Bouteflika veut relancer et réformer l’UMA

Bouteflika veut relancer et réformer l’UMA

Certains responsables des pays membres ont continué à entretenir un petit espoir pour relancer la machine, encouragés par les partenaires, notamment les pays de l’Union européenne.

Vingt-neuf ans sont passés depuis la création de l’Union du Maghreb arabe. Où en est cette construction et que reste-t-il de ce rêve d’une œuvre régionale arrosée de discours n’ayant finalement, selon les observateurs, pas dépassé le stade de fantasme de ses initiateurs ? Une chimère, diraient les plus sceptiques, compte tenu de la réalité de cet ensemble souhaité par les responsables et les peuples de la région, mais aussi par les partenaires étrangers, notamment européens.

Et en ce 29e anniversaire encore, le président Bouteflika a envoyé, à cette occasion, des messages à ses homologues dans lesquels, il rappelle à la fois l’attachement de l’Algérie à cette Union tout en soulignant la nécessité d’une méditation et d’une évaluation du processus. Une évaluation, a-t-il précisé, notamment, dans son message au président tunisien Béji Caïd Essebsi, qui servira pour “une révision globale et objective de son système de fonctionnement et son adaptation (…) afin de permettre à l’édifice maghrébin d’être un regroupement actif sur la scène internationale”. “C’est là une situation qui appelle à évaluer le parcours de l’Union du Maghreb arabe et à développer et adapter son fonctionnement aux impératifs de la conjoncture de manière à consolider et à renforcer l’édifice  maghrébin”, a-t-il rappelé au roi du Maroc, Mohammed VI. Et c’est le même impératif qu’il a rappelé au président mauritanien Abdelaziz et au libyen Faïz al-Sarradj, pour la “mise à niveau” et l’actualisation des instances de l’Union pour la mettre en adéquation avec la conjoncture actuelle.

Si le président Bouteflika évoque la nécessité d’impulser une nouvelle dynamique à l’édifice et une révision de son fonctionnement, c’est qu’il reconnaît que cela n’a pas fonctionné. Même s’il y a des réunions ministérielles qui se sont souvent terminées sur des déclarations d’intention et des vœux pieux. Et pour plusieurs raisons, dont la plus évidente est la détérioration des relations bilatérales entre les pays qui la composent. Et bien entendu la question sahraouie qui continue de déteindre sur les relations algéro-marocaines. Mais pas que, puisque même l’axe Alger-Nouakchott est traversé, par intermittence, par un courant froid, alors que la Mauritanie et le Maroc sont depuis des années, et jusqu’à aujourd’hui, restés au bord de la rupture diplomatique. Et les choses se sont davantage compliquées avec la venue “des révolutions arabes”, les options suggérées par la Tunisie pour relancer l’UMA, pour pragmatiques qu’elles étaient, n’avaient reçu pas même un acquiescement des autres pays alors que la Libye n’arrive toujours pas à se stabiliser. Et le message de Bouteflika intervient dans ce contexte de diversion et d’éparpillement qui ne laisse pas une grande marge pour un rapprochement.

Malgré cet état de fait, certains responsables des pays membres ont continué à entretenir un petit espoir pour relancer la machine, encouragés avec insistance par les partenaires, notamment les pays de l’Union européenne. Mais pas tous comme l’a prouvé le retour du Maroc dans l’Union africaine qui va consacrer, selon le discours du roi Mohammed VI, à cette occasion, sa rupture avec l’UMA. Un enterrement de l’UMA, avaient relevé des observateurs.

En effet, le souverain marocain avait signifié son retrait de cet ensemble qui, en définitive, n’a jamais fonctionné et a été réduit à une coquille vide. Et si l’Algérie réaffirme son attachement à cet ensemble “stratégique”, le Maroc semble en avoir définitivement tourné la page. Se fera-t-il alors sans lui ? Ou tentera-t-on de le dissuader de renoncer à son retrait ? La réponse devrait se trouver dans la résolution des conflits périphériques.

Djilali B.