Boudebouz, seul Colmarien au Mondia

Boudebouz, seul Colmarien au Mondia

FOOTBALL - FRENCH CHAMPIONSHIP 2009/2010 - L1 - FC SOCHAUX v GIRONDINS BORDEAUX - 15/08/2009 - PHOTO JEAN MARIE HERVIO / FLASH PRESS - RYAD BOUDEBOUZ (SOC)Mehdi Boudebouz : «Je souhaite beaucoup de réussite à l’Algérie en Coupe du monde. »

Né le 19/02/1990 à Colmar, Ryad Boudebouz s’apprête à jouer son premier Mondial à l’âge de 20 ans. Sa sélection a constitué un événement heureux chez la famille du joueur mais aussi dans son entourage et, surtout, au sein de cette paisible localité de Colmar qui sera derrière son enfant prodige lors de la prochaine Coupe du monde 2010, prévue en Afrique du Sud du 10 juin au 11 juillet.

La dernière convocation du sociétaire du FC Sochaux Montbéliard en Equipe nationale algérienne a d’ailleurs fait la une des journaux locaux.

Ils étaient tous unanimes à louer le mérite de ce jeune et talentueux joueur, désormais international algérien.

Le journal l’Alsace a consacré un article bien détaillé sur ce joueur et ses deux frères, Salim (le cadet) et Mehdi (l’aîné), licenciés dans un club de football en salle. Boudebouz sera l’unique représentant de cette région de la France lors de cet événement majeur de l’année. Rien que pour ça, les habitants de cette petite ville alsacienne sont tous fiers du natif de Colmar. Ils seront de tout cœur avec lui et aussi avec… l’Algérie lors de la prochaine Coupe du monde 2010. Un avis que le frère aîné de Ryad a bien voulu nous confirmer dans l’entretien exclusif qu’il nous a accordé.

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Le frère aîné de Ryad Boudebouz, Mehdi, savoure la sélection de son frère en Equipe nationale algérienne. Il avance que cet événement, puisqu’il le considère ainsi, a ramené beaucoup de joie à la famille Boudebouz, surtout aux parents qui avaient les larmes aux yeux lorsqu’ils ont appris que leur fils a été retenu par Saâdane pour le prochain stage de préparation précédant la Coupe du monde.

Bonjour Mehdi, pouvez-vous nous accorder un peu de votre temps pour parler de la sélection de votre frère Ryad en EN d’Algérie ?

Oui, avec beaucoup de plaisir. Je tiens à l’occasion à vous remercier pour votre aimable attention.

Alors pouvez-vous nous parler de la convocation de votre frère ?

C’est une immense fierté pour toute la famille. Franchement, on ne trouve pas les mots pour décrire cette joie de voir l’un des nôtres porter les couleurs du pays. On est tous heureux pour notre frère Ryad.

Cette convocation, comment l’avez-vous vécue à l’intérieur de la famille ?

Je ne vous cache pas qu’on l’attendait depuis longtemps. On n’a jamais perdu l’espoir de voir un jour Ryad sélectionné en Equipe nationale algérienne. C’était notre rêve à tous et Dieu merci, il s’est réalisé. Cette nouvelle a ramené beaucoup de joie à toute la famille. Vous ne pouvez imaginer combien ça nous a rendus heureux.

Décrivez-nous un peu la réaction de votre maman ?

Ah, la maman, c’est spécial ! Lorsqu’elle a su la nouvelle, elle avait les larmes aux yeux. Je ne peux pas vous décrire sa joie, tellement elle était submergée d’émotion. Bien sûr, tout comme nous, elle était contente. Elle tenait à voir son fils porter les couleurs de l’Algérie, et Dieu merci, cela s’est concrétisé pour elle.

Et le papa ?

Pareil, il a trop aimé cette convocation. Il est clair qu’il était fier de son fils. Cela se lisait franchement sur son visage. Vous savez, c’est toujours un grand moment pour un père algérien de voir son fils opter pour le pays d’origine. Et c’est ce qui a rendu mon papa très heureux.

Avez-vous douté un instant de cette sélection de votre frère ?

Non, pas du tout. Moi personnellement, j’ai toujours cru à cette convocation de mon frère, surtout que je savais que l’Algérie lui portait un intérêt sérieux. Je n’ai jamais douté des qualités de mon frère. Sans prétention aucune, je suis resté positif et j’ai toujours su que mon Ryad avait la possibilité de postuler à une sélection en Equipe d’Algérie.

Dans l’entourage proche, quel effet a eu cette sélection ?

Mes cousins et mes proches étaient tous heureux pour nous. Ils ont beaucoup savouré cette convocation avec nous. C’est vous dire que ça nous a tous procuré un bonheur énorme.

Et les voisins à Colmar, la localité où vous habitez ?

On nous a tous félicités. Les potes de Ryad étaient aux anges de voir l’un des leurs mondialiste. C’est quelque chose de magnifique qui nous est arrivé.

Étant son frère aîné, avez-vous un jour cru que Ryad allait avoir une telle réussite dans sa carrière ?

Oui, il était doué depuis son jeune âge. De plus, Ryad a la chance de vivre dans un entourage propre qui l’aide à bien protéger ses intérêts sportifs. Les parents lui ont inculqué une éducation à la hauteur, c’est-à-dire à l’algérienne. C’est pour cela qu’il est resté humble et respectueux.

Il paraît que des recruteurs de Manchester United sont venus chez vous pour lui faire signer un contrat, il y a de cela quelques années. Pourquoi avez-vous refusé ?

C’est exact. Vous voulez savoir pourquoi on s’est imposés à son départ ? Eh bien, parce qu’il était très jeune et qu’il était considéré comme l’un des meilleurs jeunes au centre de formation du FC Sochaux.

On n’a pas voulu prendre de risque, sachant que le centre de formation de Manchester était bourré de jeunes talents et, par conséquent, Ryad pouvait se perdre à Manchester. Seul dans une grande ville, c’était un peu hasardeux de le laisser partir, même si le contrat paraissait juteux.

Voilà une preuve que Ryad était bien entouré, n’est-ce pas ?

C’est ça. Ryad est bien suivi par ses parents, ses frères et aussi ses proches et ses cousins qui l’aiment tous autant. On se soucie tous pour son avenir. On essaye de le protéger et le guider dans le sens positif. Il est encore jeune et je trouve qu’il a besoin d’être conseillé sur certains aspects professionnels.

Seriez-vous du voyage en Afrique du Sud pour suivre la sélection algérienne et votre frère Ryad bien entendu ?

Je ne sais pas encore. Je suis en train de m’organiser pour assister à cet événement surtout qu’il y aura mon pays, l’Algérie, qui sera représenté dans ce Mondial et aussi mon frère qui devrait participer à sa première Coupe du monde de sa carrière. Donc, j’aimerais bien assister à ce rendez-vous. Je ferai le maximum pour être du voyage, sinon je suivrai cet événement à la télévision.

Ryad vêtu du maillot algérien, ce moment vous l’attendiez comment ?

Sur des charbons ardents. Je meurs d’envie de vivre ce moment d’émotion. Je sais que ma maman et tous les autres membres de la famille attendent cet instant avec beaucoup d’impatience.

Entendre l’hymne national algérien, ça vous fera quoi ?

C’est un moment que j’attendais depuis longtemps. J’ai hâte de vivre cela et ce plaisir immense que je ressens déjà au plus profond de moi-même. C’est aussi l’impression de toute ma famille que je vous transmets là.

Il paraît que vous êtes un très bon joueur de futsal, vous confirmez ?

C’est ce qu’on dit de moi, oui. Je suis signataire chez un club et je joue régulièrement en championnat de football en salle.

Votre frère aussi évolue avec vous dans la même équipe…

Oui, c’est vrai. Lui aussi, c’est un bon joueur.

Vous auriez pu être alors à trois dans un club professionnel, non ?

C’est vrai, mais chacun son destin, comme on dit. Maintenant, on est bien heureux que Ryad réussisse ses débuts professionnels.

En Algérie, on prépare une équipe nationale de futsal, seriez-vous tenté d’embrasser une carrière internationale avec la sélection algérienne ?

(Rires), oui, c’est certain, sans aucun problème pour moi, le choix ne mérite pas d’être posé, car il est déjà fait. Je jouerai pour la sélection algérienne si, bien entendu, l’opportunité se présente.

Revenons à Ryad. A-t-il changé de comportement avec ses camarades depuis qu’il a été sélectionné pour le Mondial ?

Non, jamais ! Ryad est resté toujours près de ses amis. Il aime bien ses potes, il rigole comme toujours, il joue au football avec les copains, comme d’habitude. Non, rien n’a changé dans son comportement, il ne se prend pas la tête, il est resté modeste, comme il a toujours été avec ses proches.

Lors des prochaines éliminatoires CAN 2012, l’Algérie est tombée sur une équipe maghrébine, le Maroc en l’occurrence. Vous attendez comment ce derby ?

Avec impatience. Ce match est aussi attendu par nos frères marocains. Ils ont bien fêté leur victoire sur nous, il y a quelques années (NDLR : CAN 2004), et j’espère que cette fois, on va les battre et prendre notre petite revanche sportive.

Avez-vous parlé à Ryad de ce match ?

Oui, on a parlé de ce derby contre les Marocains, mais sans plus. Vous savez, ici, on compte beaucoup d’amis marocains, donc il règne un esprit fraternel entre les deux communautés.

Que le meilleur le remporte !

Un mot pour clore cet entretien ?

Je souhaite beaucoup de réussite à l’Algérie lors de la prochaine Coupe du monde. J’espère qu’on réalisera le meilleur parcours possible.