Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, est revenu dans La Grande Interview Europe1-CNews ce jeudi 7 mai, sur l’état des relations entre la France et l’Algérie en matière migratoire et sécuritaire.
Alors que sa visite à Alger le mois de février dernier a suscité de vives critiques, notamment de la part de la droite française, Nunez a défendu une stratégie de « dialogue exigeant » avec Alger, estimant que la politique du bras de fer de Bruno Retailleau n’avait pas porté ses fruits.
Pour rappel, en février dernier, le ministre s’était rendu à Alger en réponse à l’invitation de son homologue algérien. Lors de cette visite, plusieurs sujets sensibles ont été discutés, notamment sur les plans sécuritaires et migratoires.
140 laissez-passer délivrés
Interrogé sur les résultats concrets obtenus lors de sa visite en Algérie, Laurent Nunez a affirmé que la situation s’était nettement améliorée concernant les laissez-passer consulaires, indispensables pour la reconduite des ressortissants algériens en situation irrégulière en France.
« Quand je suis allé en Algérie à la mi-février, nous n’avions aucun laissez-passer délivré depuis le début de l’année (…) Depuis que je suis allé en Algérie, c’est reparti : nous avons eu 120 laissez-passer délivrés et, hier, nous avons dépassé les 140 » explique-t-il.
Cependant, le ministre français de l’Intérieur estime que ces chiffres sont insuffisants, tout en considérant qu’ils marqueraient une reprise significative de la coopération entre Paris et Alger : « Évidemment, il faut qu’on fasse mieux, qu’on fasse plus, mais les choses se sont réamorcées ».
«On ne peut pas ne pas avoir de relation avec l’Algérie», selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
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— CNEWS (@CNEWS) May 7, 2026
Nunez rejette l’idée d’une « soumission » face à Alger
Répondant aux critiques l’accusant d’adopter une approche « trop conciliante » avec l’Algérie, le ministre a rejeté toute idée de « soumission ». D’ailleurs, il rappelle l’importance de maintenir des relations étroites entre les deux pays, notamment sur les questions de sécurité et de migration : « On est dans un dialogue exigeant. Ce sont deux grands États qui se parlent ».
Par ailleurs, au cours de l’entretien, il a reconnu que la stratégie de confrontation menée ces derniers mois n’avait pas permis d’obtenir des résultats concrets : « Il fallait sortir de cette logique de bras de fer, d’opposition frontale avec l’Algérie ».
Au sujet des vols groupés de reconduite, Laurent Nunez affirme que leur réorganisation fait actuellement l’objet de discussions avec les autorités algériennes : « C’est l’autre élément sur lequel il faut qu’on aboutisse maintenant assez vite ».
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