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Cancer du sein : 30 % des cas peuvent être évités avec de simples changements de mode de vie

Cancer du sein : 30 % des cas peuvent être évités avec de simples changements de mode de vie

En 2024, 2,4 millions de femmes ont reçu un diagnostic de cancer du sein, et la maladie a provoqué 694 000 décès dans le monde, d’après l’OMS. Il représente le cancer le plus fréquent chez les femmes dans 164 pays sur 186. Devant de tels chiffres, beaucoup de lectrices cherchent comment réduire le risque de cancer du sein.

Aucune habitude ne garantit d’échapper à la maladie. Environ 80 % des cancers du sein surviennent chez des femmes qui n’ont, hormis le sexe et l’âge, aucun facteur de risque modifiable connu. Les gènes, les antécédents familiaux et l’histoire hormonale échappent par ailleurs au contrôle. Pourtant, des experts estiment que des changements de mode de vie préviendraient 25 à 30 % des cas.

L’alcool, le poids, la sédentarité et le suivi médical pèsent dans la balance. Les données de l’OMS et du Fonds mondial de recherche contre le cancer dessinent un plan réaliste, sans régime miracle ni culpabilité. Quelques gestes simples, répétés sur des années, valent mieux qu’un changement radical abandonné au bout d’un mois.

Âge, gènes, hormones : les facteurs de risque du cancer du sein qui échappent au contrôle

Le sexe pèse plus lourd que tout le reste : 99 % des cancers du sein touchent des femmes et 0,5 à 1 % des hommes. L’âge vient juste après, car la fréquence de la maladie grimpe au fil des années. Les antécédents familiaux comptent aussi : une mère, une sœur ou une fille atteinte double à peu près le risque.

Votre destination santé, le Centre médical Anadolu
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Certaines mutations génétiques changent la donne. D’ici 80 ans, le risque de cancer du sein atteint environ 72 % chez les porteuses d’une altération de BRCA1 et 69 % avec BRCA2, d’après le Manuel MSD. D’autres gènes, dont PALB2, CHEK2 et ATM, jouent aussi un rôle. Les femmes concernées relèvent d’une surveillance renforcée, définie avec un oncogénéticien.

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L’histoire hormonale entre aussi en jeu. Des premières règles précoces, une première grossesse tardive, une ménopause tardive ou l’absence d’allaitement augmentent le risque, tout comme un traitement hormonal de la ménopause ou une irradiation du thorax dans le passé. Un tissu mammaire dense, repéré à la mammographie, multiplie lui aussi le risque environ par deux.

Un facteur de risque ne condamne personne, et l’absence de facteur ne protège pas davantage. La plupart des femmes qui reçoivent un diagnostic n’ont aucun antécédent familial connu, rappelle l’OMS, et une famille épargnée ne ramène pas le risque à zéro. Dresser son profil de risque avec un médecin sert à ajuster le suivi et le calendrier des examens plutôt qu’à nourrir l’inquiétude.

Alcool, tabac, surpoids : les facteurs de risque que l’on peut corriger

L’alcool arrive en tête des habitudes à revoir. Le Fonds mondial de recherche contre le cancer (WCRF) le classe parmi les causes de la maladie et ne reconnaît aucun seuil sans danger : même à faible dose, plus on boit, plus le risque grimpe. En France, l’Institut national du cancer lui attribue environ 8 000 des 61 000 nouveaux cas diagnostiqués en 2023.

Les repères français fixent le plafond à dix verres par semaine, jamais plus de deux par jour. Ils limitent les dégâts sans les supprimer : pour le sein, le risque le plus bas reste celui des femmes qui ne boivent pas. Le tabac aggrave le tableau. L’OMS le range parmi les facteurs de risque, et des travaux suggèrent que fumer à l’adolescence ou au début de l’âge adulte augmente le risque des années plus tard.

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Le poids joue un rôle plus nuancé. Les données concernent surtout l’après-ménopause : au-dessus de la normale, chaque tranche de cinq points d’indice de masse corporelle majore le risque d’environ 10 %, selon le Manuel MSD. Le WCRF insiste aussi sur un point précis, éviter de prendre du poids à l’âge adulte. Un poids sain réduit en outre le risque d’au moins douze autres cancers.

Un dernier levier concerne les jeunes mères. L’allaitement abaisse le risque de cancer du sein, et le WCRF le recommande lorsque la situation s’y prête.

Bouger 150 minutes par semaine compte plus que le contenu de l’assiette

L’activité physique fait partie des leviers les mieux documentés. Toute forme de mouvement réduit le risque après la ménopause, et l’effort soutenu le réduit aussi avant la ménopause. Le seuil recommandé est de 150 minutes d’intensité modérée ou 75 minutes d’effort soutenu par semaine. L’OMS fixe le même minimum pour tous les adultes.

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Photo by Monika Kab on Unsplash

Vingt à trente minutes de marche rapide par jour suffisent pour atteindre le premier seuil. Le vélo et le jardinage comptent aussi ; la course, la nage rapide ou un sport relèvent de l’effort soutenu. Le WCRF recommande en plus de rester moins longtemps assis. Une maladie chronique justifie de demander l’avis d’un médecin avant de se lancer.

Côté assiette, la recherche n’a désigné aucun aliment protecteur à lui seul. Le WCRF reconnaît que les preuves sont moins probantes que pour l’alcool ou l’activité physique, et il recommande un mode d’alimentation plutôt qu’un produit vedette : beaucoup de fruits, de légumes, de légumineuses et d’aliments riches en fibres, moins de boissons sucrées, de viande rouge et de charcuterie.

Quoi qu’il en soit, l’assiette garde pourtant tout son intérêt. Une alimentation équilibrée protège le cœur, limite le risque de diabète et aide à garder un poids stable, trois atouts qui comptent dans la prévention globale.

Dépistage précoce : repérer tôt un cancer du sein change le pronostic

Aucun dépistage n’empêche un cancer du sein d’apparaître. Son rôle consiste à le débusquer tôt, quand les traitements réussissent le mieux : la survie à cinq ans atteint 99 % pour une tumeur détectée à un stade précoce, contre 26 % à un stade avancé.

Les programmes de dépistage invitent globalement les femmes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particulier, à passer une mammographie tous les deux ans. Un second radiologue relit chaque cliché normal, par sécurité. Toutefois, les calendriers varient d’un pays à l’autre : l’OMS cible surtout les 50-69 ans.

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Les femmes à risque élevé suivent un autre calendrier. Un antécédent personnel de cancer du sein, une mutation BRCA ou une radiothérapie du thorax justifient une surveillance plus précoce et plus rapprochée. Les autorités sanitaires recommandent aussi un examen clinique des seins par un professionnel chaque année dès 25 ans. Entre deux rendez-vous, cinq signes appellent une consultation, même si la plupart des boules dans le sein se révèlent bénignes :

  • une boule ou un épaississement dans le sein, même sans douleur ;
  • un changement de taille, de forme ou d’aspect du sein ;
  • une peau plissée, rougie ou creusée ;
  • une modification du mamelon ou de l’aréole ;
  • un écoulement anormal ou sanglant par le mamelon.

DN

Dina Nedjma

Dina Nedjma Journaliste – Économie, analyse et international

Dina Nedjma est journaliste chez Algerie360 depuis 2019. Spécialisée dans l'économie, l'analyse et l'actualité internationale, elle couvre également l'investissement en Algérie ainsi que les principaux salons, forums et événements économiques organisés à travers le pays.

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