Après 16 ans d’absence, l’italien SAIPEM signe son grand retour en Algérie

Après 16 ans d’absence, l’italien SAIPEM signe son grand retour en Algérie
Saipem

Le géant italien de l’ingénierie et de la construction dans le secteur de l’énergie, SAIPEM, a officialisé son retour sur le marché algérien. L’entreprise a été sélectionnée pour piloter la phase d’ingénierie du mégaprojet industriel de phosphate intégré à Bled El Hadba, dans l’est du pays.

Ce retour intervient après une éclipse de plus de seize ans, consécutive à une série de scandales de corruption liés à des contrats décrochés en 2008.

L’officialisation de ce retour a été révélée dans le rapport financier de l’entreprise pour l’exercice 2025, daté d’avril 2026. Le document confirme le lancement effectif des travaux d’ingénierie pour le compte de la compagnie nationale Sonatrach, s’inscrivant dans la phase des études et de la conception technique initiale (FEED) du futur complexe industriel.

SAIPEM : le grand retour de la firme italienne dans l’Est algérien

Selon le même rapport, la mission de Saipem consiste à élaborer l’ingénierie d’avant-projet détaillée (FEED), une étape technique cruciale qui précède le début effectif de la construction.

La firme italienne sera ainsi chargée de concevoir les plans industriels et techniques des différentes unités du projet, un signal fort de sa réintégration dans les projets stratégiques majeurs de l’Algérie.

SAIPEM précise que ses activités en Algérie portent sur la réalisation d’un complexe industriel intégré de grande envergure.

Ce dernier comprendra des installations minières pour l’extraction du phosphate à Bled El Hadba, des unités de production et de transformation dédiées à l’industrie des engrais à Oued Keberit, ainsi que des infrastructures logistiques d’accompagnement nécessaires au fonctionnement du site.

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Le document souligne également l’importance stratégique de ce projet, qui englobe la modernisation et l’aménagement du port d’Annaba afin de faciliter l’exportation des produits finis, parallèlement à la construction de lignes ferroviaires reliant les sites d’extraction et de production au réseau ferroviaire principal du pays.

Projet Phosphate Algérie : SAIPEM de retour pour l’ingénierie (FEED) à Bled El Hadba

Sur le plan juridique, la compagnie italienne a indiqué que les autorités judiciaires algériennes n’ont requis aucun document ou élément d’information complémentaire concernant sa convocation de 2013. Celle-ci était liée, à l’époque, à la transmission de pièces dans le cadre de l’enquête préliminaire sur l’affaire de corruption dite « Sonatrach 2 », régie par la loi de 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.

Par ailleurs, les états financiers de SAIPEM font état de créances commerciales libellées en dinars algériens, intégrées dans la dette commerciale globale du groupe, pour un montant estimé à environ 5,025 millions d’euros.

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Bien que l’entreprise n’ait pas fourni de détails supplémentaires sur la nature de ces fonds ou sur l’identité de ses partenaires en Algérie, il apparaît clairement qu’il s’agit du reliquat du dégel de deux comptes bancaires. Ces comptes, bloqués dans le sillage de l’affaire « Sonatrach 2 », avaient vu leurs restrictions levées en 2023, affichant alors un solde de 63 millions d’euros.

Pour rappel, Saipem avait mis fin, en avril 2023, à un feuilleton judiciaire de près de treize ans en Algérie. La cour d’appel d’Alger avait alors prononcé son acquittement total, annulant l’ensemble des amendes financières auxquelles elle avait été initialement condamnée, et ordonnant la mainlevée sur ses comptes bancaires de 63 millions d’euros.

Dans un communiqué publié à l’époque, la multinationale s’était félicitée de cette décision : « SAIPEM salue l’arrêt d’acquittement total prononcé par la cour d’appel d’Alger ». Le procès en seconde instance, ouvert en décembre 2022, concernait la participation de la société à un appel d’offres lancé en 2008 pour des études compétitives liées au projet gazier de Rhourde Nouss (QH).

Le collectif d’avocats locaux de la firme avait alors confirmé que la cour d’appel d’Alger avait étendu l’abandon de toutes les charges retenues contre l’entreprise, scellant ainsi la réhabilitation juridique de Saipem sur le sol algérien.