Treize ans, 123 sélections, huit buts, et une conscience tranquille. Aïssa Mandi a officiellement annoncé sa retraite internationale, dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux. Le défenseur de 34 ans le plus capé en sélection tourne ainsi la page d’une aventure entamée en novembre 2013, avec la même dignité qui l’a caractérisé tout au long de sa carrière en sélection.
« Il est venu le moment pour moi de vous dire au revoir. Jamais ce 10 novembre 2013 je n’aurais imaginé porter ce maillot autant de fois », a-t-il déclaré dans son message d’adieu, avant d’évoquer « cette deuxième étoile qui marque à jamais l’histoire de notre pays. »
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Mandi, recordman des sélections algériennes, s’en va la tête haute
Appelé pour la première fois sous Vahid Halilhodzic, le défenseur central formé au Stade de Reims a traversé deux décennies de football algérien à un niveau d’exigence constant. Sa dernière apparition remonte au 3 juillet dernier, lors de la défaite face à la Suisse (0-2) en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. C’est au sortir de ce match qu’il avait refusé de se prononcer sur son avenir, estimant que « son cas personnel ne passait pas avant la déception d’un groupe ou d’un peuple. »
Quelques semaines plus tard, la décision est tombée, nette et sans ambiguïté. Avec 123 capes au compteur, Mandi devance tous ses prédécesseurs dans les annales de la sélection nationale. Deux Coupes du monde, cinq Coupes d’Afrique des nations, et un titre continental en 2019 : le palmarès parle de lui-même.
« C’est dur de tourner la page, mais je pars avec la conscience tranquille, le sentiment du devoir accompli. Ce qui me rend le plus fier, c’est qu’en douze ans, je n’ai jamais triché, et ça personne ne pourra me l’enlever », a-t-il affirmé dans son message.
Une carrière en club qui continue à Levante après des années en Liga et en Ligue 1
Sur le plan des clubs, le parcours de Mandi reflète une progression constante vers les sommets du football européen. Après ses débuts professionnels à Reims, il a rejoint le Real Betis en 2016, où il a passé cinq saisons solides avant de s’engager avec Villarreal en 2021. Trois ans plus tard, c’est le LOSC Lille qui l’accueille, club avec lequel il dispute 71 matchs en deux saisons.
Sa retraite internationale n’est pas synonyme d’arrêt du football. Récemment, le défenseur a paraphé un contrat de deux saisons avec Levante UD, club espagnol de deuxième division, prouvant que sa motivation de joueur reste intacte malgré la fin de l’aventure en sélection.
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Un message d’adieu aux valeurs fortes pour la nouvelle génération des Verts
Dans son allocution, Mandi n’a pas seulement remercié. Il a transmis. « J’espère avoir transmis à la nouvelle génération ce que représente l’équipe nationale d’Algérie. J’ai fait beaucoup de sacrifices, mais je ne regrette rien », a-t-il confié, avant de s’adresser directement aux supporters : « À ceux qui ne nous ont jamais abandonnés dans les moments les plus difficiles, votre soutien m’a donné une force incroyable. »
Le joueur a également tenu à saluer l’ensemble des acteurs qui ont jalonné son parcours, des présidents de la Fédération aux membres des différents staffs techniques, en passant par ses coéquipiers, qu’il appelle « mes frères. » Trois valeurs résument, selon lui, ce qu’il a voulu incarner : « le respect, le travail et la solidarité. »
Ce message résonne d’autant plus fort que la sélection algérienne traverse une période de transition. La retraite internationale de Riyad Mahrez, annoncée au soir du même match face à la Suisse, avait déjà marqué les esprits. Mandi devient ainsi le deuxième cadre historique à officialiser son retrait dans la foulée du Mondial 2026.
Une génération dorée qui s’efface progressivement
La retraite de Mandi s’inscrit dans un mouvement de fond. Plusieurs piliers de la génération qui a conquis la CAN 2019 en Égypte tirent leur révérence les uns après les autres. Riyad Mahrez, auteur d’un Mondial 2026 remarquable avec notamment un doublé face à l’Autriche, avait annoncé son retrait dès le coup de sifflet final contre la Suisse.
Selon des informations parues mi-juillet, Baghdad Bounedjah et Youcef Belaïli devraient à leur tour officialiser leur retraite internationale avant la prochaine trêve, laissant le futur sélectionneur face à un chantier de reconstruction considérable.
