Après une brève accalmie durant les premières semaines du ramadhan: Hausse vertigineuse des prix du poulet à Oran

Après une brève accalmie durant les premières semaines du ramadhan: Hausse vertigineuse des prix du poulet à Oran

Par J. Boukraa.

Après une brève accalmie durant les premières semaines du ramadhan: Hausse vertigineuse des prix du poulet à Oran

  Les prix de la viande blanche et particulièrement le poulet ont connu une hausse record ces derniers jours. Le prix du poulet vidé (un poulet entier) est passé ainsi de 280 dinars au début du mois de ramadhan à 380 voire 400 dinars le kilo. En détail, le kilo est cédé entre 420 et 430 dinars. Autre conséquence de cette envolée, les prix du poulet rôti ont été revus à la hausse dans les rôtisseries. Ils oscillent désormais entre 700 et 1.000 dinars l’unité. Des prix qui dissuadent les consommateurs les plus téméraires. En raison de la consommation croissante du poulet de chair durant cette période, la demande en viandes blanches est en forte hausse. Leurs prix aussi.

Le marché local a connu une accalmie durant la première quinzaine du mois de mai. Le poulet était cédé à 280 dinars le kilo mais ces derniers jours les prix ont connu une nouvelle hausse. Selon certains détaillants, la multiplication des intermédiaires est à l’origine de l’envolée des prix. D’autres l’expliquent par l’éternelle équation de l’offre et la demande. Pour les professionnels du secteur, «il faut qu’il y ait une stratégie claire pour arriver à vraiment réguler le marché. Celle-ci ne peut être efficace que si on prend en compte les besoins réels de notre marché local pour qu’on puisse, par voie de conséquence, organiser tous les maillons de la production afin d’éviter tout dérèglement ou écart démesuré en matière des tarifs».

Cette hausse est due, selon un boucher, à l’absence d’un plan de production avicole stable. Chacun se livre alors à la spéculation et les prix ne peuvent qu’augmenter. La hausse est aussi justifiée en grande partie par l’interruption volontaire du travail de certains éleveurs avicoles qui dénoncent la concurrence inégale qu’ils subissent de la part des éleveurs non déclarés. Ces derniers ont décidé de suspendre leur activité en attendant de trouver une solution. Les pertes se chiffrent en milliards pour certains qui respectent à la lettre l’itinéraire technique de la filière. « Avec l’augmentation du prix des aliments du poulet de chair, que nous payons plus de 5.000 dinars le quintal, plus ce que nous coûte la main-d’œuvre et d’autres dépenses encore, il nous sera impossible de tenir la route et de poursuivre notre activité », affirment les aviculteurs.

C’est dire que les raisons de cette frénésie des prix sont bien ailleurs et que seule une autorité de régulation est à même de mettre fin au diktat des intermédiaires qui ne reculent devant rien pour « déplumer » le consommateur. D’ailleurs, les nombreux ménages qui ont déjà éliminé les viandes rouges de leur couffin en raison de sa cherté n’ont pas caché leur désapprobation et ne comprennent pas les raisons qui ont poussé les bouchers à fixer ces prix prohibitifs. Quant au prix pratiqué sur les autres viandes blanches, à l’image de la dinde, mieux vaut ne pas en parler du moment que le kilo est écoulé entre 450 DA et 500 DA, alors que l’escalope s’est vendue à 1000 DA/kg. Ce qui n’a pas manqué de perturber un marché avicole déjà fragilisé par d’autres charges dont le prix des aliments de volaille qui, en raison de leur cherté, ont fait disparaître plusieurs éleveurs aux moyens limités.