Ces deux colosses de plus de 200 mètres accostent à Jijel : le port de Djen Djen franchit un nouveau cap

Ces deux colosses de plus de 200 mètres accostent à Jijel : le port de Djen Djen franchit un nouveau cap
Port de Djen Djen

L’infrastructure portuaire de Jijel confirme son attractivité internationale. En accueillant simultanément deux navires de la Mediterranean Shipping Company (MSC), leader mondial du fret maritime, le port de Djen Djen consolide sa position de hub stratégique en Méditerranée.

Ce jeudi soir, le port a annoncé l’accostage réussi des navires PORTO III et RADIANT III, battant pavillon de la prestigieuse compagnie MSC. Avec des dimensions imposantes — environ 209 mètres de long et 30 mètres de large chacun — ces bâtiments témoignent de la capacité opérationnelle du port à gérer des unités de grande envergure.

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L’arrivée de MSC à Djen Djen n’est pas un simple événement logistique, mais un signal fort envoyé aux alliances maritimes mondiales. Selon des sources officielles, l’intégration du port de Jijel dans le réseau du numéro un mondial du conteneur vise à :

  • Booster le trafic de conteneurs de manière significative.
  • Positionner l’Algérie comme un carrefour incontournable entre l’Europe et l’Afrique.
  • Optimiser les performances opérationnelles et la qualité des services portuaires.

Pour le géant italo-suisse MSC, l’Algérie représente un « marché stratégique », idéalement situé pour fluidifier les échanges transcontinentaux.

Infrastructures maritimes : Coup de pression sur le port phosphatier d’Annaba

Alors que le port de Djen Djen affiche une santé de fer, le chantier d’extension du terminal minéralier d’Annaba semble marquer le pas. Face aux retards constatés, le ministre des Travaux publics, Abdelkader Djellaoui, a tapé du poing sur la table : l’ouvrage doit être livré avant la fin juin.

Le contraste est saisissant. Si la dynamique opérationnelle bat son plein à Jijel, la rigueur est devenue le maître-mot à Annaba. En visite d’inspection après avoir passé en revue la ligne minière Est, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, n’a pas caché son impatience.

Ce projet, véritable poumon logistique pour l’exportation du phosphate national, a accusé certains ralentissements préoccupants ces dernières semaines.

Ancien wali de la ville, le ministre joue ici sur un terrain qu’il connaît parfaitement. Sa sentence est tombée sans appel : il ne tolérera aucune dérive calendaire supplémentaire.

Pour redonner du souffle à ce chantier stratégique, le ministre a directement interpellé l’Agence nationale de réalisation des infrastructures portuaires (ANRIP) ainsi que les entreprises partenaires. L’objectif est désormais gravé dans le marbre : une livraison impérative d’ici la fin du premier semestre 2026.

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Afin d’éviter de nouveaux essoufflements, Abdelkader Djellaoui a imposé une méthodologie stricte :

  • Suivi de terrain intensif et permanent.
  • Définition de quotas de production précis par phase de travaux.
  • Application rigoureuse des critères contractuels pour chaque intervenant.

Il faut dire que l’enjeu est colossal. Ce projet d’extension ne se contente pas de moderniser l’existant ; il redimensionne totalement les capacités d’exportation de l’Algérie. Le défi technique repose sur trois piliers majeurs :

  • L’allongement de la digue principale sur 1 400 mètres.
  • Un quai minéralier de 1 600 mètres de long, affichant un tirant d’eau de 16 mètres, permettant l’amarrage des plus grands vraquiers mondiaux.
  • L’aménagement de 82 hectares de terre-pleins à l’arrière des quais pour le stockage et le traitement.

Une fois opérationnel, ce complexe portuaire sera le fer de lance du complexe intégré de Tébessa, propulsant le phosphate algérien sur l’échiquier mondial avec une force de frappe logistique inédite.