Le tribunal criminel de Dar El Beïda a rouvert le dossier du meurtre du jeune Djamel Bensmail, cinq ans après les faits qui avaient profondément choqué l’opinion publique et la scène médiatique nationale. Un crime d’une extrême violence, marqué par l’assassinat de la victime suivi de la profanation de son corps, brûlé en pleine place Abane Ramdane, à Larbaâ Nath Irathen.
Selon le média « Ennahar », la justice a condamné deux accusés en détention à de lourdes peines. Le premier, identifié comme « K. Mohamed-Amine », a écopé de 20 ans de prison ferme. Le second, « S. Ferhat », a été condamné à 10 ans de réclusion. Les deux hommes ont été reconnus coupables de participation à un homicide volontaire avec préméditation et guet-apens.
Sur le plan civil, les deux condamnés ont également été solidairement tenus de verser une indemnisation de 500 millions de centimes à la famille de la victime, en réparation du préjudice subi, ajoute la même source. Cette indemnisation, bien que substantielle, ne saurait effacer la douleur et le traumatisme causés par cet acte barbare.
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Une atmosphère lourde d’émotion : le souvenir d’un crime atroce
Selon toujours « Ennahar », l’audience s’est déroulée dans une atmosphère lourde d’émotion, marquée par le souvenir d’un des crimes les plus atroces de l’été 2021. Djamel Bensmail avait alors été tué par une foule, impliquant au total 119 accusés poursuivis pour des chefs d’inculpation graves. La présence des familles des victimes, ainsi que des témoins, a contribué à cette atmosphère particulièrement pesante.
L’avocate de la partie civile a directement interpellé les accusés, s’appuyant sur ces images prises sur les lieux du drame. Malgré les dénégations persistantes des deux prévenus, elle a affirmé que « personne ne peut nier les faits, les images sont là », pointant la responsabilité morale des accusés dans la mort de la victime.
Les investigations, fondées sur l’exploitation de contenus visuels issus de la scène du crime, ont permis d’identifier l’ensemble des suspects et de déterminer le rôle de chacun. Les deux accusés jugés ont été formellement localisés sur les lieux et impliqués dans les actes de violence ayant conduit à la mort de Djamel Ben Ismaïl.
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Récit des accusés : Entre aveux partiels et tentatives de disculpation
Après les faits, les deux hommes avaient pris la fuite pour échapper à leur arrestation, après avoir été identifiés grâce aux enregistrements vidéo et audio. Ils faisaient l’objet de mandats d’arrêt émis par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed. La cavale n’aura été que de courte durée, les forces de l’ordre ayant rapidement mis la main sur les fugitifs.
À la barre, le principal accusé a reconnu s’être rendu à Larbaâ Nath Irathen le jour des faits, affirmant être venu depuis Tizi Ouzou pour aider les habitants touchés par les incendies, transportant de l’eau et des denrées alimentaires. Il a expliqué avoir été attiré par l’agitation autour d’un véhicule de police et avoir suivi la foule jusqu’à découvrir la présence de la victime à bord.
Le principal accusé : Une version contestée par les preuves
Cependant, ses déclarations, oscillant entre aveux partiels et dénégations, ont été contredites par les expertises techniques. Ses empreintes ont notamment été retrouvées sur le véhicule de police. Des images l’ont également montré en train de tenter de s’approcher de la victime et d’affronter un agent de sécurité. L’accumulation de ces éléments a fragilisé la position de l’accusé.
D’autres éléments visuels présentés par le tribunal l’ont impliqué davantage, le montrant participant à l’extraction de la victime du véhicule, puis à des actes de violence à son encontre alors qu’elle était encore en vie. Le tribunal a mis en lumière la contradiction flagrante entre les dires de l’accusé et les preuves irréfutables.
Le second accusé : Négation et contradictions face aux éléments présentés
Face à ces preuves accablantes, l’accusé s’est retrouvé en difficulté, incapable de justifier sa présence ni ses actes, allant jusqu’à garder le silence à certains moments de l’audience. Ce silence, interprété comme un aveu tacite, a pesé lourd dans la balance de la justice.
Le second accusé, quant à lui, a également nié toute implication. Pourtant, il apparaît dans une vidéo largement relayée, où il monte à bord du véhicule de police et tend une bouteille d’eau à la victime. Une analyse technique a confirmé la présence de ses empreintes sur cette bouteille. Malgré cela, l’accusé a maintenu sa ligne de défense.
Confronté à ces éléments, il a soutenu qu’il distribuait simplement de l’eau aux sinistrés des incendies, niant toute participation au meurtre. Il a affirmé avoir observé les événements à distance, sans jamais intervenir directement.
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