Chaque année, des dizaines de personnes meurent de cancers liés à l’amiante !

samedi 20 octobre 2018 à 13:36
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Ce matériau tue silencieusement, lentement ceux qui ont été exposés, en leur infligeant des souffrances indicibles et des traumatismes irréversibles.

Il s’agit d’une véritable épidémie, voire d’une catastrophe sanitaire et qui ne cesse de progresser depuis trente ans, parce que, tout simplement, l’Etat n’a fait aucun investissement sérieux pour solutionner le problème, malgré les promesses des ministres aussi bien de la Santé publique, que ceux de l’Environnement qui sont passés durant les trente années écoulées. En 1994, l’ex-entreprise Enitro avait fait une étude de marché, pour l’enfouissement des 50 000 tonnes de déchets d’amiante déversés dans la périphérie de la cité à l’air libre, dont une grande partie se trouve jusqu’à l’heure actuelle à l’intérieur du site de l’unité ERCE. L’étude du marché de l’Enitro a fait ressortir un coût approximatif de 20 milliards de centimes, hélas cette opération n’a pas abouti parce que les habitants du village El Euch, (l’endroit où devait être enfouie l’amiante) ont signifié une fin de non-recevoir aux autorités locales au motif de la dangerosité de l’amiante sur la santé de la population. Le projet fut abandonné une deuxième fois, faute de terrain et l’argent destiné à cet effet, nul ne sait ce qu’il est advenu pourvu qu’il ait été dépensé pour les bonnes causes ? il est possible qu’il ait pu servir pour d’autres projets d’utilité publique de la wilaya. En 2006, l’Etat a dégagé une enveloppe budgétaire conséquente de 3 500 milliards de centimes destinés à l’enfouissement des déchets d’amiante des unités de production des villes ci-après : Zahana, Bordj-Bou-Arréridj, Gué de Constantine et Meftah. Une fois de plus, rien n’a été fait et les populations continuent à mourir de maladies respiratoires et de cancers. Les victimes n’ont jamais été reçues ni par la Présidence, ni par les autorités locales, ils n’ont pas fait la Une des journaux, il y avait juste leurs photos affichées sur les murs de la ville pour annoncer leur décès. Leur seul crime est d’avoir travaillé pendant des années dans l’unité amiante-ciment ERCE au contact d’un matériau éminemment toxique. La population du chef-lieu de la wilaya de Bordj-Bou-Arréridj aujourd’hui aspire au droit à la protection contre les dangers de l’amiante et attend à ce que les décideurs politiques et commis de l’Etat trouvent une solution rapide à cette problématique.
Layachi Salah Eddine

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