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Barrage vert : 43 millions de dollars du Fonds vert pour le climat, ce que va financer ce premier projet

Barrage vert : 43 millions de dollars du Fonds vert pour le climat, ce que va financer ce premier projet
L'Algérie obtient une subvention de 43 millions de dollars du Fonds vert pour le climat afin de renforcer le Barrage vert.

L’Algérie obtient son premier projet financé par le Fonds vert pour le climat : une subvention de 43 millions de dollars pour renforcer le Barrage vert. Terres restaurées, énergie solaire, fourrage, filières rurales : voici ce que va financer ce projet de sept ans dans six wilayas, et qui en profitera.

Barrage vert : 43 millions de dollars du Fonds vert pour le climat

L’Algérie décroche son premier projet financé par le Fonds vert pour le climat. Le conseil d’administration de ce fonds onusien a approuvé, mercredi 28 octobre, une subvention de 43 millions de dollars. Elle servira à renforcer le Barrage vert, la ceinture verte lancée en 1971 pour freiner la désertification.

Le Fonds vert pour le climat finance des projets climatiques dans les pays en développement. Le Barrage vert s’étire, lui, sur environ 1 500 kilomètres, à travers la steppe présaharienne. Sa relance, engagée le 29 octobre 2023 à Djelfa, vise à porter sa superficie de 3,7 à 4,7 millions d’hectares. La subvention arrive presque trois ans jour pour jour après ce lancement.

Ce que va financer le projet du Barrage vert

Le projet s’étalera sur sept ans et couvrira 454 138 hectares. Il cible des communes de six wilayas : Naâma et El Bayadh à l’ouest, M’Sila et Djelfa au centre, Tébessa et Khenchela à l’est. Ces wilayas abritent plus de la moitié de la population nomade du pays. Un document du Fonds international de développement agricole détaille cette répartition.

Il prévoit de restaurer plus de 59 000 hectares de terres dégradées : forêts, parcours, dunes et terres agricoles. Les foyers ruraux isolés recevront 190 kits d’énergie solaire, pour la réfrigération ou la transformation des produits. Deux cent quarante unités de fourrage hydroponique nourriront aussi plus de 25 000 têtes de bétail toute l’année.

Le projet facilitera aussi l’accès au financement des micro-entreprises rurales, dont au moins la moitié dirigées par des femmes. Il soutiendra des filières adaptées au climat : figue de Barbarie, olive, romarin, laine, alfa et menthe poivrée. Ces actions doivent réduire ou stocker 540 355 tonnes d’équivalent CO2 d’ici la fin du projet.

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Barrage vert : près de 100 millions de dollars, dont 57 % à la charge de l’Algérie

La subvention du Fonds vert ne couvre qu’une partie du coût du projet. L’État algérien apporte de son côté 56,5 millions de dollars de cofinancement. D’après nos calculs, le budget total atteint donc 99,5 millions de dollars, soit près de 100 millions.

L’Algérie finance ainsi 57 % de l’investissement, une part que le Fonds vert met en avant. La subvention cible, elle, les actions que le financement commercial ne couvre pas. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) supervise le projet. La Direction générale des forêts le met en œuvre avec le bureau de la FAO en Algérie.

Le ministre de l’Agriculture, Sid Ali Khaldi, y voit une contribution substantielle à la relance du Barrage vert. Il souligne aussi que le projet s’appuie sur l’expérience algérienne engagée dans les années 1970.

Barrage vert : agriculteurs, éleveurs et nomades de la steppe en première ligne

Le projet doit toucher plus d’un million de personnes dans les zones arides et semi-arides. Plus de 142 000 agriculteurs, éleveurs et pasteurs en bénéficieront directement, dont plus d’un tiers de femmes. Pour ces familles, la dégradation des parcours menace directement l’élevage, principale ressource de la steppe.

Les kits solaires et les unités de fourrage visent les ménages isolés, souvent éloignés des réseaux. Les filières comme l’alfa, la laine ou la figue de Barbarie offrent des revenus complémentaires. Le projet combine ainsi protection de l’environnement et emplois ruraux.

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Barrage vert : où en est la relance lancée en 2023 ?

La Direction générale des forêts a planté 42 376 hectares sur les programmes 2023 à 2026. Elle prévoit plus de 34 000 hectares supplémentaires pour la campagne 2026-2027, avec 27,45 millions de plants. Notre article détaille ce programme de reboisement.

D’après nos calculs, les 59 000 hectares à restaurer avec le Fonds vert représentent 1,4 fois la surface plantée depuis 2023. Le projet couvrira aussi près de 10 % du périmètre visé par la relance, soit 4,7 millions d’hectares. Ce financement international s’ajoute donc à un effort national déjà engagé.

AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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