Au‑delà des devises : ce que voyageurs et importateurs doivent désormais déclarer à l’entrée et à la sortie

Au‑delà des devises : ce que voyageurs et importateurs doivent désormais déclarer à l’entrée et à la sortie
Douanes algériennes

Depuis le 1er janvier 2026, les règles ont changé aux frontières algériennes. Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi de finances, les services des douanes appliquent un dispositif élargi en matière de déclaration des devises, des moyens de paiement et de certaines valeurs sensibles.

L’objectif est de renforcer la traçabilité des flux financiers, d’harmoniser les procédures et de se conformer aux standards internationaux de lutte contre le blanchiment d’argent.

🟢 À LIRE AUSSI : Devises en Algérie : une nouvelle loi ferme une porte longtemps ouverte, voici ce qui change concrètement

Dans une instruction interne détaillée, la Direction générale des douanes a précisé la portée exacte de ces nouvelles obligations, désormais pleinement applicables aux voyageurs entrant ou sortant du territoire national.

Déclaration des devises : un seuil unique désormais appliqué à tous

L’un des principaux changements concerne la déclaration des devises. Depuis ce début d’année, tout voyageur est tenu de déclarer les montants à partir de 1 000 euros ou leur équivalent, que ce soit à l’entrée ou à la sortie du territoire.

Cette obligation s’applique sans distinction :

  • Entre résidents et non-résidents
  • Entre nationaux et étrangers

🟢 À LIRE AUSSI : Pas de TVN pour l’importation de véhicules en 2026 ? Ce que dit vraiment la nouvelle note de la Douane

Le texte met fin aux interprétations variables en instaurant un seuil unique, valable pour tous les profils de voyageurs.

Au-delà des devises : ce qui doit obligatoirement être déclaré

La loi de finances 2026 ne se limite plus à la monnaie au sens strict. Le champ de la déclaration a été élargi et englobe désormais plusieurs catégories de biens et de valeurs.

Sont soumis à déclaration :

  • Les devises nationales et étrangères
  • Les moyens de paiement au porteur
  • Les valeurs, titres et effets négociables ou cessibles
  • Les métaux précieux
  • Les pierres gemmes

L’obligation s’applique que ces éléments soient détenus sur le voyageur, placés dans ses bagages ou transportés à l’intérieur de son véhicule.

Déclaration électronique et interdiction d’envoi par courrier

Autre évolution notable, la déclaration électronique devient la règle générale. Les services des douanes entendent ainsi fluidifier les contrôles tout en renforçant la fiabilité des données collectées.

🟢 À LIRE AUSSI : Taxe carburant aux frontières : l’ambassade de Tunisie clarifie et précise les véhicules exemptés

Dans le même temps, le texte est explicite sur un point sensible. L’envoi de devises, de moyens de paiement, de métaux précieux ou de pierres gemmes par courrier, fret ou transport express est strictement interdit. Toute infraction expose son auteur à des sanctions prévues par la législation en vigueur.

Contrôles renforcés et nouveaux pouvoirs pour les douanes

Dans le cadre de l’alignement de l’Algérie sur les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI), les douanes disposent désormais de prérogatives élargies.

Elles peuvent notamment :

  • Demander des informations et documents sur l’origine et la destination des fonds.
  • Constituer des bases de données spécifiques liées aux déclarations.
  • Échanger automatiquement des informations avec la Cellule de traitement du renseignement financier.

🟢 À LIRE AUSSI : Ports algériens saturés : la DG de la marine marchande impose de nouvelles instructions

En cas de soupçon, les montants concernés peuvent faire l’objet d’une saisie conservatoire pouvant aller jusqu’à 30 jours, avec information du procureur de la République et possibilité de recours judiciaire.