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Carte Visa ou Mastercard en 48 h : ce que change l’agrément de la SATIM pour les voyageurs

Carte Visa ou Mastercard en 48 h : ce que change l’agrément de la SATIM pour les voyageurs
La SATIM obtient l'agrément de Visa et Mastercard pour personnaliser les cartes bancaires internationales en Algérie, avec un délai de délivrance de 48 heures envisagé à terme.

La SATIM a obtenu l’agrément de Visa et Mastercard pour personnaliser les cartes internationales en Algérie. Les banques promettent à terme des cartes en 48 heures, contre deux à trois semaines aujourd’hui. La production n’a pourtant pas encore commencé : voici ce qui change, et quand, pour les bénéficiaires de l’allocation touristique.

Agrément Visa et Mastercard : ce que la SATIM peut désormais faire

La Société d’automatisation des transactions interbancaires et de monétique (SATIM) a obtenu l’agrément des réseaux Visa et Mastercard. Son centre de personnalisation des cartes figure désormais officiellement dans les références des deux réseaux. Toufik Chikaoui, directeur de projet réseaux internationaux à la SATIM, l’a annoncé mardi 27 octobre sur la Chaîne 3.

La SATIM est aussi certifiée pour traiter en Algérie les données des cartes émises. Jusqu’ici, les banques algériennes passaient par des prestataires étrangers, notamment en Tunisie. Pour Toufik Chikaoui, ce traitement local relève d’« une question de souveraineté » pour le pays.

Deux banques publiques ont parrainé le projet. Le Crédit populaire d’Algérie (CPA) accompagne le volet Visa, et la Banque de développement local (BDL) le volet Mastercard. Le projet couvre aussi l’acceptation des cartes étrangères en Algérie. Les visiteurs étrangers pourront ainsi payer chez les commerçants et retirer des dinars aux distributeurs.

Carte Visa ou Mastercard en 48 heures : à partir de quand ?

Le délai de 48 heures n’est pas encore une réalité. La SATIM n’a pas commencé la production et mène pour l’instant des phases pilotes. Le CPA et la BDL ont achevé les certifications, et la BEA, la BNA et la BADR préparent à leur tour leurs pilotes.

Les tests en conditions réelles se sont révélés concluants, selon la SATIM. Les cartes ont fonctionné aux distributeurs, sur les terminaux sans contact et pour les paiements en ligne. L’opérateur ne fixe pas encore de date de mise en service pour les clients.

Aujourd’hui, le CPA annonce un délai moyen de deux semaines pour une carte internationale, après en avoir affiché trois. Avec la SATIM, la banque prévoit d’émettre ses cartes en 48 heures. La BEA dispose de son propre centre de personnalisation et prépare la carte en cinq jours. Son code secret arrive en revanche de Tunisie, dix à quinze jours plus tard.

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Carte dédiée au droit de change : prix, plafonds et conditions

La plupart des banques ont créé une carte dédiée au droit de change, avec des conditions d’accès minimales. Elle ne sert qu’à recevoir l’allocation touristique et vise le voyageur occasionnel. Les clients qui voyagent souvent choisissent plutôt une carte internationale classique, qui accepte aussi d’autres versements.

Avec la SATIM, le CPA prévoit de vendre sa carte dédiée 3 000 DA, sans commission sur les paiements. Seuls les retraits donneront lieu à une commission. La BEA facture déjà ses cartes de droit de change 3 000 DA.

Au CPA, la carte de droit de change actuelle reprend les plafonds de la carte classique. Elle permet 700 € de paiements et 500 € de retraits par jour. Le sans contact se limite à 100 € par jour et à 50 € par opération.

Un nouveau client fournit un acte de naissance, une pièce d’identité et un justificatif de résidence, sans dépôt minimum au CPA. Les clients qui possèdent déjà une carte Visa ou Mastercard peuvent y faire verser leur allocation. Les conditions varient toutefois d’une banque à l’autre, comme le montre notre comparatif des banques.

Allocation touristique de 750 € : quand demander sa carte et son droit de change ?

Depuis l’été, l’allocation touristique n’est plus remise en espèces. Elle atteint 750 euros pour les adultes et 300 euros pour les mineurs. Le montant arrive sur un compte en devises adossé à une carte internationale. La Banque d’Algérie a fixé ces règles par une instruction du 13 juillet 2026, applicable à partir du 20 juillet.

Le voyageur peut demander son droit de change à partir du septième jour avant son départ, et jusqu’à la veille. La Banque d’Algérie fixe ce délai, que les banques ne peuvent pas modifier. Les banques conseillent toutefois de faire le change à l’avance, pour trouver le solde sur la carte le jour du départ.

La carte elle-même demande plus d’anticipation. Le CPA recommande de la commander au moins 15 à 20 jours avant le voyage, tant que la fabrication passe par l’étranger. Pour un départ en août, la banque conseille même de se présenter dès la fin juin.

Retrait à l’étranger : les frais à éviter avec la carte d’allocation touristique

Avec un plafond de 500 € par jour, impossible de retirer les 750 € d’un coup au CPA. La banque prélève aussi une commission fixe à chaque retrait. Mieux vaut donc laisser une petite marge sur la carte, pour ne pas passer en négatif.

Certains distributeurs étrangers ajoutent leurs propres frais, surtout en Europe. Le CPA cite des clients facturés plus de 90 € pour un retrait de 500 €. D’après nos calculs, ces frais représentent 18 % du montant retiré.

Le piège le plus courant reste la conversion proposée par le distributeur. L’appareil offre d’afficher le montant dans la devise du compte, avec un taux défavorable. Mieux vaut refuser cette option et privilégier le paiement par carte, sans commission au CPA comme à la BEA.

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Cartes de paiement internationales : un million de cartes commandées après la pénurie

La demande a explosé dès l’entrée en vigueur de la mesure. Le CPA disposait le 20 juillet d’un stock de 35 000 cartes, prévu pour trois à quatre mois. Il l’a épuisé dès le 11 août, en trois semaines.

La banque a donc écoulé ses cartes environ cinq fois plus vite que d’habitude, selon nos calculs. Faute de stock, elle a même orienté ses clients pressés vers d’autres banques pendant l’été. La BEA a de son côté vendu 80 000 cartes de droit de change depuis le 20 juillet.

Pour éviter une nouvelle pénurie, les banques ont confié leurs achats de cartes à la SATIM. Cette commande groupée vise de meilleurs prix et délais, face à la forte demande mondiale de puces électroniques. Les banques, surtout publiques, ont déjà commandé environ un million de cartes à un fournisseur local.

Le CPA lancera un premier programme de 150 000 cartes avec la SATIM, puis jusqu’à 600 000 sur l’année. La BEA a commandé 300 000 cartes Mastercard de droit de change et basculera ensuite toute sa gamme. Le CPA promet aussi une baisse sensible des coûts pour les clients, grâce au traitement local.

SATIM, Visa et Mastercard : un chantier ouvert depuis 2017

Cette certification conclut un dossier ancien. Dès 2017, le GIE Monétique annonçait la certification de la SATIM par Mastercard et Visa avant la fin de l’année. Notre article de l’époque rapportait déjà cet objectif.

En 2024, le GIE Monétique évoquait encore une certification Visa en huit à dix mois. Près de neuf ans séparent ainsi l’annonce de 2017 de l’agrément de 2026. La SATIM souligne que des compétences entièrement algériennes ont mené le projet.

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AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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