Envoi de troupes algériennes au Niger : le Parlement donne son feu vert

Réuni ce dimanche, le Conseil de la nation a entériné à l’unanimité la décision du président de la République d’envoyer une unité de l’Armée nationale populaire au Niger. D’après des sources parlementaires citées par El-Khabar, la mission confiée à ce détachement porte essentiellement sur la sécurisation des installations pétrolières situées sur le territoire nigérien.
La procédure n’est pas encore achevée. Les députés de l’Assemblée populaire nationale doivent se prononcer à leur tour dans la soirée, après que les présidents des groupes parlementaires auront pris la parole. Ce double passage devant les deux chambres répond aux exigences constitutionnelles encadrant tout engagement de forces algériennes hors des frontières nationales.
Le déploiement de l’armée algérienne au Niger vise les sites pétroliers
La finalité de l’opération a été clairement circonscrite : il s’agit de protéger des infrastructures énergétiques, et non d’engager des combats, ajoute El-Khabar. Cette formulation restreinte traduit la ligne constante d’Alger, longtemps réticente à toute projection de troupes à l’étranger. Le périmètre retenu limite l’engagement à une mission défensive, centrée sur des sites stratégiques.
L’enjeu dépasse le seul voisin sahélien. Les intérêts algériens dans le secteur énergétique nigérien se sont considérablement étoffés depuis deux ans. Sonatrach a notamment signé trois protocoles d’accord avec la compagnie nationale SONIDEP en juin dernier, couvrant l’exploration, le forage et la distribution.
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Un protocole militaire signé entre Alger et Niamey prépare le terrain
Ce vote parlementaire ne surgit pas de nulle part. Selon toujours El-Khabar, il prolonge une séquence diplomatique dense entamée bien avant. La visite du ministre d’État nigérien chargé de la Défense nationale, Salifou Modi, reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, a débouché sur la signature d’un protocole de coopération militaire avec le Général d’Armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’ANP.
Ce texte consacre un rapprochement stratégique et sécuritaire assumé. Il organise la sécurisation de la frontière commune, l’échange d’expertises en matière de lutte antiterroriste et la réponse aux demandes formulées par Niamey pour renforcer les capacités opérationnelles de son armée.
Les signaux s’étaient multipliés ces derniers mois. En août, un appareil de transport militaire décollait d’In Guezzam avec, à son bord, quatre hélicoptères accompagnés de munitions et de matériel de maintenance destinés aux forces nigériennes. Fin août, après la mutinerie avortée de la base aérienne 101, deux patrouilles de Sukhoï Su-30 se posaient à l’aéroport de Niamey, escortées d’un avion ravitailleur.
La doctrine défensive algérienne s’adapte aux menaces du Sahel
Dans les cercles politiques et partisans, l’argumentaire avancé pour justifier cet engagement tourne autour d’un constat : l’environnement régional a changé de nature. Les menaces ignorent désormais les frontières. Conflits à répétition au Sahel, implantation de groupes terroristes, criminalité organisée, trafics d’armes et de stupéfiants composent un tableau que la doctrine défensive algérienne ne pouvait plus ignorer.
Deuxième registre de justification, la défense des intérêts vitaux du pays. L’idée défendue consiste à adopter une posture sécuritaire anticipative, partant du principe que la stabilité intérieure de l’Algérie reste indissociable de ce qui se joue à ses portes et au-delà.
Le volet énergétique éclaire également cette décision. La coopération entre les deux capitales s’est intensifiée au fil de l’année, avec notamment la venue d’experts nigériens du pétrole pour une mission technique de plusieurs jours auprès de Sonatrach. En septembre, le ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab s’était rendu à Niamey pour faire le point sur le chantier du Gazoduc Transsaharien et la raffinerie de Zinder.
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