Alors qu’une enquête de FranceInfo met en lumière la quête de provenance des musées français, la Charente se conforme à la réalité d’une collection de 3 200 objets légués en pleine période coloniale. C’est le cas, par exemple, d’un collier pilé dans une tombe à Sétif par un lieutenant français.
Dans ce reportage sur les moyens qu’ont les musées français pour vérifier les origines de leurs œuvres, la directrice de l’établissement d’Angoulême évoque un exemple saisissant : « un collier d’amulettes caractéristique de l’Afrique de l’ouest et du Maghreb », sur lequel le musée a de forts doutes sur la légitimité d’acquisition.
Cette enquête intervient alors que le Parlement français examine la loi sur la constitution des biens coloniaux spoliés par la France.
Un collier pillé dans une tombe à Sétif exposé dans un musée à Angoulême
La directrice du musée d’Angoulême, en l’occurrence Émilie Salaberry, ne cache pas ses interrogations concernant l’origine de ce collier : « un collier d’amulettes caractéristique de l’Afrique de l’Ouest et du Maghreb sur lequel on a de forts doutes sur la légitimité d’acquisition ».
En effet, elle a expliqué avoir des doutes sur la provenance de milliers d’objets, notamment une collection de 3 200 pièces et œuvres, légués dans les années 1930 par un certain docteur Lhomme, un médecin charentais qui « n’a jamais voyagé ».
Concernant le collier, la directrice suspecte un vol commis par un militaire français pendant la colonisation de l’Algérie : « Ce collier aurait été extrait d’une tombe dans le cimetière de Sétif par un lieutenant qui en fait don au docteur Lhomme. Ceci est tracé dans un courrier qu’on a découvert il y a peu de temps ».
Une loi sur la restitution des biens culturels
Adoptée en première lecture le 13 avril dernier par l’Assemblée nationale française, le projet de loi relatif à la restitution des biens culturels est en cours d’examen par les parlementaires. Cependant, cette loi si adoptée aura un impact limité pour l’Algérie.
Aucune des pièces fortes réclamées par l’Algérie, comme le sabre de l’émir Abd El-Kader (1808-1883), héros de la résistance algérienne, ou le canon Baba Merzoug, dit aussi La Consulaire, spolié lors de la prise d’Alger, en 1830, et aujourd’hui exhibé sur le port de Brest, n’entre dans le champ d’application de cette loi.
En revanche, d’autres objets comme le caftan et des manuscrits de l’émir, des fanions ou la clé de la ville de Laghouat seront restituables. Un lot non négligeable mais politiquement modeste.
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