Bientôt des anciens appelés français en Algérie pour rencontrer des anciens moudjahidine

Bientôt des anciens appelés français en Algérie pour rencontrer des anciens moudjahidine
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L’Algérie accueillera vers la fin octobre un certain nombre d’anciens appelés du contingent français en Algérie qui comptent rencontrer des anciens moudjahidine, « les adversaires d’hier ». Une initiative « purement associative » qui veut « le moins d’officialisation possible ».

« Nous voulons rencontrer des moudjahidine, anciens adversaires et non pas ennemis (…) C’est une forme de reconnaissance nouvelle du fait colonial et les retrouvailles, à l’occasion de cette réconciliation, est le plus important à nos yeux », a indiqué à l’APS un ancien appelé, Stanislas Hutin, en marge d’un forum.



Ces anciens appelés qui composent en partie l’Association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4ACG) vont former un premier groupe qui fera le déplacement à Alger. C’est « un début de concrétisation d’ici fin octobre avec cette première délégation afin de voir par la suite comment organiser un ou des voyages dans ce sens », précise M. Hutin.

« On veut le moins d’officialisation possible. Nous sommes des amis qui souhaitons revoir des anciens adversaires, ni plus, ni moins », a-t-il  indiqué comme pour anticiper toute forme de récupération politique de la démarche.

Cette association, créée en 2004 par entre autres des anciens militaires ayant dénoncé la torture dont s’est rendu coupable l’armée française, n’est pas à sa première initiative en direction de l’Algérie.

Une pension, des projets… en Algérie

Parmi ses membres, figurent les anciens appelés qui acceptent de reverser leur pension de la retraite du combattant à l’association qui, de son côté, l’utilise pour financer des projets de développement en Algérie.

Avec l’ensemble des pensions reversées, près de 70.000 euros par an, l’Association – dont Simone de Bollardière, veuve du général qui dénonça la torture en Algérie, devint présidente d’honneur en 2006 – co-finance des projets de développement en partenariat avec d’autres associations dont, notamment, celles s’occupant d’enfants d’autistes à Constantine et de familles éprouvées par le séisme qui a ébranlé Boumerdes en mai 2003.

L’association qui compte 300 membres dont 150 anciens appelés du contingent a également adopté en 2011 une participation financière de 10.000 euros pour aider des femmes et des jeunes de Tizi Ouzou à développer une activité économique locale, grâce à des prêts solidaires.

Pour le secrétaire de l’Association, Michel Berthélémy, ces actions participent d’une volonté de « réparation, ou du moins d’initier des choses positives avec nos pensions ». « La résistance que nous menons aujourd’hui est contre cette falsification qui est en train de resurgir de cette histoire de l’Algérie par le pouvoir et toutes ces associations de nostalgiques de l’Algérie française », a-t-il dit. (Photo : Stanislas Hutin)