Au fil… des jours – Communication politique : nouvelles du front ! (1ère partie)

mardi 17 juillet 2018 à 13:29
Source de l'article : Lequotidien-oran.com

Par Belkacem Ahcene-Djaballah.

Au fil… des jours – Communication politique : nouvelles du front ! (1ère partie)

Dimanche 1er juillet 2018 :

L’historien français Gilles Manceron se dit indigné par l’autocensure, exercée par le Président Emmanuel Macron dans son discours d’hommage à Simone Veil, à l’occasion de sa «panthéonisation», ce 1er juillet, sur son engagement en faveur des résistants algériens lors de la Guerre de Libération nationale.

Emmanuel Macron a rappelé le passé de déportée de Simone Veil et son combat pour les droits des femmes et pour l’Europe. Mais rien sur le fait que, durant la guerre d’Algérie, proche de femmes comme Germaine Tillon et l’avocate Nicole Dreyfus, et aussi d’hommes comme le garde des Sceaux Edmond Michelet, «elle a sauvé la vie à de nombreux détenus du FLN et amélioré leurs conditions de détention et celles de leurs soutiens dans les prisons françaises» écrit l’historien dans son blog.

Durant la guerre, en tant que directrice de l’Administration pénitentiaire, de 1959 à A1961, elle a soutenu le transfert en France de Djamila Boupacha, dont la vie était menacée en Algérie et elle a apporté son aide à Nicole Dreyfus, avocate de détenus algériens, suite à ses demandes sur plusieurs dossiers. Elle a, aussi, milité pour obtenir la fin de l’isolement des détenus algériens et un statut de prisosnnières politiques. Envoyée en Algérie par le ministre de la Justice de l’époque, Edmond Michelet, pour s’enquérir de la situation, dans les prisons, Simone Veil en revient «choquée». Elle qualifie les conditions de détention des Algériens d’«ignobles et non justifiées». C’est ainsi qu’elle aurait obtenu le transfert, en France, de plusieurs centaines d’entre-eux, «dont certains avaient été condamnés à mort et étaient menacés de la peine de mort ou, surtout, à partir des débuts des crimes terroristes de l’OAS, en janvier 1961, de subir des exécutions sommaires», rapporte l’historien Gilles Manceron

Emmanuel Macron ? Comme les autres. Prisonnier(s) de «leur» histoire coloniale ! On est bien loin, bien trop loin de la «repentance». Puisque même les bonnes actions de leurs concitoyens sont ignorées.Il est vrai que le Panthéon ne rassemble pas que des «enfants de chœur» !

Lundi 2 juillet 2018 :

Phrases royales du mois : Dans un message adressé au 31ème Sommet de l’Union Africaine (UA), qui se tient (1er et 2 juillet), dans la capitale mauritanienne, sous le thème «Vaincre la corruption: une voie durable pour la transformation de l’Afrique», le roi du Maroc souligne que la corruption est un mal endémique qui ronge les sociétés, mine les efforts qui conduisent vers l’émergence, et grève le pouvoir d’achat des citoyens, et notamment des plus pauvres, notant que dans «certains secteurs d’activité, elle représente 10% du coût de production».

«La corruption pervertit les règles de la démocratie et sape l’Etat de Droit ; elle dégrade la qualité de vie et favorise la criminalité organisée, l’insécurité et le terrorisme».

Mardi 3 juillet 2018 :

C’est fait. L’Assemblée française a voté, dans la nuit de mardi 3 à mercredi 4 juillet, deux propositions de loi controversées contre «la manipulation de l’information», en période électorale, dont l’examen avait été suspendu, début juin, après des heures d’un débat, plusieurs fois tendu, autour des «fausses nouvelles». La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a vanté «un texte équilibré», «efficace et à la hauteur des enjeux», «précieux pour mieux protéger notre démocratie», jugeant les «débats parfois vifs mais indispensables» et regrettant «les attaques de l’extrême droite contre la presse, contre les juges, contre l’école».

Ces deux propositions de loi – ordinaire, et organique pour la présidentielle – visent à permettre à un candidat ou parti de saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de «fausses informations», durant les trois mois précédant un scrutin national. Elles imposent aux plate-formes numériques (Facebook, Twitter, etc) des obligations de transparence lorsqu’elles diffusent des contenus contre rémunération. La première a été adoptée par 52 voix contre 22, la seconde par 54 contre 21, soutenues par LREM et une majorité des MoDem, malgré des réserves sur ce «premier pas».

Toujours «hostiles», droite et gauche ont regretté un texte, au mieux «inapplicable» et «inefficace», vu la rapidité de propagation sur les réseaux sociaux par des sites souvent basés «à l’étranger», au pire «dangereux pour la liberté d’opinion». Le RN a fustigé «une sorte de totalitarisme glamour» des «censeurs de l’information», Nicolas Dupont-Aignan une initiative du «roi de la fausse information élu président de la République». Jean-Luc Mélenchon (LFI) a fustigé «une loi de circonstance faite pour interdire «Russia Today» et «Sputnik», chaînes russes accusées de relayer l’ingérence du Kremlin, dans les présidentielles américaine et française. Des syndicats de journalistes et des médias ont dénoncé le risque de légitimer une fausse information si le juge n’a pas les éléments pour l’interdire. Coeur de la polémique: la volonté de définir une «fausse information». Début juin, la rapporteure avait fait voter, tardivement, une nouvelle formulation: «Toute allégation ou imputation d’un fait, inexacte ou trompeuse, constitue une fausse information». A méditer !

Mercredi 4 juillet 2018 :

L’exemple à louer et à imiter ! L’ attitude admirable malgré une défaite cruelle. Les footballeurs japonais, qui menaient encore 2-0 à 25 minutes de la fin de leur match, face à la Belgique, lundi 2 juillet, et qui se sont finalement inclinés 3-2, ont laissé leur vestiaire dans un état parfait, au stade de Kazan. Une photo prise après le match, devenue virale sur Twitter, montre que les Japonais ont nettoyé leur vestiaire, laissant en prime un petit mot tout simple : «Merci», écrit en russe.

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Sur Twitter, un internaute a même remarqué que les joueurs japonais avaient réalisé des petites figures en origami.

Jeudi 5 juillet 2018 :

Les baisses de performance des économies africaines des trois dernières années, en rapport à la crise des matières premières, ne semblent pas avoir affecté toutes ses populations de la même manière.

Selon une récente étude publiée par la firme de consulting ‘Capgemini’, alors que le nombre de riches africains n’a pas, particulièrement, évolué, stagnant à 200.000 depuis 2014, la valeur de leurs avoirs, en revanche, a considérablement progressé, de 1.400 milliards $ à 1.700 milliards $, à la fin 2017.

Sur l’exercice 2017, cela représente une augmentation de 10,3%. Une performance qui est bien plus importante que la croissance plutôt modérée (2,6%) du PIB des économies de la région.

A l’échelle du monde, la valeur détenue par les individus les plus fortunés a atteint, à la fin 2017, le chiffre record de 70.000 milliards $.

Pour ce qui concerne l’Algérie, on sait que le nombre de millionnaires, en dollars, a cru de manière rapide.

Vendredi 6 juillet 2018 :

Dans un reportage de la chaîne ‘Ennahar TV’, les membres du gouvernement ont refusé de révéler les destinations de leurs vacances annuelles. Surpris par la question, les ministres, pour la plupart, ontd éclaré que les vacances s’organisent selon les choix de leurs familles et plus précisément de leurs épouses.

La langue de bois a dominé, les réactions de la majorité des membres du gouvernement. Seulement voilà : si les ministres refusent de révéler leurs destinations de vacances c’est parce qu’ils sont épiés, aussi bien, par leur hiérarchie que par leur environnement proche. … et les réseaux sociaux. Les ministres ont le droit à 10 jours de congé annuel. Il paraît que certains pays ne sont pas conseillés pour les vacances des membres du Gouvernement, pour des raisons de sensibilité diplomatique ; c’est le cas du Maroc et de la France. En revanche deux destinations sont prisées par les membres du gouvernement: La Tunisie et l’Espagne. Pour se rendre à l’étranger, les ministres doivent avoir une autorisation signée par le Premier ministre et informer les missions diplomatiques des pays où ils se rendent.

Certains ministres, en revanche, préfèrent passer leurs vacances, en Algérie, en famille, dans les stations balnéaires locales, à l’abri des regards et dans le calme.

Samedi 7 juillet 2018 :

Décidémment, les réseaux sociaux et certains commentateurs de presse ne savent plus où placer la dignité et l’honneur du pays et des Algériens. Ainsi, on a fait «tout un plat» d’un événement qui était passé inaperçu, par la grande majorité, sinon la totalité des citoyens, d’autant que la chose s’est passée au fronton d’une ambassade. Le drapeau gay, appelé «drapeau arc-en-ciel» avait été hissé, mercredi et jeudi– à Alger et dans la grande majorité des chancelleries britanniques dans le monde- car en Grande-Bretagne, on célèbre annuellement la levée de la criminalisation de l’homosexualité. Et, pour ne pas déroger à une règle médiatique, désormais, une «marque déposée», une «made in bladi», notre presse n’en a parlé que… parce que la presse marocaine, toujours à l’affût de la moindre de nos lacunes (la réciproque est vraie), a rapporté que ce qui s’est passé à Alger n’a pas eu lieu à Rabat… les autorités «veillant au grain» pour «faire respecter, comme toutes les sociétés du monde arabo-musulman» les règles de la morale islamique… hostile viscéralement à l’homosexualité, assimilée à une dépravation sexuelle et une déviation morale impardonnables».

On oublie deux choses : 1 /Une ambassade (fronton y compris !) est un territoire étranger et ses occupants ont le droit de faire ce qu’ils veulent. Droit international oblige ! 2/ Pour le moment, même si la «dépravation» évoquée existe, assez certainement, en Algérie… elle n’est pas aussi généralisée et atteignant un niveau de «commercialisation», touristique entre autres, élevée comme on le note… ailleurs.

Lundi 9 juillet 2018 :

Rabah Madjer a rompu, début juillet, dans un entretien accordé à un site électronique d’informations, le silence en ce qui concerne son éviction. Selon lui, son limogeage est une affaire politique ! On ne le savait pas jusqu’ici. On savait seulement que sa désignation, comme pour beaucoup d’autres, heureusement pour lui, mais à ses risque et périls (encore fallait-il qu’il le sache, au vu de ses expériences passées), l’était (politique ou presque), mais n’empêche, dans notre désespoir de voir notre équipe nationale de football flirter avec le fond du classement international FIFA.

Madjer pense aussi que son limogeage a servi à contenter certaines personnes. «Ils ont eu peur et ont répondu à la volonté d’un groupe qui touchait 2.000 DA, chaque match, pour m’insulter et porter des pancartes contre ma personne.» a-t-il ajouté. L’ex-sélectionneur a, également, lancé que son éviction ne répond, à aucun motif sportif. Concernant ses résultats catastrophiques, à la tête des ‘Verts’, ce dernier a défendu l’idée selon laquelle il n’a pas eu le temps nécessaire pour mettre en place une philosophie de jeu. «On a jugé mon bilan et on l’a décrit comme étant négatif alors que je n’ai joué aucun match officiel. On ne m’a pas donné, assez de temps, pour appliquer mes idées. Des entraîneurs, durant la Coupe du monde, ont été mis en échec, sans pour autant être démis de leurs fonctions», a-t-il conclu. Ça, on le savait… mais il faut dire qu’ils ne sont pas arrivés par hasard, mais sur la base d’un CV professionnel et d’une expérience avérés… à l’exemple de Zidane, de Thierry Henri, et de bien d’autres… (diplômes, postes d’adjoints, entraîneurs de niveau inférieurs… ). Il est vrai qu’en Algérie, les démarches «normales» consistent à emprunter les chemins les plus courts et les plus faciles : article 12, soutiens lors de campagnes électorales…

Mardi 10 juillet 2018 :

Les phrases du mois. Selon Dominque Wolton, spécialiste des médias et de la communication politique :

«Le capital médiatique (des hommes politiques) s’use et ne se renouvelle pas. Plus on communique, plus on est présent, plus au bout d’un moment il y a une fatigue, un rejet irréparable.. Il faut que les hommes politiques arrêtent (parfois) de faire de la communication.». On se souvient qu’il avait, un jour (de passage à Annaba, à l’If, en octobre 2017), dénoncé «la proximité (presque des «mariages») des journalistes des politiques».

Le sociologue plaide, de manière générale, qu’il s’agisse de la politique, de la communication, des médias et de la société, «pour un ralentissemen». Le comble de cette tendance, «qui tend à la folie», pour Dominique Wolton, c’est Donald Trump. «On ne gouverne pas la première puissance du monde par des tweets. C’est du n’importe quoi. C’est une fausse égalité. On n’a pas besoin d’être suspendu aux états d’âme d’un président, quel qu’il soit. C’est la perversité maximale. Ce n’est pas de la démocratie».

«On crève sous la vitesse, sous la pression, et sous l’interactivité. Ni vous ni moi ne pouvons vivre. Et si je prends pour exemple la Création, je dis que cette Création a besoin de temps» conclut le communicant qui donne un précieux conseil aux vacances d’été : place à la déconnexion et «mode veille».

Durant leurs courtes vacances, nos politiques ont, on l’espère suivi (et/ou appliqué) le conseil… car il me semble que certins, pris dans le maelstrom de la gestion quotidienne et les stress multiples ont fait et/ou dit, à certains moments, du n’importe quoi, surtout de l’alarmisme (comme les dernières déclarations sur l’ état «déficitaire» de la CNAS, sur les subenventions et transferts sociaux… des «buzz» garantis!)… apportant ainsi de l’eau au moulin des angoisses sociétales… déjà assez nombreuses.

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