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Universités ouvertes jusqu’à 22 heures : Baddari explique les raisons de cette décision

Universités ouvertes jusqu’à 22 heures : Baddari explique les raisons de cette décision
Kamel Baddari

L’allongement de la journée universitaire n’est pas une mesure improvisée. C’est en substance le message délivré par Kamel Baddari, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui replace la prolongation des activités pédagogiques jusqu’à 22 heures dans une logique de rendement du service public.

Un communiqué de son département, diffusé ce dimanche, revient sur les arguments avancés par le ministre lors d’une sortie de terrain organisée la veille au soir.

C’est au centre de l’Université de la formation continue (UFC) de Bouzaréah que le premier responsable du secteur a défendu cette orientation.

Pour lui, maintenir les campus actifs en soirée relève d’une volonté de « rationaliser l’exploitation des infrastructures et des équipements universitaires, tout en renforçant l’efficacité du service public de l’enseignement supérieur ».

Les horaires universitaires étendus pour rentabiliser les infrastructures

L’argument central tient en une idée : des amphithéâtres, des laboratoires et des bibliothèques qui ferment en milieu d’après-midi constituent un capital sous-exploité. En étirant la plage horaire, le ministère entend faire travailler ces équipements plus longtemps, sans construction nouvelle.

Rappelons que le ministre avait annoncé l’ouverture des structures universitaires jusqu’à 22h pour offrir aux étudiants davantage d’espaces de révision, de recherche et de travail sur projets. L’intervention de samedi soir vient en consolider la justification politique.

Le ministère insiste également sur la continuité du service. L’université, dans cette vision, doit rester un lieu d’apprentissage et de qualification ouvert sur l’ensemble de la journée, et non un établissement calqué sur les rythmes d’un bureau.

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Travailleurs et fonctionnaires au cœur de la mesure

Le public visé est clairement identifié. Salariés, agents de la fonction publique et étudiants soumis à des contraintes professionnelles ou familiales trouvent difficilement leur place dans un emploi du temps diurne classique. Les créneaux du soir leur ouvrent une porte.

Ce choix explique le lieu retenu pour la visite. L’UFC incarne le principe de l’apprentissage tout au long de la vie, que Kamel Baddari présente comme un pilier de la promotion professionnelle.

L’établissement s’appuie sur les outils numériques et révise ses cursus pour coller aux besoins exprimés par le marché de l’emploi.

Une mesure déjà testée dans plusieurs grandes villes

Sur le terrain, l’extension des horaires a d’abord pris la forme d’un déploiement progressif. Une première vague a concerné six grandes villes universitaires avec des activités prolongées jusqu’à 21h, parmi lesquelles Alger, Constantine, Oran et Annaba.

Les établissements concernés ont dû transmettre aux services des œuvres universitaires les listes des étudiants, leurs destinations et les emplois du temps. Ces éléments conditionnent l’adaptation des rotations de bus, point sensible de tout le dispositif.

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Transport et sécurité restent les vrais points de friction

La réforme n’a pas été accueillie sans réserves. Fin septembre, des familles et des organisations estudiantines ont exprimé leurs craintes, obligeant plusieurs universités à clarifier les conditions d’application des cours en soirée. Les déplacements nocturnes et la restauration figuraient en tête des préoccupations.

À Constantine, des rencontres entre directions et délégués étudiants ont permis d’apaiser une partie du débat. Le principe d’une université ouverte plus tard n’est pas rejeté en bloc : ce sont les garanties logistiques qui cristallisent les attentes, notamment pour les résidents des cités éloignées.

Kamel Baddari, lui, maintient le cap. Selon lui, l’université moderne doit abandonner le réflexe des horaires administratifs pour installer une culture de la performance. Le temps universitaire devient alors un levier supplémentaire au service de la qualité de la formation, des étudiants et, plus largement, de la société.

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AA

Amina Aouadi

Journaliste – Analyse, économie et société

Amina Aouadi est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les analyses de l'actualité économique et les grands sujets de société.

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