Après les déboires de l’année passée, qu’en est-il des mesures prises pour éviter un «remake»?
Dans un pays classé 5e producteur mondial de gaz, les citoyens s’inquiètent de ne pouvoir se réchauffer en hiver. Paradoxe!
Sonelgaz et Naftal face à l’hiver. Après avoir été pointées du doigt, l’hiver dernier pour leur «négligence», ces deux entreprises nationales seront-elles à la hauteur cette fois-ci? C’est la question qui hante l’esprit des citoyens, particulièrement ceux des villages isolés, qui craignent de revivre le scénario des intempéries de janvier dernier! Privés de gaz et d’électricité pendant plusieurs jours, ils ont failli mourir de froid se retrouvant isolés du reste du monde sans aucun moyen pour se chauffer.
L’hiver dernier avait ainsi mis au grand jour 50 ans de bricolage… Les images diffusées par la Télévision nationale montrant des familles heureuses d’être raccordées au gaz ne sont en fait que pure illusion. C’est l’arbre qui cache la forêt. Les files indiennes qui s’étaient formées devant toutes les stations-service, pour obtenir cette très convoitée bouteille de gaz, avaient dévoilé le pot aux roses! Même la capitale n’est pas épargnée par cette amère réalité!
Un an après ces intempéries, qu’en est-il des mesures prises pour éviter un «remake»? Les défaillances constatées ont-elles été prises en compte par Sonelgaz et Naftal? Celles-ci ont-elles appris de leurs erreurs? Sonelgaz et ses filiales ont continué leurs opérations de raccordement des foyers au gaz de ville. Durant toute l’année, le réseau de distribution du gaz naturel n’a pas cessé d’être mis en service à travers les quatre coins du pays. La première semaine du mois en cours qui a coïncidé avec la célébration du 58e anniversaire du déclenchement de l’insurrection armée du 1er Novembre 1954, quelque 6000 foyers ont été raccordés au réseau de gaz naturel.
Le réseau électrique, qui a montré ses limites, aussi bien en hiver qu’en été, a bénéficié d’un plan de modernisation. L’État a décidé de relancer ses investissements dans le secteur de l’énergie. A cet effet, 2000 milliards de DA vont être mobilisés pour produire 12.000 MW supplémentaires à l’horizon 2016. De nouvelles centrales vont être construites avec cet argent. Mais le réseau sera également amélioré afin de lui permettre de résister mieux que ce qu’il a fait jusque-là.
En effet, que ce soit en hiver ou en été, des centaines de milliers d’abonnés sont plongés dans le noir et surtout dans le froid ou la chaleur. Cependant, les projets de réalisation de nouvelles centrales électriques et la mise en place de transformateurs mobiles, permettront sans nul doute de répondre à la forte demande en énergie électrique. Naftal, pour sa part semble avoir retenu ses leçons «d’hiver». C’est du moins ce qui ressort des mesures qu’elle a annoncées pour cet hiver. Au début du mois en cours, son P-DG, Saïd Akretche, a fait savoir que son entreprise allait augmenter ses stocks de matières premières et de gaz butane.
Une cinquantaine de dépôts-relais existants, destinés au stockage de bouteilles, ont également été renforcés par trois nouveaux dépôts à Adekkar, Ksar El Boukhari et Tablat. Autre mesure, plus de trois cents nouveaux points de vente sont ouverts. Naftal ouvre aussi des micro-centres enfûteurs mobiles (citernes d’enfûtage avec systèmes de remplissage de quatre bouteilles), soit une quinzaine d’unités construites par les propres moyens de Naftal, d’une capacité de mille bouteilles, installées près des localités susceptibles d’être isolées par la neige (zones montagneuses).
L’entreprise réalise actuellement des Aires de stockage et de régulation (ASR) dans certaines communes. Mini-centres d’enfûtages et nouveaux points de stockage de bouteilles de gaz butane créés à travers des communes enclavées et montagneuses de différentes wilayas du pays, sont donc les principales mesures prises par Naftal.Toutefois, l’entreprise nationale ne s’est pas contentée de prendre des mesures, puisque des campagnes de sensibilisation ont été lancées par Naftal, notamment sur les radios locales pour inciter la population, particulièrement celle des zones éparses, à s’approvisionner en bouteilles de gaz avant la dégradation des conditions climatiques.
Que ce soit chez Sonelgaz et Naftal, les mesures pour se mettre «au chaud» sont donc là! Toutefois, sont-elles suffisantes pour mettre les Algériens au chaud? Une chose est sûre: au vu de l’épisode de l’hiver dernier, les responsables de Sonelgaz, devant pallier les lacunes constatées seront mis… sous tension.
