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L’UE réclame des éclaircissements sur l’ANP au Niger, des voix s’élèvent en Algérie

L’UE réclame des éclaircissements sur l’ANP au Niger, des voix s’élèvent en Algérie
Un accord entre deux pays souverains, mais des explications réclamées par Bruxelles. La position de l’Union européenne sur le déploiement de l’ANP au Niger suscite des réactions en Algérie.

La coopération militaire entre l’Algérie et le Niger suscite désormais des interrogations à Bruxelles. L’Union européenne a demandé des précisions sur le déploiement d’unités de l’Armée nationale populaire (ANP) sur le territoire nigérien, une opération engagée à la demande des autorités de Niamey.

La déclaration de son porte-parole, Anouar El Anouni, n’a pas tardé à provoquer des réactions en Algérie. L’ancien ministre Abdelaziz Rahabi et le Parti des travailleurs (PT) ont notamment contesté la démarche européenne, en soulevant la question du respect de la souveraineté des deux pays.

Déploiement de l’ANP au Niger : Bruxelles veut connaître les objectifs de la mission

La position européenne a été exprimée le 30 octobre par Anouar El Anouni, porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, lors d’un point de presse de la Commission européenne.

Le responsable a indiqué que Bruxelles suivait attentivement la situation et souhaitait obtenir davantage de précisions sur la portée, les objectifs et le fondement du déploiement algérien. Il a également rappelé le soutien de l’Union européenne aux initiatives visant à renforcer la paix et la sécurité au Sahel, sous réserve du respect du droit international et de la souveraineté des États.

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Bruxelles a, dans le même temps, insisté sur la transparence et la proportionnalité des mesures de sécurité. Ainsi que sur la nécessité d’éviter une escalade dans la région.

Cette déclaration intervient après l’annonce, le 26 octobre, du déploiement d’unités de l’ANP au Niger. La décision répond à une demande des autorités nigériennes et intervient après l’approbation des deux chambres du Parlement algérien. Alger inscrit cette coopération dans la protection des intérêts économiques et énergétiques communs aux deux pays.

Abdelaziz Rahabi conteste la démarche de l’Union européenne

La réaction de Bruxelles a suscité des interrogations en Algérie, notamment sur la place que l’Union européenne entend occuper dans un accord bilatéral entre deux pays voisins.

Le 6 novembre, l’ancien ministre et ambassadeur Abdelaziz Rahabi a publiquement contesté la demande d’éclaircissements européenne. Il s’est notamment interrogé sur le droit de Bruxelles à réclamer des explications concernant un accord militaire dont les conditions relèvent, selon lui, des deux États signataires.

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L’ancien diplomate a également jugé préoccupant que le porte-parole européen ait expressément déclaré attendre des éclaircissements de l’Algérie. Il reproche à l’UE de s’adresser à Alger comme si le pays était lié à elle par des engagements conventionnels en matière de sécurité au Sahel, ou comme si Bruxelles disposait d’un mandat militaire dans la région.

Rahabi critique par ailleurs la manière dont l’Union européenne appréhende ses relations avec les pays africains. Estimant qu’elle ne devrait pas remettre en question la souveraineté de ses partenaires ni leurs mécanismes de validation des accords internationaux.

Le Parti des travailleurs rappelle la souveraineté de l’Algérie

Le 7 novembre, le Parti des travailleurs a lui aussi réagi à la déclaration européenne. Dans un communiqué intitulé « Ingérence de l’Union européenne dans les affaires intérieures de notre pays », le secrétariat de son bureau politique dénonce une intervention dans les relations entre deux États souverains.

La formation politique s’interroge sur les prérogatives de Bruxelles concernant un accord conclu entre Alger et Niamey. Elle rappelle que les deux pays sont liés par des relations économiques, énergétiques et sécuritaires et estime que les engagements pris par l’État algérien doivent être appréciés au regard des intérêts du peuple algérien.

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Le PT insiste également sur l’indépendance du pays, rappelant que l’Algérie, après avoir payé un lourd tribut pour arracher sa liberté, « n’est pas et ne sera jamais le protectorat » d’une puissance étrangère.

Dans son communiqué, le parti met également en cause les interventions militaires auxquelles ont participé certains États européens et leurs relations militaires avec d’autres puissances. Il évoque notamment les liens de plusieurs pays de l’UE avec Israël et leur position face aux opérations militaires contre les Palestiniens et les Libanais. Le PT conclut son texte par un message sans ambiguïté : « Assez de cynisme » et « Bas les mains de notre pays ».

LA

Lynda Ait Amedjkane

Journaliste – Nation, société et actualité quotidienne

Lynda Aït Amedjkane est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360. Elle couvre principalement les sujets liés à la nation, à la société et aux faits divers qui rythment l'actualité quotidienne en Algérie.

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