La Russie a levé le voile sur ses priorités en matière de coopération militaire internationale. Dans un entretien accordé à un magazine russe et relayé par plusieurs médias spécialisés, le directeur du Service fédéral russe de coopération militaro-technique, Dmitry Shugayev, a dressé un état des lieux sans ambiguïté, où l’Algérie conserve sa place parmi les trois premiers partenaires de Moscou dans le domaine de la défense, aux côtés de l’Inde et de la Chine. Une position qui, selon le responsable russe lui-même, demeure « inchangée » malgré les turbulences géopolitiques qui secouent le secteur de l’armement mondial depuis plusieurs années.
L’Algérie, l’Inde et la Chine : le trio de tête de la coopération militaro-technique russe reste intact malgré les pressions internationales
C’est une confirmation qui en dit long sur la solidité des liens entre Alger et Moscou. Dmitry Shugayev a été explicite : « le trio traditionnel composé de l’Inde, de la Chine et de l’Algérie reste inchangé ». Une formulation qui traduit non seulement la régularité des échanges bilatéraux, mais aussi leur résistance aux bouleversements provoqués par le conflit en Ukraine et aux sanctions occidentales frappant l’industrie russe de défense depuis 2022.
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Pour l’Algérie, cette position de partenaire privilégié s’ancre dans une relation militaire construite sur plusieurs décennies, parmi les plus anciennes entre Moscou et un pays africain. Les acquisitions algériennes couvrent un spectre large :
- Avions de combat : appareils de la famille Sukhoi et Mig, qui forment l’épine dorsale de la force aérienne nationale
- Systèmes de défense antiaérienne : dont des équipements de la gamme S-300 et S-400
- Matériels pour les forces terrestres : chars, véhicules blindés et artillerie
Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) place d’ailleurs l’Algérie depuis plusieurs années parmi les principaux importateurs mondiaux d’armements russes, une donnée qui confirme l’ampleur réelle de cette coopération.
Au-delà de l’Algérie : comment la Russie structure ses partenariats militaires en Afrique et au Moyen-Orient
Les déclarations de Shugayev dessinent également la carte plus large des intérêts russes en matière de défense. Outre le trio de tête, Moscou maintient des liens actifs avec un nombre significatif de pays, notamment sur le continent africain et au Moyen-Orient. L’Iran, les Émirats arabes unis, l’Égypte, la Syrie, l’Éthiopie, la République démocratique du Congo, l’Ouganda et le Rwanda figurent parmi les partenaires cités.
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Ces déclarations interviennent dans un contexte où la Russie cherche à préserver ses débouchés commerciaux dans l’armement alors que les restrictions financières et logistiques imposées par les pays occidentaux compliquent ses exportations. L’Afrique et le Moyen-Orient constituent dans ce cadre des zones où Moscou entend maintenir son influence sécuritaire et diplomatique.
En Afrique du Nord, l’Algérie joue un rôle central dans cette stratégie. La visite officielle du président Abdelmadjid Tebboune à Moscou en juin 2023, à l’invitation de Vladimir Poutine, en avait déjà illustré la profondeur. Les discussions entre les deux chefs d’État avaient notamment mis l’accent sur le renforcement du partenariat stratégique, avec les volets énergétique, industriel et militaire au cœur des échanges.
