Espagne : comment 7 428 Algériens ont obtenu un titre de séjour par l’arraigo

Au 30 juin 2026, 7 428 Algériens résidaient en Espagne grâce à une autorisation par « arraigo ». Leur nombre a progressé de 43,6 % en un an, selon les statistiques officielles espagnoles. Voici comment fonctionne ce mécanisme d’enracinement, et les conditions pour en bénéficier.
L’Espagne compte une communauté algérienne en croissance régulière. De plus en plus de ses membres y obtiennent un titre de séjour par la voie de l’arraigo. Ce dispositif d’enracinement reste pourtant mal connu, alors qu’il obéit à des règles précises.
7 428 Algériens titulaires d’un arraigo
Selon l’Observatoire permanent de l’immigration, 7 428 Algériens détenaient une autorisation de résidence par arraigo au 30 juin 2026. Ils n’étaient que 5 174 un an plus tôt, soit une hausse de 43,6 %. L’Observatoire a publié ces chiffres le 30 septembre.
La progression s’est fortement accélérée ces dernières années. Le nombre d’Algériens concernés a été multiplié par dix en quatre ans : il ne dépassait pas 743 en juin 2022. L’Algérie figure désormais parmi les 25 principales nationalités bénéficiaires du dispositif.
L’arraigo socio-professionnel arrive en tête, avec 2 092 bénéficiaires algériens, soit 28 %. Suivent l’arraigo familial (1 909, soit 26 %) et l’arraigo socio-formatif (1 528, soit 21 %). L’ancien arraigo pour formation concerne encore 1 358 personnes, l’arraigo social 476 et celui de « seconde chance » 53.
Trois autorisations sur quatre sont des premières délivrances, les autres des prolongations ou des modifications. Pour 58 % des bénéficiaires, il s’agit même de leur première autorisation de résidence en Espagne.
Les bénéficiaires restent majoritairement des hommes : 5 640, contre 1 788 femmes, soit 24 %. La moitié a entre 33 et 49 ans, et près de quatre sur dix entre 16 et 32 ans.
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L’arraigo, comment ça marche ?
L’arraigo désigne une autorisation de résidence accordée pour « circonstances exceptionnelles ». Elle permet à un étranger déjà présent en Espagne de régulariser sa situation s’il démontre des liens solides avec le pays. Ces liens peuvent être sociaux, professionnels, familiaux ou liés à une formation.
Le règlement espagnol des étrangers prévoit cinq formes d’arraigo. Il s’agit de l’arraigo social, socio-professionnel, socio-formatif, familial et de « seconde chance ». Créée par la réforme, cette dernière vise les étrangers qui n’ont pas pu renouveler leur autorisation de résidence. Ils doivent l’avoir détenue au cours des deux années précédentes.
Les statistiques recensent encore deux formes antérieures à la réforme : l’arraigo pour formation et l’arraigo professionnel. Leurs titulaires conservent leur autorisation jusqu’à son expiration.
Les conditions depuis la réforme de 2025
Le cadre actuel découle du nouveau règlement des étrangers, adopté par le décret royal 1155/2024 du 19 novembre 2024. Publié au Bulletin officiel de l’État espagnol le 20 novembre, il est entré en vigueur le 20 mai 2025. Un décret royal du 14 avril 2026 l’a depuis modifié.
La réforme a réduit la durée de présence exigée en Espagne à deux ans, contre trois auparavant pour l’arraigo social. Le demandeur ne doit pas avoir de casier judiciaire en Espagne ni dans ses pays de résidence antérieurs.
Chaque forme d’arraigo impose en outre une condition propre :
- socio-professionnel : un ou plusieurs contrats totalisant au moins 20 heures par semaine, payés au salaire minimum ou plus ;
- socio-formatif : une inscription à une formation reconnue, ou l’engagement d’en suivre une ;
- social : des liens familiaux en Espagne ou un rapport d’intégration délivré par les autorités régionales ;
- familial : un lien familial avec un citoyen espagnol ;
- seconde chance : avoir détenu une autorisation de résidence au cours des deux dernières années.
L’autorisation par arraigo socio-professionnel est valable un an, selon la fiche officielle du ministère. Sa durée varie selon les autres formes d’arraigo, comme ses conditions de renouvellement.
Les conditions dépendent de la situation de chaque demandeur et peuvent évoluer. Avant toute démarche, renseignez-vous auprès des services de l’immigration espagnols ou d’un avocat. Cette précaution permet d’éviter les refus liés à un dossier incomplet.
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La procédure à suivre
La demande se dépose auprès de l’Oficina de Extranjería de la province de résidence, ou par voie électronique. Le demandeur doit prouver la durée de sa présence en Espagne, notamment par son inscription au registre municipal, le padrón. Il fournit aussi son passeport, un extrait de casier judiciaire et les pièces propres au type d’arraigo choisi.
Le demandeur doit aussi acquitter une taxe administrative, au moyen du formulaire officiel 790, code 052. Il dispose de dix jours ouvrables pour la payer. L’administration a ensuite trois mois pour répondre : passé ce délai, son silence vaut refus. Pour l’arraigo socio-professionnel, l’autorisation ne prend effet qu’après l’affiliation à la Sécurité sociale, dans le mois suivant.
Aucune démarche ne garantit une régularisation, qui reste soumise à l’examen de chaque dossier. Il convient donc de se méfier des intermédiaires qui promettent un résultat assuré. Madrid a d’ailleurs récemment mis en garde les candidats au départ contre les promesses des passeurs.
À ne pas confondre avec la régularisation extraordinaire
L’arraigo constitue un dispositif permanent, prévu par le règlement des étrangers. Il se distingue de la régularisation extraordinaire, instaurée par le décret royal 316/2026 du 14 avril 2026. Ouverte le 16 avril, cette opération ponctuelle a pris fin le 30 juin pour le dépôt des demandes.
Selon le bilan du ministère espagnol de l’Inclusion du 2 juillet, les candidats ont déposé 1 174 978 demandes. L’administration en avait déjà traité 609 737 à la clôture du dépôt. Près de 80 % relevaient de l’arraigo extraordinaire, le reste concernant des demandeurs de protection internationale.
L’instruction de ces dossiers relève d’une procédure distincte de celle de l’arraigo. D’autres voies d’installation légale existent pour les Algériens. Les proches de citoyens espagnols peuvent ainsi obtenir un titre de séjour de cinq ans, à des conditions différentes.
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