La Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG), a revu à la baisse ses prévisions relatives à la croissance de la demande interne de gaz naturel à l’horizon 2019.
La Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG), a revu à la baisse ses prévisions relatives à la croissance de la demande interne de gaz naturel à l’horizon 2019. Dans son programme indicatif d’approvisionnement du marché national en gaz (PIG), pour la période 2010-2019, la CREG prévoit une demande de 55,3 milliards de m3 en 2019, selon le scénario fort, soit une évolution annuelle de 7,1%. Sur la période 1998-2009, la consommation globale a évolué à un rythme annuel moyen de 3,8%, passant de 18,2 milliards de m3 en 1998 à 27,5 milliards de m3 en 2009. La plus grande partie (74%, soit 20,303 milliards de m3 en 2009) de la consommation globale, est le fait des centrales électriques et de la clientèle des sociétés de distribution.
Le reste de la consommation (26%, soit 7,202 milliards de m3), est destiné aux clients de Sonatrach. La consommation des centrales électriques a représenté 43% de la consommation globale en 2009, contre 42% en 2005.
Elle a évolué à un rythme annuel moyen de 3,8%, passant de 10,267 milliards de m3 en 2005 à 11,937 milliards de m3 en 2009. Durant cette période, le parc de production a évolué considérablement avec la mise en service de plusieurs centrales électriques et le déclassement d’autres installations.
Ceci a entrainé une amélioration de la consommation spécifique du parc de production de 2.99 th/kWh en 2005 à 2.69 th/kWh en 2009. Concernant les clients industriels des sociétés de distribution, leur consommation a représenté 10% de la consommation globale en 2009, contre 9% en 2005 et a évolué à un rythme annuel moyen de 5,7%, passant de 2,093 milliards de m3 en 2005 à 2,615 milliards de m3 en 2009. Les distributions publiques ont consommé 5,751 milliards de m3 en 2009 contre 3,970 milliards de m3 en 2005, soit une croissance annuelle moyenne de 9,7%. La consommation des clients a atteint 7,202 milliards de m3 en 2009, contre 7,913 en 2005, soit un rythme d’évolution annuel moyen de -2,2%. Leur part dans la consommation nationale ne représente plus que 26% en 2009, contre 33% en 2005.
La comparaison, entre la consommation nationale enregistrée en 2009 (27.505 Gm3) et celle estimée dans le précédent programme indicatif, fait ressortir des écarts de -862 millions m3 (-3%) pour le scénario moyen et de -539 millions m3 (-1,9%) pour le scénario faible. Cet écart s’explique principalement par la surestimation de la consommation des clients de Sonatrach.
La consommation des clients de Sonatrach connaitrait l’évolution la plus importante.
La demande progressera selon le scénario moyen, à un rythme annuel moyen de 5%, passant de 27,5 milliards de m3 en 2009, pour atteindre les 45,189 milliards de m3 en 2019. Le scénario fort prévoit un haut niveau de développement socio-économique avec l’intégration de plusieurs projets industriels.
La demande globale en 2019 atteindra 55,267 milliards de m3, soit une évolution annuelle moyenne de 7,1% dans ce scénario. Le scénario faible donne un rythme de croissance annuel moyen de 4,3%, correspondant à une demande en gaz de 42,037 milliards de m3 en 2019. « Ces prévisions sont plus faibles que les projections du programme indicatif précédent pour les raisons suivantes : révision des plannings d’apparition des gros projets industriels de Sonatrach ; prise en compte du nouveau parc de production électrique ; révision à la baisse de certaines hypothèses » explique la CREG.
Selon le scénario moyen, la consommation des centrales électriques atteindrait 15,582 milliards de m3, soit un taux de croissance annuel moyen de 2,7% ; ce scénario correspond à une hausse de 5% de la production électrique. Dans le cas du scénario fort, cette consommation évoluerait avec un taux de croissance annuel moyen de 4,7% pour atteindre 18,860 milliards de m3 à l’horizon 2019. Le scénario faible prévoit une évolution de la production de 4%, d’où une hausse de la consommation en gaz de 2% ; ce qui donnerait en fin de période un volume de 14,005 milliards de m3.
Pour les Clients industriels des sociétés de distribution, à l’horizon de prévision, cette consommation atteindrait 4,922 milliards de m3 pour le scénario moyen, soit un rythme annuel moyen de 6,5% correspondant à une évolution du PIB de 4%. Pour le scénario fort, la consommation évoluerait selon un taux de croissance annuelle moyen de 8,1% pour atteindre un volume de 5,688 milliards de m3.
Le scénario faible prévoit un niveau de 4,304 milliards de m3, correspondant à une hausse annuelle moyenne de 5,1%. La consommation des clients de Sonatrach connaitrait l’évolution la plus importante, avec un taux de croissance annuel moyen de 7% durant toute la période pour le scénario de base (moyen) pour atteindre un niveau de 14,2 milliards de m3 en 2019.
Ceci est dû aux hypothèses prises en considération sur l’apparition des nouveaux projets pétrochimiques prévu avec un retard par rapport au programme indicatif précédent, dont : le projet d’ Ammoniac Orascom prévu en août 2011, avec des besoins de 1,645 milliard de m3/an ; le projet d’Ammoniac SBGH en juillet 2012 avec une consommation de 0,800 milliard de m3/an, la Raffinerie de Tiaret prévue en 2015 avec une consommation de 0,960 milliard de m3/an ; la Réhabilitation de la raffinerie d’Alger à partir de 2013 ; le démarrage de GL2K en novembre 2011 ainsi que GL3Z en décembre 2012. Additivement à ces clients, le scénario fort prévoit l’apparition de projets gros consommateurs dont, entre autre l’unité d’extraction d’Ethane (un projet lié au vapocraquage d’Ethane, alimenté à partir de GL1Z et GL2Z ; pour cette unité, il est prévu une consommation de 3,5 milliards de m3 à partir de 2015) et le Complexe Méthanol à Arzew avec ALMET en 2015 qui devrait consommer 1 milliard m3.
En révisant à la baisse ses prévisions relatives à la demande interne de gaz, la CREG ne dissipe pas les inquiétudes sur la crise gazière qui guette l’Algérie dans les dix prochaines années. La CREG ne fournit aucune indication sur la production nationale totale de gaz, ni sur les capacités du pays à faire face à la croissance de la demande interne de gaz.
Car même avec une demande 55,3 milliards de m3 de gaz, l’Algérie qui produit annuellement 100 milliards de m3 gaz, sera en difficultés en 2019. Si la production ne change pas, le déficit à combler dépassera 40 milliards de m3. L’Algérie ambitionne en effet d’exporter 85 milliards de m3 de gaz à partir de 2014.
