Le juge d’instruction de la troisième chambre du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a ordonné le placement en détention provisoire de l’ancien président de la Fédération algérienne de football, Charaf-Eddine Amara, dans une nouvelle affaire de corruption. Cette fois-ci il s’agit d’un scandale liée à l’organisation du Championnat d’Afrique des nations, qui s’était déroulé en Algérie entre janvier et février 2023.
Selon le média « Echourouk Online », cette décision est intervenue après le visa du procureur de la République près la même juridiction, dans le cadre de poursuites pour des soupçons de corruption liés, d’une part, aux marchés conclus à l’occasion de l’organisation du CHAN-2023, et d’autre part, aux charges financières supplémentaires ayant dépassé le budget accordé par l’État pour l’organisation de cette manifestation sportive, ainsi qu’aux marchés y afférents.
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Soupçons de corruption et enquêtes
Les faits de cette affaire remontent à l’année 2023, lorsque des informations sont parvenues à la brigade de la police économique relevant de la Sûreté de la wilaya d’Alger. Ils ont fait état de dépassements et de violations dans le cahier des charges relatif à l’organisation de la manifestation, notamment dans le volet concernant la conclusion de marchés avec plusieurs opérateurs économiques ayant participé à l’organisation du tournoi africain. Les investigations et l’examen des contrats conclus ont révélé qu’ils étaient contraires à la législation en vigueur.
Selon la même source, les marchés concernés portent sur les cérémonies d’ouverture et de clôture de la compétition, qui se sont déroulées au stade Nelson Mandela. L’État avait mobilisé d’importants moyens logistiques pour cet événement d’envergure, faisant de cette édition du CHAN des moins de 17 ans un événement inédit, unanimement salué par les responsables de la CAF et les sélections participantes.
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Outre les marchés liés aux cérémonies d’ouverture et de clôture, les services de la police économique ont également enquêté sur les marchés de restauration, d’hébergement, de transport et d’équipements. Ces investigations ont conduit à soupçonner l’implication de plusieurs responsables, à leur tête un ancien président de la Fédération algérienne de football (FAF), déjà poursuivi dans d’autres affaires de corruption devant la troisième chambre du pôle, ainsi que plusieurs membres du comité d’organisation, des dirigeants et propriétaires d’entreprises, et d’autres personnes morales et physiques.
Contexte et perspectives
Le juge d’instruction a ordonné le placement en détention provisoire de Charaf-Eddine Amara après l’avoir inculpé du délit « d’abus de fonction », prévu et puni par l’article 33 de la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. Cette décision a été confirmée par la chambre d’accusation, suite à l’appel introduit par l’accusé devant la cour d’Alger.
Lors des enquêtes sécuritaires et judiciaires, l’accusé a affirmé que le cahier des charges du CHAN 2023, élaboré par la Confédération africaine de football, avait été approuvé par l’Algérie en 2018, à une période où il n’était pas à la tête de la FAF, celle-ci étant alors dirigée par Kheireddine Zetchi.
Il a également expliqué qu’après son accession à la présidence de l’Instance fédérale en mars 2021, il avait procédé à la mise en place du comité local d’organisation de la compétition. Toutefois, sur le plan pratique, il a soutenu qu’il ne s’agissait pas réellement d’une nouvelle composition, la commission existant déjà auparavant, certains de ses membres ayant quitté la FAF. Ils ont donc été remplacés, avant que, peu de temps après, précisément le 31 mars 2022, il ne quitte la présidence de la FAF à la suite de sa démission, accompagnée de celle de l’ensemble des membres du bureau fédéral.
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A signaler que cette nouvelle décision de placement en détention provisoire à l’encontre de Charaf-Eddine Amara est la seconde, après celle rendue le 21 décembre dernier par le juge d’instruction de la deuxième chambre du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed, dans une affaire de corruption liée à la société nationale du tabac et à l’entreprise émiratie spécialisée dans le tabac et les allumettes « SPA Steam », alors qu’il occupait le poste de président-directeur général du groupe public Madar.
