Camélia, 17 ans : le destin tragique d’une lycéenne d’origine algérienne qui s’est donné la mort

Camélia, 17 ans : le destin tragique d’une lycéenne d’origine algérienne qui s’est donné la mort
À 17 ans, Camélia, lycéenne d’origine algérienne, a mis fin à ses jours en France. Son histoire bouleversante relance le débat sur le harcèlement scolaire.

Le décès tragique de Camélia, une lycéenne de 17 ans scolarisée à Mitry-Mory (Seine-et-Marne) a plongé le lycée Honoré-de-Balzac dans la stupeur. La jeune fille d’origine algérienne a mis fin à ses jours le mardi 13 janvier après-midi, à la gare du RER B de Villeparisis-Mitry-le-Neuf.

Le parquet de Meaux a décidé, ce lundi 9 février, de classer sans suite la plainte pour harcèlement déposée par la famille de Camélia. La jeune fille de 17 ans s’était donné la mort le 13 janvier en gare de Mitry-Mory.

Bien que deux enquêtes judiciaires et une procédure administrative aient été lancées pour faire la lumière sur ce drame — notamment suite aux accusations de la famille de la victime visant le comportement du proviseur — la justice a conclu à l’absence d’éléments pénaux.

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Plus de soixante personnes auditionnées

L’enquête, qui a mobilisé 12 enquêteurs et permis l’audition de plus de 60 personnes en 19 jours, n’a pas permis d’établir de responsabilité pénale à l’encontre du personnel du lycée de la victime. Selon le procureur, qui s’est exprimé ce lundi, les preuves matérielles, notamment l’exploitation des données numériques, s’avèrent insuffisantes pour étayer la thèse du harcèlement scolaire, entraînant ainsi le classement de l’affaire.

L’enquête a révélé que Camélia avait simulé une discussion numérique entre deux filles et un garçon de sa classe afin de « faire le tri » parmi ses amis.

Cette manipulation, réalisée via l’application Snapchat, a été le point de départ d’un conflit entre la jeune fille et d’autres lycéens. Le procureur a précisé que cet événement a marqué le début d’une période de fortes tensions précédant son geste fatal.

Les derniers mots de Camélia avant le drame

Pourtant les derniers messages de Camélia, dévoilés par Le Parisien, jettent un trouble sur le rôle de la direction du lycée. Alors qu’elle se sentait harcelée, une confrontation a eu lieu la veille du drame entre elle, le procureur et le reste des élèves impliqués. L’adolescente de 17 ans avait fait part de son désarroi à sa mère par message, écrivant simplement : « Il était en colère ».

Le lendemain, une seconde convocation marque un point de non-retour. À 16h32, sortant de cet entretien, Camélia envoie un ultime message à sa mère : elle y explique être désignée comme la seule responsable et menacée de sanctions, déplorant que le proviseur l’accuse de « se victimiser ». L’adolescente met fin à ses jours 45 minutes plus tard en gare de Villeparisis-Mitry-le-Neuf.

Peu avant le drame, Camélia s’était confiée à sa voisine, Maïssa, sur le harcèlement qu’elle subissait. Cette dernière l’avait encouragée à solliciter l’aide de son lycée, mais le retour de l’institution aurait été brutal : selon le récit de l’adolescente, le proviseur lui aurait reproché de jouer les victimes, se disant « saoulé » par l’affaire et l’enjoignant à assumer ses responsabilités. Malgré la plainte déposée par la famille contre le chef d’établissement et les élèves impliqués, la justice a finalement classé l’enquête pour harcèlement sans suite.

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