Ce secteur coûte 3 milliards $ d’importations à l’Algérie : un plan lancé pour réduire la facture de 60%

Ce secteur coûte 3 milliards $ d’importations à l’Algérie : un plan lancé pour réduire la facture de 60%
Importations

L’Algérie, dépendante jusqu’ici de l’importation de matières premières pharmaceutiques pour une facture annuelle de 3 milliards de dollars, amorce une transformation stratégique majeure.

Lors d’une plénière du Conseil de la nation, le jeudi 8 janvier, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a annoncé le lancement de plusieurs projets nationaux destinés à produire localement ces intrants essentiels, avec pour objectif de réduire de 60 % la dépendance aux importations.

Ce virage industriel s’inscrit dans une volonté affirmée de consolider la souveraineté sanitaire du pays. « La consécration de la souveraineté sanitaire passe inéluctablement par la production locale de matières premières », a souligné M. Kouidri, mettant en avant l’exemple du groupe public Saidal, moteur de plusieurs initiatives stratégiques.

Industrie pharmaceutique : une production locale qui couvre déjà 82 % des besoins

Le secteur pharmaceutique algérien a franchi un cap qualitatif. La production locale répond désormais à 82 % des besoins du marché. Cette performance place l’Algérie parmi les rares pays ayant investi massivement dans la production nationale de matières premières. Tout en acquérant les technologies de fabrication nécessaires.

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Les projets en cours concernent notamment :

  • Les médicaments anticancéreux et antibiotiques
  • Les traitements cardiovasculaires et antidiabétiques
  • Les anti-inflammatoires, hormones et paracétamol
  • La production en partenariat avec des laboratoires privés aux capacités significatives

L’ensemble de ces initiatives vise à réduire les importations anarchiques et à garantir la disponibilité de médicaments de qualité pour la population.

Disponibilité et accessibilité des médicaments : un suivi rigoureux en Algérie

Sur le marché local, 6.500 médicaments sont commercialisés. Le ministère rapporte actuellement l’indisponibilité de seulement 16 d’entre eux, liée à leur rareté sur le marché international. Des produits de substitution sont disponibles, et la Pharmacie centrale des Hôpitaux (PCH) constate une amélioration sensible de la disponibilité.

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Le secteur encourage également l’investissement dans la production de dispositifs médicaux et de médicaments innovants, en partenariat avec des laboratoires étrangers. Notamment pour les tests et traitements des allergies, de l’asthme et de la rhinite allergique chronique.

Vers la localisation complète des intrants pharmaceutiques

Pour les produits encore importés, le ministère applique un contrôle strict des programmes d’importation. Tout en facilitant l’implantation d’unités de production locale. L’Institut Pasteur, par exemple, continue de recevoir les autorisations nécessaires jusqu’à ce que la production nationale soit effective.

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Cette stratégie graduelle combine régulation du marché, encouragement à l’investissement et mise en place de projets de production ciblés. Ainsi, l’objectif est d’assurer à terme une autonomie quasi complète de l’Algérie dans le domaine pharmaceutique et de réduire de manière significative la dépendance aux importations coûteuses.