Apologie du terrorisme : dans une affaire liée au MAK, un accusé lourdement condamné

Apologie du terrorisme : dans une affaire liée au MAK, un accusé lourdement condamné
Tribunal Dar El-Beïda

Le tribunal criminel de Dar El-Beïda a condamné, ce dimanche, un prévenu à une peine de 4 ans de prison ferme assortie d’une amende de 200 000 dinars. Il a été reconnu coupable d’apologie d’actes terroristes via les technologies de l’information et de la communication, rapporte le média « Ennahar ». En revanche, il a été acquitté du chef d’accusation d’appartenance à une organisation terroriste.

La même juridiction a également ordonné la restitution de ses passeports algérien et américain, tout en rejetant la demande de dédommagement introduite par l’Agent judiciaire du Trésor, faute de fondement, ajoute la même source.

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Liens avec le mouvement terroriste MAK révélés lors de l’audience

Selon toujours « Ennahar », des rapports sécuritaires ont mis en évidence des liens étroits entre l’accusé et le mouvement terroriste “MAK”, notamment avec certains de ses dirigeants. Il serait issu d’une famille comptant plusieurs figures actives au sein de cette organisation ainsi que d’un autre frère précédemment impliqué dans une affaire similaire.

Les investigations ont également établi que l’accusé a commis des actes jugés attentatoires aux symboles de l’État et de la nation, ainsi que des propos offensants à l’égard de la religion musulmane et du Prophète (QSSSL), incluant des publications insultantes et diffamatoires, ainsi que des atteintes au Coran.

Les enquêteurs ont notamment relevé l’utilisation de plusieurs comptes Facebook servant à faire la promotion du MAK, à soutenir ses idées et à relayer ses activités. Ces contenus ont conduit à son inscription sur les listes de personnes recherchées.

À la barre, l’accusé a catégoriquement nié toute affiliation avec le MAK ou avec son dirigeant Ferhat Mehenni, tout comme il a rejeté être lié aux comptes incriminés diffusant des contenus subversifs et offensants envers les symboles de l’État et les constantes religieuses.

Le parcours de l’accusé : des États-Unis à l’arrestation à Alger

Dans ses déclarations, il a affirmé être père de famille et avoir résidé aux États-Unis pendant sept ans, après avoir quitté l’Algérie en 2007. Diplômé en génie civil de l’université de Tizi Ouzou, il a indiqué avoir travaillé dans le domaine fiscal au sein de l’ambassade américaine, tout en obtenant une formation en programmation informatique. Il est revenu en Algérie le 8 juin 2025, date à laquelle il a été interpellé à l’aéroport Houari Boumediene.

Lors de son interrogatoire, le juge l’a confronté à plusieurs preuves techniques issues de l’expertise numérique réalisée sur son téléphone portable. Ces éléments portent sur des publications incitatives diffusées via des comptes qu’il administrerait, notamment les pages intitulées “Massinissa Aït Abdelmoumen” et “Amazigh 2010”, rebaptisée par la suite “Sif Aït Gherbane”.

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Arrestation à l’aéroport et accusations portées contre l’accusé

Selon les détails de l’enquête, l’accusé a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire national à destination de Boston, via Paris, à bord d’un vol d’Air France. Lors du contrôle aux frontières, son identité a révélé qu’il faisait l’objet d’un signalement émis le 9 juin 2025, relatif à la surveillance d’un activiste présumé du MAK.

Les investigations ont établi qu’il administrait, avec ses frères résidant en France, une page Facebook à caractère incitatif créée en 2004. Cette plateforme aurait été utilisée pour diffuser des contenus offensants envers les institutions de l’État et la religion, ainsi que pour promouvoir les activités du mouvement.

Preuves accablantes : vidéo et pseudonymes utilisés en ligne

Un élément clé du dossier concerne une vidéo publiée en octobre 2022, montrant l’accusé en train de brûler son passeport algérien. La séquence, accompagnée de propos insultants envers les forces de sécurité, a suscité des réactions sur les réseaux sociaux, notamment parmi des comptes affiliés au MAK.

Les enquêteurs ont également relevé que l’accusé utilisait un pseudonyme pour gérer ses activités en ligne, dissimulant volontairement certaines données numériques. Son expertise en informatique lui a permis de masquer des traces compromettantes liées à ses activités présumées.

Enfin, il a été établi qu’il s’était rendu, peu avant son arrestation, au consulat américain à Alger, où il a exposé sa situation et obtenu un numéro de contact à utiliser en cas d’interpellation.

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