Bouteflika l’annonce pour un «très proche avenir» Levée de l’état d’urgence

Bouteflika l’annonce pour un «très proche avenir» Levée de l’état d’urgence
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Le président Bouteflika a annoncé, avant-hier, que la levée de l’état d’urgence interviendra «dans un très proche avenir».

Le président de la République, s’exprimant lors du Conseil des ministres, a indiqué que «pour mettre un terme à toute polémique infondée sur cette question, je charge le gouvernement à s’atteler, sans délai, à l’élaboration de textes appropriés qui permettront à l’Etat de poursuivre la lutte antiterroriste jusqu’à son aboutissement, avec la même efficacité et toujours dans le cadre de la loi». Le chef de l’Etat a rappelé que l’état d’urgence a été instauré «pour les seuls besoins de la lutte antiterroriste, et c’est cette raison uniquement qui en a dicté le maintien sur une base légale».

Pour le président de la République, l’état d’urgence «n’a, à aucun moment, entravé une activité politique pluraliste des plus riches, ni contrarié le déroulement de campagnes électorales intenses, de l’avis même des observateurs qui les ont suivies». S’agissant de l’organisation des marches, et hormis la wilaya d’Alger, «rien ne l’entrave dans toutes les autres wilayas, pour autant que les demandes et les conditions exigées par la loi soient réunies», a précisé le chef de l’Etat. «Certes, la capitale fait exception dans ce domaine pour des raisons d’ordre public bien connues, et certainement pas pour y empêcher une quelconque expression», a-t-il relevé. «Au demeurant, Alger compte plusieurs salles publiques de capacités diverses, qui sont gracieusement disponibles pour tout parti ou association en faisant légalement la demande, en vue d’y faire entendre son point de vue», a rappelé Abdelaziz Bouteflika.

Les partis politiques réagissent

Le Rassemblement national démocratique (RND) a «salué la levée de l’état d’urgence et son remplacement par des mesures légales pour la poursuite de la lutte anti-terroriste». Il a également exprimé sa satisfaction de «l’ouverture de la télévision et de la radio ainsi que la mise à la disposition des partis politiques des salles disponibles à Alger pour l’organisation des rassemblements et des meetings». Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a qualifié, quant à lui, cette décision de «manœuvre dangereuse», relevant que le vice-Premier ministre, Yazid Zerhouni, a exclu, il y a quelques jours, la levée de l’état d’urgence. Le parti de Saïd Sadi a également critiqué le maintien de l’interdiction des marches à Alger.

Le Mouvement El Islah a noté, de son côté, que la décision de la levée de l’état d’urgence, sans échéance précise et le maintien de l’interdiction des marches à Alger «consacrent une situation d’ambiguïté». Ainsi, El Islah appelle à la levée de l’état d’urgence durant le mois en cours et l’autorisation des marches à la capitale. Le Premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), s’exprimant à l’ouverture de l’année de formation politique du parti, a déclaré que la décision envisagée de «levée de l’état d’urgence dans un proche avenir» peut être perçue comme un signal positif, mais le projet d’élaboration d’une nouvelle loi intitulée «loi de lutte antiterroriste» engendre inquiétude et soupçon.

Par Aomar Fekrache

Washington salue la décision de la levée prochaine de l’état d’urgence

Les Etats-Unis ont salué la décision prise par le président Bouteflika pour la levée prochaine de l’état d’urgence en Algérie, la qualifiant «d’avancée positive». Dans sa conférence de presse quotidienne, le porte-parole du Département d’Etat américain, Philipp Crowley, a souligné à Washington que les Etats-Unis étaient non seulement «encouragés» par une telle décision mais ils considéraient qu’elle constitue aussi une «avancée positive». Pour ce haut responsable de la diplomatie américaine, la décision prise par l’Algérie est «importante» et reflète «une dynamique émergente dans la région pour répondre aux demandes des peuples».

A. F.

Le fax du FLN en panne

Le fax du Front de libération nationale (FLN) était en panne durant la journée d’hier. Contacté pour connaître la position du vieux parti quant aux décisions prises lors du Conseil des ministres, le chargé de la communication a indiqué qu’une fois le fax rétabli un communiqué sera envoyé à toutes les rédactions. A défaut, ce même communiqué sera adressé à la presse par Internet, a-t-il ajouté. Ainsi, à cause de problèmes techniques, le FLN a tardé à rendre publique la lecture du parti quant aux multiples décisions et mesures prises en Conseil des ministres.

A. F.