Alors que près de 9.000 déficients mentaux ont été dénombrés dans la wilaya,592 nouveaux malades circulent en ville

Alors que près de 9.000 déficients mentaux ont été dénombrés dans la wilaya,592 nouveaux malades circulent en ville

b185.jpgLes habitants d’Oran assistent à une prolifération de malades mentaux dans leurs quartiers. Certes, le phénomène n’est pas nouveau, mais il devient inquiétant, surtout que ces aliénés mentaux s’attaquent aux passants, aux femmes notamment.

Pieds nus, hirsutes et très mal vêtus, des malades mentaux déambulent à longueur de journée dans les artères de la ville, hurlant, lançant des projectiles dans tous les sens. En l’absence d’une prise en charge réelle, ces derniers sillonnent les rues en toute liberté et constituent un danger réel pour la population. Pis encore, ils s’aventurent sur les routes et peuvent causer de graves accidents de la circulation.

Selon les services de la direction de l’Action sociale et de la Solidarité (DASS), la plupart des malades mentaux à Oran, sont originaire d’autres wilayas.

La région Ouest ne compte qu’une seule structure de prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiatriques, l’EHS de psychiatrie de Sidi Chahmi, alors que les spécialistes affirment que dix nouveaux cas de troubles mentaux sont enregistrés quotidiennement au niveau des dispensaires d’hygiène mentale d’Oran et du service de psychiatrie du CHU d’Oran (pavillon 35), sans compter les cas pris en charge dans des cliniques privées.

La majorité des cas est traitée en ambulatoire, et les autres sont pris en charge par l’EHS de Sidi Chahmi. D’autre part, avec ses trois services, d’une capacité totale de 470 lits dont 50% sont occupés de façon permanente, l’EHS ne parvient plus à répondre à une demande croissante.

«Il y a des malades qui sont au niveau de l’établissement depuis plus de 20 ans, il s’agit notamment de cas sociaux et d’étrangers abandonnés par leurs proches», affirme une source, ajoutant que l’établissement est saturé. «Il nous arrive de ne pas trouver de place pour des cas urgents». Cette situation a fait qu’un important nombre de malades mentaux errent dans les rues de la ville d’Oran, avec tous les dangers qu’ils engendrent pour eux-mêmes et pour les autres.

En effet, la prise en charge des malades mentaux pose plus que jamais un grand problème. Le nombre de lits en psychiatrie est tombé de 10.000, au niveau national dans les années 60, à 4.500 lits durant les années 90. Notre pays ne compte que trois hôpitaux seulement spécialisés en santé mentale.

Cependant, l’organisation générale des soins est orientée principalement vers la prise en charge hospitalière. Par ailleurs, la situation des violences qu’a connues le pays a eu des répercussions importantes sur la santé mentale d’une grande partie de la population, à cela se greffe la hausse de la consommation de drogues et d’alcool. La DASS a recensé près de 9.000 déficients mentaux dont 592 nouveaux cas en 2011.

Mehdi A