Ces femmes et ces hommes qui nous ont offert l’indépendance, Où sont-ils ? Que deviennent-ils ?

Ces femmes et ces hommes qui nous ont offert l’indépendance, Où sont-ils ? Que deviennent-ils ?
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– En 1962, à l’indépendance, de nombreux combattants ont été démobilisés à leur demande.

Au-delà des pétards, des feux d’artifice et des guirlandes de cette fête du 50e anniversaire, au-delà des souvenirs des uns et des autres et du symbole chargé de ce 5-Juillet, ne vous êtes-vous jamais demandé ce qu’étaient devenus toutes ces femmes et tous ces hommes grâce auxquels cette Algérie nouvelle a été possible ?

Qu’on se rassure, nous n’avons nulle intention de réécrire l’histoire ou de lui apporter quelques éclairages supplémentaires, notre souci principal est guidé par une curiosité légitime, celle de savoir quelles options ont choisies les membres de cette grande famille pour continuer leur vie.

En 1962, à l’indépendance, de nombreux combattants ont été démobilisés à leur demande. Certains ont rejoint leurs villages, d’autres leurs dechras et tous ont renoué avec le fil interrompu de leur existence.

Dans leur grande majorité les Algériens qui ont participé à la Lutte de Libération nationale, se sont fondus dans l’anonymat. Il fallait donc, pour les uns et pour les autres, se reconstruire et surtout mettre la main à la pâte à un combat beaucoup plus grand : la reconstruction du pays.

Après le sang versé par leurs aînés, le temps était venu pour les jeunes, la génération montante de l’indépendance, de donner à son tour ce qu’elle avait de plus précieux à offrir à ce pays, sa sueur.

Mais cela voulait-il dire que ces anciens, une fois la souveraineté de la nation assurée, devaient dormir et profiter du repos du guerrier ?

Bien au contraire.

Des centaines, voire des milliers de moudjahids qui avaient interrompu leurs études aux lycées pour rejoindre le maquis, reprendront leurs cursus. Cours accélérés et universités du soir contribueront à parfaire la formation de nombreux cadres politiques déjà en poste.

C’est ainsi par exemple que nous verrons un préfet se mêler le plus simplement du monde aux étudiants pour arracher ses diplômes.

Quelques-uns abandonneront carrément leur promotion pour aller jusqu’au bout de leurs spécialisations.

Et si certains reviendront plus tard par la grande porte pour occuper des charges extrêmement importantes, ils le doivent d’abord à leur mérite et surtout à leur engagement. C’est dans ce vivier que l’Etat puisera ses cadres supérieurs, ses ambassadeurs et ses présidents-directeurs généraux.

Mais bien sûr, tous les Algériens qui ont pris part à la Lutte de Libération nationale n’ont pas eu les mêmes ambitions et ne se sont jamais préoccupés de faire carrière ou même d’en avoir une.

Parmi eux, cette infime partie de militants hyper-désintéressés qui a préféré tourner la page, ne rien demander à l’Etat et à ses services mais de tout attendre de Dieu. «Nous nous sommes battus, disent-ils, pour la cause de Dieu, c’est à Lui de nous récompenser et à personne d’autre».

Et effectivement, ils ne demanderont jamais rien, pas le moindre papier, pas la moindre reconnaissance, pas la moindre fiche communale.

Ils sont très peu nombreux, mais ils existent.

I.Z