Mercredi 14 février 2026, le Ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme a annoncé la publication du décret exécutif n°26-82, visant à créer et organiser des centres spécialisés pour la prise en charge des personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme (TSA).
Cette initiative s’inscrit dans la politique nationale de protection et de promotion des droits des personnes en situation de handicap, sur instruction du président de la République Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres du 1er juin 2025, qui avait validé la création d’un centre national dédié à l’autisme.
Ces centres auront pour mission d’assurer un accompagnement complet, mêlant enseignement, soutien pédagogique adapté et suivi psychologique permanent des personnes concernées. Ils permettront de proposer des programmes pédagogiques unifiés et adaptés, fondés sur les références scientifiques et éducatives du Centre national de l’autisme.
L’objectif principal est d’assurer une éducation précoce, un soutien scolaire, le développement des relations avec l’environnement, ainsi que l’accompagnement des familles. Ces centres faciliteront également l’inclusion des personnes autistes dans le milieu scolaire ordinaire et/ou la formation professionnelle, avec la possibilité de créer des antennes annexes si nécessaire.
Des services individualisés pour enfants et adolescents
Les centres spécialisés prendront en charge les enfants et adolescents âgés de trois ans jusqu’à la fin de leur parcours éducatif, dans le cadre institutionnel spécialisé ou dans le milieu ordinaire, en veillant à leur santé, leur bien-être et leur épanouissement.
Parmi leurs missions figurent :
L’élaboration d’un projet personnalisé pour chaque personne, en collaboration avec les familles ;
La mise en place d’un soutien scolaire et d’une éducation précoce adaptés ;
La prise en charge de l’éducation motrice, de la rééducation fonctionnelle et de la correction orthophonique ;
Le développement des relations sociales et l’accompagnement familial ;
L’appui à l’intégration dans le milieu scolaire ou professionnel et le suivi de cette intégration ;
L’organisation d’activités culturelles et récréatives adaptées.
Chaque centre sera doté d’un conseil psychopédagogique chargé d’évaluer les besoins, d’adapter les programmes, de proposer des techniques de prise en charge adaptées et de suivre la progression des enfants et adolescents. Ce conseil émettra également des recommandations pédagogiques et supervisera l’admission des bénéficiaires sur la base de dossiers médicaux et administratifs.
Ce décret exécutif illustre l’engagement du ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme à unifier les dispositifs de prise en charge des personnes atteintes de TSA et à améliorer leurs conditions de suivi éducatif, social et professionnel, afin de garantir l’égalité des chances et de favoriser leur pleine inclusion dans la société.
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Autisme en Algérie : voici l’état des lieux
Recenser avec précision les personnes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA) reste un défi, mais les outils numériques récemment déployés par le ministère de la Santé permettent désormais d’affiner les prévalences et d’améliorer le suivi des cas. Selon les données de la plateforme officielle Autisme Algérie et les rapports de santé nationaux, environ 1 enfant sur 150 naît avec un TSA en Algérie, et près de 500 000 personnes seraient concernées sur l’ensemble du territoire.
L’intégration des enfants autistes dans le milieu scolaire ordinaire progresse, bien que cette dynamique reste freinée par un accompagnement insuffisant, notamment en raison du déficit persistant d’Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS).
Le Centre National de l’Autisme, officialisé par un décret présidentiel, constitue désormais le pivot national pour l’unification des protocoles de diagnostic et de prise en charge. Afin de réduire les inégalités géographiques et d’améliorer l’accès aux services spécialisés, quatre annexes régionales ont été implantées dans les wilayas de Tipaza, Oran, Tébessa et Béchar.
Dans ce cadre, le Plan National Autisme 2024-2029 poursuit sa phase active, mettant l’accent sur le dépistage précoce dès la petite enfance et sur la formation spécialisée des professionnels de santé, afin d’assurer une prise en charge homogène et de qualité à l’échelle nationale.
Avancées dans la prise en charge et le soutien aux familles
La digitalisation des services constitue un progrès majeur pour les familles, avec le lancement d’un portail numérique national permettant de localiser les centres de proximité et de faciliter certaines démarches administratives.
Parallèlement, des discussions sont en cours pour réévaluer les allocations liées au handicap, afin d’alléger le coût des thérapies privées, telles que l’orthophonie ou la psychomotricité, qui représentent une charge importante pour les ménages. Les infrastructures locales continuent également de se renforcer : de nouveaux centres médico-pédagogiques ont été inaugurés fin 2025 pour désengorger les structures existantes, notamment dans les grandes agglomérations.
Les principaux indicateurs confirment les évolutions récentes et les priorités stratégiques : le ratio de prévalence reste estimé à 1 enfant sur 150, avec le Centre National de l’Autisme jouant le rôle de structure pilote.
Quatre nouvelles annexes régionales renforcent la couverture géographique, dans le cadre du plan de décentralisation 2026, tandis que l’horizon stratégique du Plan National Autisme s’étend jusqu’en 2029.
| Indicateur | Donnée actuelle | Source / Contexte |
|---|---|---|
| Ratio de prévalence | 1 sur 150 enfants | Plateforme Autisme Algérie |
| Structure pilote | Centre National de l’Autisme | Décret présidentiel 2025 |
| Couverture régionale | 4 nouvelles annexes | Plan de décentralisation 2026 |
| Horizon stratégique | 2029 (fin du Plan National actuel) | Plan National Autisme 2024-2029 |
