Dans le sillage du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, plusieurs nations asiatiques, dont le Vietnam, se tournent vers l’Algérie pour sécuriser leurs approvisionnements énergétiques. Une dynamique qui propulse Alger au rang de partenaire stratégique incontournable sur l’échiquier mondial.
Les hostilités militaires ayant éclaté entre les États-Unis, Israël et l’Iran fin février et courant mars 2026 ont profondément bouleversé le marché mondial de l’énergie. Les répercussions sur les routes maritimes au Moyen-Orient sont immédiates : les frappes iraniennes sur des sites pétroliers dans le Golfe ont exacerbé les craintes quant à la stabilité du détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce mondial de brut et de gaz.
Dans ce contexte de haute volatilité, une analyse de la plateforme spécialisée Attaqa souligne un regain d’activité majeur dans le secteur des hydrocarbures en Afrique du Nord. L’Algérie, en particulier, apparaît comme la pierre angulaire de cette nouvelle configuration régionale, capitalisant sur la hausse des prix et la nécessité pour les pays importateurs de diversifier leurs sources.
Espagne et Italie : Pourquoi le gaz algérien évince désormais ses concurrents
Le gaz naturel algérien renforce sa domination sur le Vieux Continent. Alger a récemment mené des discussions stratégiques avec Rome et Madrid pour compenser l’interruption partielle des livraisons qataries.
- Espagne : Des négociations sont en cours pour augmenter le flux via le gazoduc Medgaz, visant à passer de 28 à 32 millions de mètres cubes par jour, soit une hausse de 12,5%. Selon le journal The Objective, Madrid privilégie la stabilité et le coût compétitif du gaz transporté par pipeline face à la volatilité du GNL (Gaz Naturel Liquéfié). Sur l’année écoulée (mars 2025 – février 2026), l’Algérie a fourni 107 114 GWh à l’Espagne, soit 34,1% de ses importations totales, devançant les États-Unis et la Russie.
- Italie : Rome a officiellement sollicité des volumes supplémentaires après que le gaz qatari, qui représentait un tiers de ses importations, a subi des perturbations de livraison. La Première ministre Giorgia Meloni a réitéré l’importance du gazoduc Transmed (via la Tunisie) comme source d’approvisionnement stable et sécurisée.
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Crise au Moyen-Orient : Pourquoi l’Asie place désormais ses pions en Algérie
La crise énergétique dépasse désormais les frontières de l’Europe. Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a reçu des demandes pressantes de plusieurs pays asiatiques.
Le 18 mars dernier, le Premier ministre vietnamien, Pham Minh Chinh, s’est entretenu par téléphone avec son homologue algérien pour solliciter le soutien de l’Algérie en matière de pétrole et de gaz naturel.
Face à cette demande, Ghrieb a réaffirmé l’engagement d’Alger à garantir la sécurité énergétique du Vietnam, tout en exprimant sa volonté d’élargir la coopération bilatérale aux secteurs de l’agriculture, de l’investissement et de la culture.
L’Inde entre dans la danse : Ce nouveau partenaire qui courtise la Sonatrach
En parallèle, l’Inde renforce également ses positions à Alger avec la visite officielle de Nina Malhotra, secrétaire d’État indienne, venue sceller une alliance stratégique lors de la 7ème session des consultations politiques bilatérales.
New Delhi a formellement exprimé son intérêt pour le gaz de pétrole liquéfié (GPL) et les produits pétroliers, tout en affichant une volonté de transfert technologique. De son côté, le ministre d’État Mohamed Arkab a invité les entreprises indiennes à investir massivement dans l’ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures, ainsi que dans les secteurs minier et du dessalement d’eau de mer, confirmant ainsi que l’Algérie est devenue, en ce mois de mars 2026, le carrefour incontournable des ambitions énergétiques asiatiques.
