Après avoir acté sa rupture avec Moscou, l’UE exempte le gaz algérien de contrôles supplémentaires

Après avoir acté sa rupture avec Moscou, l’UE exempte le gaz algérien de contrôles supplémentaires
Gaz algérien

Dans le cadre de son plan de sevrage définitif des hydrocarbures russes, l’Union européenne a décidé d’excepter l’Algérie de contrôles supplémentaires. Une décision qui consolide le statut de partenaire stratégique et fiable d’Alger dans une architecture énergétique européenne en pleine mutation.

Selon la plateforme spécialisée, Attaqa, basée à Washington, l’Union européenne a entériné cette semaine un plan juridiquement contraignant visant à l’élimination totale des importations de gaz russe d’ici la fin de l’année 2027. Dans ce contexte, l’Algérie bénéficie d’un traitement préférentiel.

Sécurité énergétique : l’Algérie, partenaire privilégié de l’Europe

Un projet de document de la Commission européenne précise d’ailleurs que l’Algérie figure sur la liste restreinte des pays — aux côtés des États-Unis, du Qatar, de la Norvège, du Royaume-Uni et du Nigeria — exemptés de vérifications additionnelles.

Cette mesure repose sur un constat simple : le risque de voir du gaz russe transiter ou se « dissimuler » dans les exportations algériennes est jugé quasi nul. Pour Alger, cela se traduit par une flexibilité commerciale accrue : les entreprises algériennes n’auront pas à se soumettre à l’obligation de fournir une autorisation douanière préalable prouvant l’origine du gaz cinq jours avant l’arrivée des cargaisons.

En effet, cette semaine, les États membres de l’UE ont entériné un plan juridiquement contraignant pour une sortie progressive des énergies russes :

  • Fin 2026 : Arrêt total des importations de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) russe.
  • 30 septembre 2027 : Fin des importations via les gazoducs (avec une extension possible au 1er novembre 2027 en cas d’urgence sécuritaire hivernale).

Malgré l’opposition de la Hongrie et de la Slovaquie, le texte a été adopté grâce au mécanisme de majorité qualifiée, témoignant de la détermination de l’Union à couper les ponts avec Gazprom.

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Les données de 2025 confirment la montée en puissance de l’Algérie. Elle fait désormais partie du « Top 5 » des fournisseurs couvrant 90 % des besoins européens en GNL. En 2025, les importations européennes de gaz liquéfié ont atteint un record historique de 103,44 millions de tonnes, soit une hausse de 24 % par rapport à 2024.

France, Italie, Espagne : quels sont les principaux clients du gaz algérien ?

La répartition des exportations de GNL algérien souligne cette interdépendance européenne :

  1. Turquie : 3,14 millions de tonnes
  2. France : 2,31 millions de tonnes
  3. Italie : 1,62 million de tonnes
  4. Espagne : 1,44 million de tonnes
  5. Royaume-Uni : 0,64 million de tonnes

Le paysage énergétique de l’UE a été radicalement redessiné en quatre ans. Selon l’IEEFA (Institute for Energy Economics and Financial Analysis) :

  • La Norvège domine le marché (89 milliards de m³).
  • Les États-Unis suivent de près (81 milliards de m³).
  • La Russie s’effondre, passant de 151 milliards de m³ en 2021 à seulement 37 milliards en 2025. Sa part de marché est tombée de 40 % à environ 13 %.

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Face à cet isolement croissant, le Kremlin dénonce une « erreur historique ». Moscou avertit que les Européens finiront par acheter de l’énergie plus chère via des intermédiaires. Dans ce climat de guerre froide énergétique, les zones d’ombre persistent, notamment autour du sabotage des gazoducs Nord Stream en 2022, que la Russie continue de qualifier d’acte de « terrorisme international ».

Pour l’Algérie, cette conjoncture confirme son rôle de « stabilisateur » du marché méditerranéen, profitant d’une fenêtre d’opportunité pour ancrer durablement ses exportations dans le mix énergétique européen de l’après-gaz russe.