« Arrêtez d’empoisonner les enfants »… Le CHU de Bab El Oued lance un cri d’alarme

« Arrêtez d’empoisonner les enfants »… Le CHU de Bab El Oued lance un cri d’alarme
CHU Bab El Oued

Le service de toxicologie du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Mohamed Lamine Debaghine (EX Maillot) a lancé un appel à la vigilance urgent suite au décès tragique d’un nourrisson et à l’augmentation alarmante des cas d’intoxication aiguë au plomb chez les bébés.

La cause identifiée est l’administration orale de kohl (produit cosmétique traditionnel) à des fins traditionnelles ou thérapeutiques.

Dans un communiqué diffusé sur la page Facebook de l’hôpital, le service a révélé avoir traité plusieurs cas critiques, notamment :

  • Le décès d’un nourrisson de 14 mois dont le taux de plombémie a
  • L’intoxication d’un bébé de 19 mois avec un taux de 52.5 microgrammes / litre.
  • Un autre nourrisson de 12 mois présentant un niveau extrêmement élevé de 722.4 microgrammes / litre et souffrant de complications aiguës graves.
  • Un cas suspecté concernant un bébé de 10 mois.

CHU Bab el Oued : Décès d’un bébé et vague d’intoxications mortelles au plomb par le Kohl

Rappelons que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) fixe le seuil d’alerte à 50 microgrammes / litre chez l’enfant. Plusieurs cas dépassent ce seuil de manière exponentielle, confirmant une intoxication sévère et potentiellement mortelle.

En effet, le plomb est un neurotoxique puissant. Si ses effets sont délétères pour tout être humain, ils sont particulièrement dévastateurs chez les nourrissons et les jeunes enfants dont le système nerveux est en plein développement. L’exposition peut entraîner :

  • Une anémie aiguë.
  • Des convulsions.
  • Un coma, pouvant mener au décès.

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Même si l’enfant survit, il reste exposé à des lésions permanentes telles que le retard de croissance, des troubles comportementaux et un déficit cognitif.

Le CHU de Bab El Oued insiste sur le fait que ces pratiques traditionnelles, motivées par la croyance en des vertus curatives, mettent directement la vie et l’avenir de ces enfants en danger.

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L’utilisation orale du Khôl dans un but non cosmétique, notamment pour soigner ou « fortifier » les nourrissons, est une méthode d’empoisonnement involontaire. Les professionnels de santé lancent un appel pressant aux familles, aux communautés et aux tradipraticiens pour mettre un terme immédiat à l’administration de Khôl par voie orale, quelle que soit la raison invoquée.

Cette situation tragique rappelle avec force que certaines pratiques traditionnelles, bien qu’ancrées dans la culture, peuvent mettre en péril la vie des nourrissons. Les cas d’intoxication au plomb liés au Khôl signalés par le CHU de Bab El Oued doivent servir d’alerte nationale.

Protéger les enfants exige aujourd’hui une mobilisation collective : sensibilisation des familles, vigilance des professionnels de santé et abandon définitif de l’usage oral du Khôl. Sauver des vies passe par l’information, la prévention et le rejet de toute pratique pouvant compromettre la santé des plus vulnérables.