relative à la chasse. Ce texte encadre en effet l’ensemble de l’activité, du permis aux sanctions.

Toutefois, l’ouverture nationale ne permet pas de chasser toutes les espèces dès cette date. Chaque wilaya applique en effet son propre plan de chasse, qui fixe les territoires, les espèces, les périodes et les quotas. La DGF appelle donc les chasseurs à respecter strictement ce plan et à adopter des pratiques responsables.

Plusieurs wilayas ont lancé la saison dès le 10 octobre. À Tlemcen, par exemple, le wali a présidé l’ouverture dans la forêt de Fewzaz, à Aouchba, dans la commune d’Aïn Fezza. La conservation des forêts y a formé 1 227 chasseurs et délivré 1 160 permis, avec la participation de 35 associations.

Espèces chassables et périodes : l’exemple de Tizi Ouzou

Les espèces autorisées et les périodes varient d’une wilaya à l’autre. À Tizi Ouzou, l’arrêté de la saison précédente autorisait la chasse du pigeon ramier, de la perdrix gambra, du lapin de garenne et du lièvre du 1er décembre au 1er janvier. Il autorisait aussi la chasse de la bécasse des bois, de la grive et de l’étourneau sansonnet jusqu’au 1er février.

La caille des blés relevait, elle, d’une période estivale distincte, du 15 juillet au 7 août 2026. Par ailleurs, l’arrêté limitait la chasse aux week-ends et aux jours fériés. Pour la saison 2026-2027, le wali a ouvert la chasse dans la wilaya par un arrêté du 11 octobre 2026. {{ROUGE}}À VÉRIFIER : espèces, dates et jours de chasse fixés par l’arrêté n° 4539 du 11 octobre 2026.{{/ROUGE}}

  • Pigeon ramier, perdrix gambra, lapin de garenne, lièvre : du 1er décembre au 1er janvier (saison 2025-2026).
  • Bécasse des bois, grive, étourneau sansonnet : du 1er décembre au 1er février (saison 2025-2026).
  • Caille des blés : du 15 juillet au 7 août 2026.
  • Jours de chasse : week-ends et jours fériés.

Dans toutes les wilayas, les chasseurs ne peuvent prélever que les espèces inscrites au plan de chasse. Ils doivent également respecter le nombre de pièces autorisé par journée de chasse. Avant toute sortie, mieux vaut donc consulter l’arrêté de sa wilaya auprès de la conservation des forêts.

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Permis de chasse en Algérie : conditions, stage et validité

Pour chasser, la loi impose d’abord quatre conditions cumulatives : un permis valide, une licence valide, l’adhésion à une association et une assurance. Cette assurance doit couvrir la responsabilité civile du chasseur et sa responsabilité pénale pour l’usage des armes. Sans l’une de ces pièces, le chasseur s’expose à des sanctions.

Le candidat au permis doit ensuite avoir 18 ans révolus et ne présenter aucun handicap incompatible avec la chasse. Il suit un stage organisé par l’administration chargée de la chasse, qui lui remet une attestation d’habilitation. Son dossier comprend notamment un certificat médical, une attestation d’affiliation à une association et un extrait d’acte de naissance.

Le wali ou son délégué, ou le chef de daïra du lieu de résidence, délivre ensuite le permis. Ce document reste valable dix ans sur tout le territoire national. En revanche, pour le renouveler, le chasseur ne doit avoir subi aucune condamnation pour infraction à la loi sur la chasse depuis au moins cinq ans.

À Tizi Ouzou, la conservation des forêts a ainsi organisé un examen le 1er septembre 2026 pour l’attestation d’habilitation. Depuis le 18 octobre, les chasseurs inscrits sur la liste publiée peuvent retirer leur permis au service de la protection de la faune et de la flore. Toutefois, seul l’intéressé peut le retirer, sur présentation d’une pièce d’identité valide.

Licence de chasser et amodiation : le rôle des associations

La licence de chasser complète le permis. L’association à laquelle le chasseur adhère la demande pour lui, et elle reste valable une seule saison. Elle autorise ainsi la chasse sur les territoires amodiés ou loués par cette association.

L’amodiation consiste, pour l’administration chargée de la chasse, à confier un territoire à une association selon un cahier des charges. Elle dure de un à neuf ans, renouvelables. En contrepartie, l’association doit préserver le gibier, lutter contre le braconnage et organiser l’activité de ses membres.

Seuls les membres de l’association retenue peuvent ensuite chasser dans la zone. Un chasseur qui y chasse sans autorisation risque une amende de 10 000 à 50 000 DA. Il perd en outre son permis pour la saison en cours.

Zones de chasse amodiées à Tizi Ouzou : lots, superficies et dossier

À Tizi Ouzou, la conservation des forêts a lancé le 15 octobre un appel aux associations pour louer dix lots de chasse. D’après nos calculs, ces lots totalisent 6 510 hectares. Ils se trouvent dans les forêts domaniales de Moulay Yahia, Beni Khelfoun, Boumahni, Tamgout, Azouza et Beni Ghobri. Ces lots couvrent les communes de Frikat, Tizi Ghenif, Aït Yahia Moussa, Aïn Zaouia, Aghribs, Aït Chafaa, Akerrou, Azazga et Yakouren.

Le plus grand lot, à Aïn Zaouia, couvre 2 074 hectares, contre 296 hectares pour le plus petit, à Tizi Ghenif. La redevance annuelle s’élève, quant à elle, à 500 DA par hectare. Selon nos calculs, la location de l’ensemble des lots rapporterait donc plus de 3,2 millions de dinars par an.

Un second avis, daté du 27 octobre, relance ensuite l’appel pour neuf lots, totalisant 5 810 hectares. La conservation des forêts ouvrira les plis le jeudi 5 novembre à 10 heures, en séance publique, à son siège. Chaque association peut d’ailleurs postuler à plusieurs lots et en obtenir plus d’un.

Le dossier comprend d’abord le cahier des charges signé, une demande précisant le lot et la durée souhaitée, et une copie de l’agrément de l’association. L’association doit aussi fournir la liste certifiée de ses chasseurs assurés et titulaires du permis. Enfin, elle joint un procès-verbal de visite du terrain, signé par les services des forêts et son président.

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Zones incendiées, reboisements, enneigement : où la chasse est interdite

La DGF interdit totalement la chasse dans les zones touchées par les incendies, en application de l’article 32 de la loi. Le même article l’interdit aussi dans les jeunes reboisements de moins de dix ans. Ces mesures laissent ainsi la faune et la végétation se reconstituer.

De même, la loi interdit la chasse dans les parcs culturels, les aires de protection de la faune, les sites enneigés et les forêts de l’État non louées. Elle l’interdit en outre la nuit, par temps de neige et pendant la reproduction des animaux. Les amoureux de la nature peuvent toutefois découvrir les espaces protégés autrement, comme le parc national de Gouraya.

Enfin, la loi prohibe certains moyens de chasse en toutes circonstances. Elle interdit notamment les véhicules à moteur, les filets, les pièges, les collets, la glu et les lampes qui aveuglent le gibier. Les silencieux, les dispositifs de tir nocturne et les explosifs figurent aussi sur cette liste.

Espèces protégées et braconnage : les sanctions prévues

La loi interdit de chasser ou de capturer les espèces animales protégées sur l’ensemble du territoire national. Elle en interdit également la détention, le transport, la vente et la naturalisation. Un décret de 2012 fixe par ailleurs la liste des espèces animales non domestiques protégées.

Les contrevenants s’exposent à des peines lourdes. Ainsi, chasser hors des zones et des périodes autorisées expose à deux mois à trois ans de prison. L’amende atteint alors de 50 000 à 100 000 DA. Pour une espèce protégée, la peine va de deux à six mois de prison, avec une amende de 10 000 à 100 000 DA.

De même, chasser sans permis ni licence expose à deux à six mois de prison. L’amende varie alors de 20 000 à 50 000 DA. Quant aux moyens prohibés, leur usage peut valoir deux mois à trois ans de prison. En cas de récidive, la justice double ces peines et peut saisir le gibier comme les armes.

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AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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