Le transporteur national Air Algérie et le gestionnaire de l’aéroport d’Alger ont paraphé jeudi soir une convention de partenariat visant à bâtir une plateforme logistique flambant neuve. Ainsi, faire de la zone sud-est de l’aéroport un hub régional capable d’absorber 65.000 tonnes de fret par an.
La cérémonie ne manquait pas de poids. Hamza Benhamouda (PDG d’Air Algérie) et Mokhtar Saïd Mediouni (PDG de la SGSIA) ont signé ce document stratégique en présence de plusieurs figures. Le patron de Sonatrach, le DG des douanes, le responsable de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, ainsi que le président de l’Union nationale des entrepreneurs publics.
Un projet « Cargo Algérie » sur deux ans pour métamorphoser le terminal 3
Le futur centre de fret, baptisé « Cargo Algérie », s’implantera sur la zone située au sud-est de l’aéroport international d’Alger. Les travaux se déploieront selon un calendrier précis.
Le terminal 3 existant, qui s’étend sur 10.530 mètres carrés avec une capacité de stockage de 25.500 mètres cubes, subira une réhabilitation complète pour devenir le cœur opérationnel du dispositif. Les équipes l’équiperont :
- D’une agence commerciale
- De bureaux administratifs
- De zones dédiées au traitement des marchandises à l’import et à l’export
- De chambres froides pour les produits sensibles et pharmaceutiques
- D’espaces de tri rapide
- De contrôles douaniers
- De quais de chargement et de livraison
Le chantier s’étalera sur 12 mois pour cette première phase. Viendra ensuite, sur 24 mois, la construction d’une extension de 5.000 mètres carrés offrant 15.000 mètres cubes de stockage supplémentaire. Parallèlement, un bâtiment administratif moderne de trois étages (625 m²) sortira de terre, également livrable en un an.
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Hamza Benhamouda a insisté sur un point crucial, le modèle financier repose sur un autofinancement. « Ce projet s’appuie sur un modèle de financement autonome », a-t-il expliqué. Le contrat d’exploitation court sur 30 ans, jusqu’en 2056, garantissant une visibilité stratégique à long terme.
19.000 à 65.000 tonnes : la courbe du fret algérien s’envole
Les chiffres présentés par le PDG d’Air Algérie donnent la mesure de l’ambition. Le fret aérien affiche une croissance de 26,5 % en 2023, suivie d’un bond de 31 % en 2024. La dynamique se poursuit en 2025 avec une hausse dépassant les 25 %. « Ces indicateurs reflètent un accélération du demande et une confiance croissante dans les capacités du fret aérien national », a-t-il souligné.
Les projections tablent sur un volume de marchandises passant d’environ 19.000 tonnes en 2023 à plus de 65.000 tonnes à l’horizon 2029. Pour faire face à cette vague annoncée, la compagnie a converti cinq appareils supplémentaires au profit du fret, portant le total à six avions. La capacité globale atteint désormais 166 tonnes, permettant d’élargir le réseau vers l’Afrique, l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord.
L’Afrique dans le viseur avec un partenariat stratégique en vue
Le continent africain occupe une place centrale dans cette stratégie. Air Algérie Cargo assure déjà des liaisons régulières vers Nouakchott (Mauritanie), Dakar (Sénégal) et N’Djaména (Tchad). La filiale transporte d’ailleurs des marchandises variées, y compris des matériaux dangereux comme ceux destinés à l’industrie pétrolière.
Abdelkader Salmi, directeur général d’Air Algérie Cargo, a affirmé que ce centre fera de l’aéroport d’Alger « une plateforme logistique régionale capable d’attirer les flux commerciaux ». Hamza Benhamouda a révélé qu’une convention de partenariat stratégique avec Ethiopian Airlines Cargo sera signée « prochainement » dans le domaine du transport de fret, permettant une exploitation optimale des réseaux respectifs au service de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
De son côté, Mokhtar Saïd Mediouni a rappelé que ce projet s’inscrit dans une vision plus large de modernisation de l’expérience aéroportuaire. La SGSIA déploie déjà des systèmes d’enregistrement en libre-service, des technologies biométriques et des outils digitaux. L’introduction de bus électriques et d’un système avancé de gestion du risque aviaire témoigne également d’une attention accrue aux enjeux environnementaux.
Les premières livraisons sont attendues fin 2026, avant l’achèvement complet du projet à l’horizon 2027. « Nous travaillons activement à la mise en œuvre de solutions concrètes », a conclu Abdelkader Salmi.
