Les pertes financières engendrées par l’application du crédit documentaire ( crédoc) pour la compagnie Air Algérie « se chiffrent en millions de dollars », a affirmé jeudi 10 février au micro de la chaîne III , M. Abdelwahid Bouabdallah, Président -directeur générale de compagnie aérienne publique.
Air Algérie est mise à mal depuis l’institution du crédit documentaire, introduit par la Loi de finances complémentaire de 2009. « Le credoc est une bonne chose qu’en façade », a souligné l’invité de la radio pour qui cette réglementation concernant le paiement des opérations du commerce extérieur ne fait qu’ « enrichir les sociétés chargées de délivrer des certificats de conformités ». M. Bouabdallah s’est montré effaré des incidences de ce procédure. « Le Crédoc est devenu un marché. Vous voulez un certificat de conformité, vous payez tant ! », a-t-il regretté.
Résultat: C’est toute « l’efficacité » de l’entreprise qui est « bloquée », a-t-il constaté Autrement dit, des pertes financières considérables. « Dans l’affrètement d’un avion, si je dois appliquer toutes ces procédures telles qu’elles sont imposées, compliquées par la réglementation de la Banque d’Algérie, je ne peux pas choisir les avions au meilleur prix, je n’affrète pas au bon moment. Nous perdons des millions de dollars », a-t-il déploré. Toutefois, aucun chiffre n’a été avancé par le patron d’Air Algérie.
Aussi, celui-ci plaide pour une révision du crédit documentaire. « L’Etat algérien doit se donner les moyens pour faire le contrôle. C’est facile d’imposer l’étiquetage des produits aux entreprises sans passer par des sociétés de service », a fait remarquer le PDG d’Air Algérie.
En juillet 2010, M . Bouabdallah considérait le Crédoc comme une « catastrophe pour une compagnie aérienne ». Ses critiques n’ont pas pour autant conduit le gouvernement à supprimer cette obligation de paiement. Le crédit documentaire restera un « mode unique de financement des importations », avait répliqué, Karim Djoudi, ministre des Finances.
Le PDG d’Air Algérie avait claqué la porte du Forum des chefs d’entreprises (FCE), coupable d’être trop critique à l’égard de la politique économique de l’Exécutif. Pourtant, depuis quelques mois, M.Bouabdallah, face à des impératifs impérieux de gestion, tient le même discours que Reda Hamiani, président du FCE. Notamment sur le crédoc.
La compagnie aérienne publique va investir par ailleurs plus 700 millions de dollars pour augmenter sa flotte, selon Bouabdallah. Est prévu ainsi l’acquisition de quatre appareils « petits porteurs » d’une capacité de 70 places, destinés à assurer des dessertes avec l’extrême sud algérien, sept gros porteurs de 250 places et des avions pour les évacuations sanitaires, a-t-il annoncé, sans préciser l’identité des constructeurs des appareils qui devant être acquis.
Air Algérie qui dispose actuellement de 42 avions est un client traditionnel de Boeing depuis près de 40 ans avec quinze 737 et trois long-courriers 767. Au titre d’un précédent programme de renforcement de la flotte, la compagnie publique doit réceptionner prochainement quatre Boeing 737 faisant partie de sa flotte comprenant au total 11 appareils.
Avec l’acquisition de ces avions, Air Algérie escompte, transporter six millions de passagers à l’horizon 2014, contre 3,2 millions en 2008, selon M. Bouabdallah.