Alors que les panneaux solaires se multiplient, pourquoi l’éolien peine-t-il à décoller en Algérie ?

Alors que les panneaux solaires se multiplient, pourquoi l’éolien peine-t-il à décoller en Algérie ?
Energie durable en Algérie

L’Algérie s’apprête à injecter 2,6 GW d’énergie solaire dans son réseau national. Si la capacité opérationnelle actuelle reste modeste, le pays semble enfin passer de la phase de planification à celle d’une exécution massive pour accélérer sa transition énergétique.

Selon les données récentes de Dii Desert Energy, le pays s’apprête à mettre en service 2,6 GW de capacités renouvelables dès l’achèvement des chantiers en cours. Ce déploiement représente l’expansion la plus significative du secteur depuis des années, marquant une rupture avec l’inertie passée.

Pourtant, le constat à la fin de l’année 2025 reste contrasté : la capacité opérationnelle totale ne s’élevait qu’à 446 MW. Un chiffre qui souligne l’écart persistant entre les ambitions affichées et la réalité du terrain, malgré une dynamique prometteuse observée ces deux dernières années.

Cap sur 15 GW : l’Algérie mise sur le soleil pour garantir son avenir énergétique

Une analyse détaillée des technologies de production en 2025 révèle un déséquilibre au sein du mix énergétique. Le solaire photovoltaïque domine outrageusement avec 411 MW en exploitation, ne laissant que des miettes au solaire thermique (CSP) avec 25 MW et à l’éolien terrestre, qui plafonne à peine à 10 MW.

Cette hégémonie s’explique par la maturité de la technologie photovoltaïque, sa rapidité de déploiement et la chute de ses coûts. Toutefois, face à ce déséquilibre, les autorités tentent de réagir en affichant l’objectif d’atteindre 1 GW d’énergie éolienne dans les années à venir pour diversifier les sources.

L’analyse de la réserve de projets montre que l’Algérie a considérablement musclé son « pipeline » de réalisation. Actuellement, au-delà des 446 MW déjà connectés au réseau, le pays compte une force de frappe massive de 2 620 MW en cours de construction, bénéficiant déjà de clôtures financières achevées.

À cela s’ajoutent environ 600 MW en phase de développement (contrats attribués) et près de 1 000 MW de capacités annoncées via des protocoles d’accord.

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Cette architecture montre que le gros de l’effort se concentre désormais sur la phase de réalisation physique plutôt que sur les simples annonces d’intention.

Après une période de léthargie en 2021, le secteur a retrouvé son souffle grâce au lancement du projet « Solar 1000 MW », suivi de l’appel d’offres massif de 2 GW en 2023. Les deux premiers projets de cette série devraient entrer en service dès l’année prochaine, confirmant le passage d’une politique d’objectifs théoriques à une stratégie d’appels d’offres compétitifs.

Le programme national a subi une révision réaliste : l’objectif initial de 22 GW d’ici 2030 a été ramené à 15 GW à l’horizon 2035, avec une étape intermédiaire de 10 GW avant la fin de la décennie. Le défi reste colossal : passer de quelques centaines de mégawatts à plusieurs gigawatts en moins de cinq ans exigera une cadence d’exécution sans précédent.

Hydrogène vert : l’Algérie dessine de nouveaux horizons

L’Algérie ne compte pas s’arrêter aux électrons. Sa stratégie nationale pour l’hydrogène, lancée en 2023, vise une production de 1,2 million de tonnes par an d’ici 2040, dont 75 % seraient destinés à l’exportation.

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Pour concrétiser cette ambition, le pays mise sur la coopération internationale, notamment via le projet de corridor sud de l’hydrogène vers l’Europe. En avril dernier, le projet (+TaqatHy) a d’ailleurs été lancé en partenariat avec l’Union européenne et l’Allemagne, soutenu par un financement de 28 millions d’euros pour accélérer le déploiement des énergies propres et de l’hydrogène vert.