Ce « pari du siècle » algérien est l’un des projets les plus transformateurs d’Afrique

Ce « pari du siècle » algérien est l’un des projets les plus transformateurs d’Afrique
Algérie

Certains projets se construisent, d’autres reconfigurent des continents. La ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset appartient, selon la Banque africaine de développement, à cette deuxième catégorie.

Jeudi à Brazzaville, en marge des assemblées annuelles de l’institution panafricaine, les dirigeants de la BAD ont placé ce corridor transsaharien au cœur d’une vision qui dépasse largement les frontières algériennes. Celle d’une Afrique économiquement intégrée, reliée par des rails traversant des milliers de kilomètres de désert. Ce qui était présenté comme un chantier national devient ainsi un levier de transformation régionale.

La ligne Alger-Tamanrasset, plus grand projet de la BAD en Algérie selon sa vice-présidente

C’est la vice-présidente principale de la BAD, Marie-Laure Akin-Olugbade, qui a posé les termes. La contribution de la banque au financement du premier tronçon de ce corridor ferroviaire, couvrant Laghouat, Ghardaïa et El Meniaa, représente « le plus grand projet de la Banque en Algérie ». Une formule qui dit autant sur l’ambition du chantier que sur la confiance que l’institution place dans sa réalisation.

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« Parmi nos interventions très transformatrices figure le projet ferroviaire algérien, qui représente essentiellement la voie transsaharienne », a-t-elle déclaré. Soulignant que ce corridor illustre le rôle des infrastructures de connectivité dans l’accélération de l’intégration économique africaine.

La ligne dessert six wilayas : Alger, Laghouat, Ghardaïa, El Meniaa, In Salah et Tamanrasset. Sa mise en service est attendue fin 2028, selon les instructions du président Abdelmadjid Tebboune, qui a qualifié le projet de « nouveau pari du siècle, qui n’est pas de moindre importance que le projet de Gara-Djebilet ».

La Zlecaf comme horizon : quand un rail algérien devient enjeu continental

Derrière le béton et les traverses, la BAD lit une ambition géopolitique et économique précise. Ce corridor transsaharien sert de colonne vertébrale à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Ce vaste projet d’intégration des marchés africains qui suppose, avant tout, que les marchandises et les personnes puissent circuler.

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Relier le nord de l’Algérie au cœur du Sahara par le rail, c’est ouvrir une artère vers l’Afrique subsaharienne. L’enjeu n’est pas seulement logistique, c’est la capacité du continent à commercer avec lui-même, à réduire sa dépendance aux routes maritimes et aux infrastructures héritées de la période coloniale.