Un remaniement discret mais significatif vient d’être acté au sommet de l’une des institutions les plus stratégiques du pays. Publiés au Journal officiel n°53, deux décrets présidentiels datés du 21 juillet 2025 mettent fin aux fonctions de Salima Mesrati à la présidence de la Haute autorité de la transparence, de la prévention et de la lutte contre la corruption (HATPLC), tout en confiant l’intérim à M’hamed Djellaoui. Une transition au sommet d’un organe de contrôle dont le rôle reste central dans la gouvernance algérienne.
La HTPLC, créée pour incarner l’engagement de l’État dans la prévention et la répression de la corruption, occupe une place particulière dans l’architecture institutionnelle du pays. Tout changement à sa tête est, de fait, scruté avec attention par les observateurs de la vie publique.
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M’hamed Djellaoui, nouveau président par intérim de l’autorité anticorruption
Le second décret, signé le même jour, désigne M’hamed Djellaoui comme président par intérim de la HATPLC. Cette nomination provisoire vise à assurer la continuité du fonctionnement de l’institution, dans l’attente d’une désignation définitive à sa tête.
La gestion intérimaire est un mécanisme régulièrement activé lors de transitions à la tête des autorités indépendantes. On se souvient qu’en avril 2026, la nomination de Mohamed Hattab au poste de Médiateur de la République avait également été précédée d’une phase de transition similaire, illustrant une pratique institutionnelle bien rodée.
Djellaoui hérite d’une institution dont les missions couvrent aussi bien la détection des conflits d’intérêts que la coordination avec les organismes judiciaires compétents. Assurer la continuité opérationnelle de l’AAPC dans cette période de transition constitue, en soi, un défi de gouvernance.
Des remaniements institutionnels qui s’inscrivent dans une dynamique plus large
Ce mouvement à la tête de la HATPLC s’inscrit dans une série de reconfigurations institutionnelles observées ces derniers mois. En mai 2026, deux conseillers à la Présidence de la République avaient été relevés de leurs fonctions par décrets présidentiels publiés au Journal officiel, sans que les motifs soient explicitement mentionnés. Plus tôt, en avril 2026, la fin de fonctions du ministre de l’Hydraulique Taha Derbal avait également été actée par décret, avec une gestion provisoire confiée au secrétaire général du ministère.
Ces décisions successives dessinent un tableau de renouvellement progressif des équipes à la tête des institutions sensibles. Elles témoignent d’une volonté de rotation des responsabilités, sans que les arbitrages présidentiels soient systématiquement accompagnés d’explications publiques.
La lutte contre la corruption demeure, sur le plan du discours officiel, une priorité affichée des autorités algériennes. La stabilité et la crédibilité de la HTPLC dépendront, en grande partie, de la rapidité avec laquelle une nomination définitive sera actée à sa présidence, et du profil retenu pour succéder à Salima Mesrati.
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