PLF 2027 : budget de l’Industrie en baisse de 13,9 %, priorité aux chantiers en cours

Le PLF 2027 prévoit 40,54 milliards de DA de crédits de paiement pour le ministère de l’Industrie. C’est 13,9 % de moins qu’en 2026. Le ministre Farid Kourtel a présenté aux députés un budget centré sur l’achèvement des projets engagés.
PLF 2027 : le budget de l’Industrie baisse de 13,9 % à 40,54 milliards de DA
Le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, a présenté lundi 19 octobre le budget de son secteur pour 2027. Il s’exprimait devant la commission des finances et du budget de l’APN, présidée par Abdelhafid Brima. La ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, assistait à la séance.
Le PLF 2027 attribue au ministère 7,14 milliards de DA en autorisations d’engagement. Les crédits de paiement atteignent 40,54 milliards de DA, contre 47,11 milliards dans la loi de finances 2026. Ils reculent ainsi de 13,9 % sur un an.
Ces deux notions recouvrent des réalités différentes. L’autorisation d’engagement fixe le plafond des engagements que l’administration peut contracter. Le crédit de paiement correspond à la dépense qu’elle peut réellement décaisser dans l’année.
Les autorisations d’engagement reculent encore plus fortement, de 32,86 milliards de DA en 2026 à 7,14 milliards. Cette baisse reflète la priorité affichée par le ministre : achever les projets déjà lancés. Le ministère s’engage donc sur très peu de nouvelles dépenses pluriannuelles.
Ces montants figurent dans le projet de loi de finances 2027. Le texte doit encore passer devant l’APN puis le Conseil de la nation. Les députés peuvent donc encore modifier ces enveloppes avant l’adoption définitive.
Investissements industriels : priorité à l’achèvement des projets en cours
Les dépenses d’investissement du secteur totalisent 34,65 milliards de DA en crédits de paiement. Le ministère en consacre 33,40 milliards, soit 96,4 %, à la couverture des opérations en cours. Les nouvelles opérations ne mobilisent que 0,5 % de cette enveloppe et portent surtout sur des études.
Ce choix traduit une priorité claire : achever les projets engagés plutôt que d’en lancer de nouveaux. Le ministre l’inscrit dans la préservation de la soutenabilité des finances publiques. Les dépenses de fonctionnement restent maîtrisées, tandis que les transferts vers les organismes de qualité, d’innovation et les PME augmentent.
Ces crédits restent des prévisions budgétaires et non des investissements déjà réalisés. Ils ne préjugent pas non plus de nouvelles usines ou de créations d’emplois chiffrées. Le PLF 2027 contient par ailleurs de nombreuses autres mesures économiques et sociales.
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Industrie algérienne : les 6 priorités du ministère pour 2027
Le ministère a défini six axes prioritaires pour l’année prochaine. Ils traduisent la volonté de relancer l’industrie tout en maîtrisant la dépense. Voici les chantiers retenus.
- Achèvement des opérations : finaliser et régulariser les projets en cours, notamment les zones industrielles et les zones d’activités.
- Foncier industriel : lever les entraves à l’accès au foncier.
- Intégration : soutenir les PME de sous-traitance et accompagner les entreprises dans l’augmentation de leur taux d’intégration locale.
- Qualité : renforcer les infrastructures de la qualité, condition de l’accès aux marchés extérieurs.
- Innovation : promouvoir l’innovation et la propriété industrielle.
- Gestion : poursuivre la numérisation, maîtriser les dépenses de fonctionnement et améliorer le taux d’exécution du budget.
Le ministère vise à porter la contribution de l’industrie à 13 % du PIB dès l’an prochain. Son budget s’inscrit dans trois programmes à l’horizon 2029. Ils portent sur la compétitivité et le développement industriel, l’appui à l’investissement et l’administration générale.
Foncier industriel : plus de 738 hectares à aménager en Algérie
Le foncier reste l’un des principaux freins à l’investissement productif. Le ministère vise l’aménagement de plus de 738 hectares en 2027. Il entend aussi accélérer l’attribution des terrains, en priorité dans les zones accusant des retards de travaux.
Cette démarche suppose d’équiper les zones encore insuffisamment aménagées. Elle passe par une coordination étroite avec l’Agence algérienne de promotion de l’investissement et les collectivités locales. La réforme du guichet unique de l’investissement doit aussi accélérer le traitement des dossiers, grâce à la numérisation des procédures.
Sous-traitance industrielle : des exonérations de TVA et de droits de douane
Le PLF 2027 prévoit une mesure fiscale en faveur de la sous-traitance industrielle. Ses articles 226 et 227 exonèrent de droits de douane et de TVA les composants et matières premières des sous-traitants. La mesure vise les industries mécaniques, électroniques et électriques, pour les intrants importés comme acquis localement.
Le texte réserve désormais cet avantage aux seuls sous-traitants, en excluant les producteurs hors contrat de sous-traitance. Il supprime aussi la limite de deux ans renouvelable qui encadrait jusqu’ici l’exonération. Les producteurs de ces filières bénéficieront en outre de l’exonération sur les composants importés. Le gouvernement justifie cette extension par l’absence de certains composants de haute technologie sur le marché local.
Cette disposition doit réduire les coûts de production des PME et améliorer leur compétitivité. Le ministère prévoit aussi d’accompagner 200 PME, dont 50 entreprises de sous-traitance industrielle. Les conditions d’application de l’exonération seront fixées par voie réglementaire.
Il est recommandé aux entreprises de vérifier auprès des services du ministère de l’Industrie avant toute démarche, afin d’éviter toute confusion. Le soutien aux entreprises s’ajoute aux mesures sur le pouvoir d’achat prévues en 2027.
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Qualité et innovation : les nouveaux objectifs fixés aux entreprises algériennes
La qualité des produits conditionne l’accès aux marchés extérieurs, notamment africains. Le secteur veut porter le nombre d’organismes accrédités de 8 à 25. Il vise aussi à faire passer le nombre d’établissements accrédités de 33 à 62.
Ces efforts doivent aider les entreprises algériennes à répondre aux exigences de la Zone de libre-échange continentale africaine. Selon le ministre, les demandes de brevets d’invention ont progressé de 20 % en 2025. Le ministère entend accompagner cette dynamique auprès des start-up, des universités et des entreprises.
Budget de l’Industrie 2027 : les chiffres clés à retenir
- Autorisations d’engagement : 7,14 milliards de DA, contre 32,86 milliards en 2026.
- Crédits de paiement : 40,54 milliards de DA, contre 47,11 milliards en 2026 (-13,9 %).
- Programme « Appui à l’investissement » : 34,62 milliards de DA en crédits de paiement.
- Programme « Administration générale » : 4,54 milliards de DA.
- Programme « Compétitivité et développement industriels » : 1,37 milliard de DA.
- Dépenses d’investissement : 34,65 milliards de DA, dont 96,4 % pour les opérations en cours et 0,5 % pour les nouvelles opérations.
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