Belhadj répond à Al Mohammadi «C’est lui qui m’a insulté le premier»

Belhadj répond à Al Mohammadi «C’est lui qui m’a insulté le premier»

14644_102831489740664_100000414418059_72121_7713783_n.jpg«J’aurais dû garder mon sang-froid pour 2 raisons»

C’est un Belhadj amer qu’on a joint hier au téléphone.

Amer parce que son équipe Portsmouth n’arrive pas à quitter la place de lanterne rouge et amer parce qu’après tout ce que Coffi Codjia a fait aux Algériens, Al Mohammadi a osé l’accuser d’avoir passé son temps à insulter les joueurs égyptiens. L’entretien qu’il nous a accordé a été l’occasion pour Nadir Belhadj de rétablir certaines vérités.

Ecoutons-le : Samedi dernier et malgré la lourde défaite, vous avez réalisé un bon match face à Manchester United.

On a l’impression que vous vous transcendiez à chaque fois que vous avez en face une grande équipe, non ?

C’est un peu vrai ce que vous dites et c’est le cas aussi en équipe nationale car c’est toujours plus facile, du moins pour moi, de bien jouer face à des adversaires qui aiment le jeu et le contact du ballon, et qui n’utilisent jamais le jeu dur. Et Manchester United en fait partie. On m’a dit que j’ai réalisé un bon match samedi, mais cela ne me suffit pas car il y a eu finalement une défaite lourde par 5 buts à 0. C’est toujours regrettable de prendre autant de buts même si on réalise un grand match.

Vous avez inscrit un but face à Liverpool et vous avez failli récidiver face à Manchester, n’était le sauvetage miraculeux de Johnny Evans. Les grandes équipes vous réussissent vraiment dites donc ?

Depuis quelque temps, j’ai la chance de jouer milieu du terrain gauche, cela me permet d’arriver un peu plus souvent jusqu’au but adverse. J’ai sollicité le une-deux à mon coéquipier Vonden Boore qui m’a mis dans une excellente position, malheureusement le défenseur de Manchester a pu sauver le but sur sa ligne. J’aurais même pu marquer sur le renvoi mais un autre défenseur s’était interposé.

Je regrette d’autant plus cette action qu’un but aurait sans doute changé le cours du match car le score à ce moment-là était de zéro partout.

Vous êtes toujours lanterne rouge alors que la phase retour est bien entamée. Avez-vous bon espoir de vous maintenir en Premier League ?

Bien sûr que nous avons bon espoir de rester en première division surtout que nous avons la chance de recevoir tous nos adversaires directs pour le maintien, à commencer par Sunderland dès ce mardi. Nous avons de bonnes raisons d’y croire. En tout, nous jouerons nos chances à fond pour maintenir l’équipe.

Vous venez juste de rentrer d’Angola. Quel bilan faites-vous de la participation algérienne à la CAN ?

Je pense que nous n’avons pas été ridicules. Notre parcours a été très honnête surtout si on le met dans son véritable contexte. Il y a quelques années, en effet, l’équipe jouait dans des stades de quartier et personne ne s’intéressait à nous. Aujourd’hui, nous terminons dans le dernier carré d’un tournoi aussi relevé que la Coupe d’Afrique.

On ne peut quand même pas faire la fine bouche après un tel parcours. Certes, nous avons très mal débuté le tournoi avec cette défaite inattendue face au Malawi, mais au risque de me répéter, c’est la chaleur qui ne nous a pas permis d’évoluer à notre véritable niveau.

Cette défaite a permis à l’équipe de se découvrir une qualité : elle sait réagir lorsqu’elle est dos au mur. La preuve, nous avons réussi à nous qualifier en quarts de finale pour sortir notre meilleur match du tournoi face aux Ivoiriens. C’est regrettable de ne pas pouvoir aller jusqu’au bout après un tel match.

D’aucuns considèrent cet Algérie-Côte d’Ivoire comme un match référence en vue de la préparation du Mondial. Est-ce le cas pour Nadir Belhadj ?

C’est exactement cela. Si nous devons travailler et préparer la Coupe du monde, c’est à partir des enseignements tirés du match face à la Côte d’Ivoire. Nous avons confirmé que lorsque nous sommes dos au mur, nous sommes plus dangereux.

Nous aurions pu refaire le même match contre les Egyptiens, mais avec trois joueurs en moins, il est difficile de bousculer une équipe de l’envergure de l’Egypte. Il y a eu Halliche, moi et finalement Chaouchi, c’était trop pour un seul match !

Pour parler de votre expulsion, on sait que vous avez présenté vos excuses au coach dans le vestiaire. Cela prouve que vous avez regretté votre geste. Que s’est-il passé au juste sur l’action qui vous a valu le carton rouge ?

Après le premier but des Egyptiens et l’expulsion de Halliche, les joueurs égyptiens, surtout mon adversaire direct Al Mohammadia, n’ont pas arrêté de nous énerver et nous chambrer.

Et là vous me donnez l’occasion de répondre à Al Mohammadia qui a déclaré que je n’avais pascessé de l’insulter : c’est archi-faux ! Il m’a insulté le premier et j’ai répondu à ses insultes, point barre. C’est vrai qu’en tant que joueur professionnel, je n’aurais jamais dû réagir de la sorte pour deux raisons. Premièrement, j’aurais dû le blesser gravement et je n’en ai pas le droit, heureusement qu’il n’avait rien eu. Deuxièmement, je n’avais pas le droit de pénaliser mes coéquipiers en les laissant lutter à neuf contre onze. J’aurais dû garder mon sang-froid, mais j’étais trop énervé. Ça arrive et ça m’apprendra à me calmer à l’avenir.

Lorsque vous l’avez taclé, vous a-t-il dit quelque chose en particulier ?

Non, les insultes ont commencé bien avant. Au moment du tacle, ils étaient en train de nous faire la passe à dix tout en nous chambrant. Je n’ai pas pu me retenir et je l’ai taclé, mais je le dis et je le répète : Al Mohammadi a été le premier à m’insulter.

Selon les observateurs, Al Mohammadi a réalisé son meilleur match de CAN face à l’Algérie parce que votre seule présence a été une source de motivation pour lui…

Je ne suis pas d’accord avec ces affirmations.

J’ai vu tous les matchs de l’Egypte et je me suis focalisé sur les prestations d’Al Mohammadia étant mon adversaire direct et je peux vous affirmer qu’il a été excellent durant tout le tournoi. C’est un très bon joueur qui a largement sa place en Europe. Peut-être qu’il a été particulièrement brillant contre moi, mais cela ne changera pas mon avis sur lui, c’est un excellent joueur.

A votre retour à Portsmouth, la presse anglaise vous a-t-elle parlé de l’Algérie ?

Cela fait quelques jours seulement que je suis rentré et jusqu’à maintenant aucun journaliste anglais ne m’a parlé de l’Algérie ni de la Coupe d’Afrique. Pour eux, la Coupe du monde ce n’est peut-être pas encore d’actualité. En club, par contre, nous en avons parlé, mais c’était vite fait. L’occasion pour Yebda et moi de chambrer un peu Aruna Dindane, mais on s’est vite reconcentrés sur notre véritable objectif, à savoir le maintien de Portsmouth.

Pensez-vous que le fait d’avoir disputé un tournoi aussi relevé que la Coupe d’Afrique vous aidera à bien préparer la Coupe du monde ?

C’est justement le point positif de la CAN. Nous avons disputé des matchs intenses, mais nous avons surtout vécu ensemble pendant un mois. Nous avons également appris à ne pas sous-estimer nos adversaires après ce qui nous est arrivés face au Malawi. Nous savons toutefois qu’il nous reste beaucoup de travail à faire et nous continuons à travailler sans faire de bruit comme nous l’avons fait depuis le début.

Avec un match contre la Serbie dont le jeu ressemble à celui des Slovènes et deux autres en mai et juin, nous aurons l’occasion de nous améliorer avant la Coupe du monde. En tout, nous avons tiré beaucoup d’enseignements de cette Coupe d’Afrique.

Entretien réalisé par Farid Aït-Saâda