Ce n’est pas un hasard si l’on parle aujourd’hui d’étendre à d’autres rivages l’expérience menée sous les eaux de la baie d’Oran. Là, des structures immergées ont peu à peu redonné vie à un écosystème marin fragilisé, au point de devenir une référence.
Né d’un partenariat entre l’Algérie et le Japon, ce projet de récifs artificiels a transformé une portion du littoral oranais en véritable nurserie pour la faune aquatique.
Fort de ces résultats, le gouvernement algérien prépare désormais une phase d’extension vers d’autres wilayas côtières, avec l’appui technique de l’Agence japonaise de coopération internationale, la JICA. Une rencontre récente entre responsables algériens et japonais a permis de faire le point sur cette coopération et de tracer les contours de son prolongement.
L’expérience pionnière de Bousfer, point de départ de la coopération algéro-japonaise dans la filière halieutique
En 2015, lorsqu’un premier module en béton a sombré dans les eaux cristallines de la baie de Bousfer, à Oran, c’était l’aboutissement d’un pari audacieux. Celui de redonner vie à des fonds marins appauvris par des décennies de pression anthropique. Quelques mois plus tard, des plongeurs spécialisés dans l’observation des milieux marins ont constaté une véritable métamorphose.
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Là où ne régnait qu’un désert de sable, plusieurs dizaines d’espèces animales et végétales avaient déjà colonisé la structure. Leur nombre n’a cessé de croître au fil des saisons, jusqu’à dépasser la centaine d’espèces aujourd’hui recensées. Ce premier récif artificiel algérien s’est ainsi mué en véritable laboratoire à ciel ouvert. Suivi de près par les chercheurs et les académiciens qui en étudient l’évolution.
Ce succès initial est le fruit d’une coopération de longue haleine entre l’Algérie et le Japon. Une collaboration qui ne se limite plus aujourd’hui aux seules côtes oranaises.
Skikda, Tizi Ouzou, Tipaza et Jijel bientôt dotées de récifs artificiels
Fort de ce bilan probant, le gouvernement a décidé de passer à la vitesse supérieure. Le secteur a annoncé l’extension de cette expérience pilote à plusieurs nouvelles wilayas côtières. Avec un accent particulier mis sur la promotion de la pêche artisanale.
Pour accompagner ce déploiement, des experts japonais spécialisés dans la cogestion des pêcheries et des récifs artificiels apportent leur appui technique sur le terrain.
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La coopération algéro-japonaise dans ce projet porte notamment sur le suivi de l’évolution des installations déjà en place. Ainsi que sur l’accompagnement des nouveaux sites en cours de développement. Dont certains ont fait l’objet d’études de faisabilité préalables menées par des chercheurs universitaires.
Des « maisons à poissons » : un modèle de cogestion pour protéger durablement les ressources halieutiques
L’ambition de cette démarche dépasse le simple cadre écologique. Il s’agit d’instaurer un véritable modèle de cogestion des pêcheries artisanales. Les récifs offrent des habitats naturels propices à la reproduction des poissons et des organismes marins. Contribuent au renforcement de la biomasse marine dans les zones concernées. Et participent à la protection des ressources halieutiques contre la surexploitation. Ils soutiennent également l’activité de la pêche traditionnelle en lui garantissant une forme de pérennité.
Enfin, dans ce cadre, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a indiqué qu’un programme est en cours d’élaboration en coopération avec le Japon pour la réhabilitation des récifs artificiels. Ce qui contribuera à renforcer la biomasse dans les eaux côtières et à accroître les volumes de captures.
