Avec les hommes du 18e GGF : 32 nouveaux postes et 7 escadrons seront bientôt installés

Avec les hommes du 18e GGF : 32 nouveaux postes et 7 escadrons seront bientôt installés

9573.jpgCe programme intervient après une série d’indices sécuritaires, d’inspections ponctuelles et circonstancielles.

Première ceinture du pays, la bande frontalière algéro-tunisienne, en dépit des bons rapports de voisinage entre les deux pays, constitue un point de chute des contrebandiers qui arrivent de toutes parts, d’Algérie comme de Tunisie.

“Les gardes-frontières, des hommes, des missions et un regard vigilant”. C’est le maître mot qui nous accueille à l’entrée du 18e poste de commandement du groupement des gardes-frontières (GGF) de Taoura, à une cinquantaine de kilomètres du chef-lieu de Souk-Ahras. Situé à 359 mètres d’altitude, au cœur même d’un écosystème à vous couper le souffle, ce poste névralgique arbore, d’emblée, les reliefs hostiles et ce climat rigoureux dans lesquels évoluent ses vaillants éléments pour préserver la souveraineté du territoire. Dur métier, noble mission que celle qu’accomplissent, de jour comme de nuit, ces hommes.

Le 18e GGF de Taoura couvre 13 municipalités frontalières et deux wilayas. Ses 12 postes avancés, ses 4 escadrons et ses postes d’observation constituent un imposant dispositif de supervision, de contrôle, d’embuscades, de patrouilles pédestres et motorisées.

S’étalant sur 90 et 100 km sur les bandes frontalières de Souk-Ahras et d’El-Tarf, il couvre une chaîne de 4 postes, à savoir Oum Tboul face à Meloula, Al-Ayoun face à Fedj Kahla, Al-Foudh face à Koudiat Al-Djalil et Al-Hedada face à Sakiet Sidi Youcef. Ce dernier est le poste le plus fréquenté par les voyageurs à cause de sa proximité des villages et des communes de l’extrême Est algérien.

Devant les nouveaux procédés et la croissance du flux humain qui y transite, avec tout ce que cela suggère comme aléas inhérents au crime transfrontalier, le commandement de la Gendarmerie nationale (CGN), sous la houlette de son patron, Ahmed Bousteïla, a dépêché plusieurs inspections dans la région de l’Est afin de faire ressortir, d’une part, l’ampleur que prennent certains phénomènes et la menace qui pèse sur la frontière, et d’autre part, valoriser les moyens d’y faire face, à commencer par les facteurs prévention, anticipation et sécurisation maximale.

Ainsi, il a été établi un vaste programme pour élargir la compétence du 18e GGF de Taoura en installant 32 nouveaux postes avancés, 9 escadrons et de créer un autre groupement de gardes-frontières afin de limiter les brèches.

Limites de Taoura :

Les “pipelines” des halabas, c’est fini !

La lutte est implacable. Quotidienne. Pas toujours facile d’arrêter un trafiquant, celui-ci recourt davantage à des procédés d’acheminement de carburant et de convoyage de marchandises, propres aux reliefs montagneux qui ne prêtent guère à l’aventure, comme les bêtes de somme. Le nombre d’affaires traitées augmente pour aboutir à une baisse d’activité de contrebande. Mais les réseaux mafieux établis tant en Algérie qu’en Tunisie, reculent pour mieux sauter.

Mieux, ils s’organisent en filières, nous explique-t-on. En effet, hormis quelques quantités de moindre importance opérées au niveau des postes de police des frontalières, la grande majorité des saisies est enregistrée sur les circuits relevant de la compétence des GGF, donc dans les reliefs minés par les populations frontalières qui développent une complicité, née d’une promiscuité qui ne date pas d’aujourd’hui.

Ces dernières années, l’activité des GGF a sensiblement augmenté.

Rien que pour la durée allant de janvier à fin avril dernier, 204 affaires ont été enregistrées à travers les 3 029 opérations menées. Résultat : 184 moyens de transport, dont 2 voitures, 9 motocyclettes et 217 bêtes de somme récupérés à l’issue des embuscades et des patrouilles nocturnes, mais aussi des interventions inopinées d’hélicoptères.

En plus de leur exploitation pour l’acheminement des marchandises, les baudets font l’objet de contrebande, car utilisées comme aliment de base dans les parcs zoologiques des pays voisins. C’est ce qui ressort des renseignements qui ont atterri chez les services de sécurité algériens.

Sur cette bande où les Tunisiens s’introduisent légalement chez nous, et vice-versa pour les Algériens, pas moins de 5 immigrés clandestins ont été arrêtés en situation irrégulière.

Une chose est sûre, la création d’un nouveau groupement de GGF sur cette ligne permettra de développer d’autres stratégies de lutte contre les réseaux de contrebande et de mettre un terme à la saignée organisée dans les monts boisés de Souk-Ahras.

Farid Belgacem