Un segment de 7 kilomètres de l’autoroute Est-Ouest, tristement connu des automobilistes, se retrouve une nouvelle fois au cœur des priorités.
À Djebahia, dans la wilaya de Bouira, l’Algérienne des Autoroutes lance une réflexion de fond pour corriger un point noir du réseau autoroutier national, alors que les chiffres d’accidents continuent d’alerter.
Face à l’usure avancée de plusieurs sections stratégiques de l’autoroute Est–Ouest, les autorités misent désormais sur des études techniques et économiques pour passer d’interventions ponctuelles à des solutions durables. Une approche assumée par l’Algérienne des Autoroutes (ADA), qui entend sécuriser les axes les plus sensibles tout en planifiant des travaux de grande ampleur dès 2026.
Tronçon de Djebahia : un point noir persistant sur l’autoroute Est–Ouest
Invité ce mercredi sur les ondes de la radio nationale, le Directeur général de l’Algérienne des Autoroutes, Said Chouaib, a rappelé que le tronçon de Djebahia reste l’un des plus dangereux du réseau autoroutier. Long de seulement 7 kilomètres, ce segment concentre un nombre élevé d’accidents, enregistrés de manière quasi quotidienne.
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Selon le responsable, le niveau de danger y dépasse 6 %, une situation particulièrement problématique pour les poids lourds qui empruntent cet axe très fréquenté. Cette configuration en fait un point noir identifié de longue date, nécessitant des mesures allant au-delà des simples réparations de surface.
Mesures d’urgence en 2025 et étude pour des solutions définitives
Face à l’urgence, l’ADA a engagé dès 2025 une série d’actions ciblées. Des sections dégradées ont été réparées et la signalisation routière renforcée afin de réduire les risques immédiats pour les usagers.
Parallèlement, une étude technique et économique a été lancée pour envisager des solutions durables. Parmi les options étudiées figure la création d’une voie de contournement, destinée à éviter complètement le tronçon de Djebahia, considéré comme inadapté à un trafic aussi dense dans sa configuration actuelle.
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Cette approche vise à traiter la cause structurelle du danger, plutôt que de multiplier des interventions temporaires sur une portion jugée trop accidentogène.
Un réseau de 1 600 km sous surveillance, avec des sections fortement dégradées
Au-delà de Djebahia, le Directeur général de l’ADA a dressé un état des lieux plus large du réseau autoroutier algérien. Celui-ci s’étend aujourd’hui sur près de 1 600 kilomètres, mais certaines parties montrent des signes avancés d’usure.
Environ 180 kilomètres de sections dispersées de l’autoroute Est–Ouest présentent un état de dégradation marqué. Ces portions font actuellement l’objet de programmes de réparation en cours, destinés à maintenir un niveau de sécurité acceptable en attendant des travaux plus lourds.
Autoroute Est–Ouest : 926 km concernés par une étude de faisabilité
Dans une démarche de planification à long terme, l’Algérienne des Autoroutes prépare une étude de faisabilité technique et économique portant sur 926 kilomètres de l’autoroute Est–Ouest, de la frontière de la wilaya de Tlemcen jusqu’à celle de Tarf.
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Cette étude ciblera en priorité plusieurs sections jugées sensibles, parmi lesquelles :
- Le tronçon Bir Touta–Khemis El Khechna, fortement dégradé
- La voie de contournement de Constantine, longue de 17 km
- Le tronçon Bouira–Larbatache
- Une section similaire située dans la wilaya d’Aïn Defla
Ces axes figurent en tête des priorités de l’ADA en raison de leur fréquentation et de leur état préoccupant.
Selon Said Chouaib, les premières interventions concrètes ne devraient pas tarder. Des travaux de maintenance doivent démarrer prochainement sur une distance totale de 51 kilomètres, ciblant les sections les plus urgentes.
