Alors que la pénurie pénalise les malades algériens Médicament, nouvelle cible de la contrebande

Alors que la pénurie pénalise les malades algériens Médicament, nouvelle cible de la contrebande

2012_medicaments_591058692.jpgL’image du secteur de la santé ne cesse d’être éclaboussée. Quand ce n’est pas la négligence des malades et la médiocrité des soins prodigués, l’on signale des pannes de machines d’imagerie médicale ou des pénuries de médicaments.

Alors que les importations des produits pharmaceutiques ont augmenté de 19,02 % au premier trimestre 2014, d’après le rapport des douanes, des produits subventionnés profitent aux pays voisins, notamment le Maroc, selon de récentes révélations du ministre de la Santé. La facture des importations en produits pharmaceutiques de l’Algérie est passée de 432,62 millions de dollars durant le premier trimestre 2013 à plus de 500 millions de dollars en 2014, selon les chiffres avancés par les services des Douanes.

Les médicaments à usage humain, à eux seuls, représentent 95,51% des importations globales, pour une valeur estimée à près de 491,8 millions. Alors que le citoyen continue de souffrir le martyre, à son admission à l’hôpital, en raison de la mauvaise qualité des services, mais aussi pour manque de médicaments. Le Loxen, à titre d’exemple, prescrit pour les malades atteints d’hypertension artérielle, n’est pas toujours disponible dans les hôpitaux. Certains malades s’en procurent dehors et repartent à l’hôpital pour qu’on le leur administre, d’autres attendent que la tension baisse  » toute seule « .

Pour les cancéreux, le calvaire est plus pénible. Les accélérateurs de radiothérapie tardent à être réceptionnés, prévus pour la fin de l’année en cours, alors que le paramètre temps est des plus importants dans le traitement du cancer. Pour sa part, le ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, réfute l’hypothèse de la pénurie de médicaments. Il préfère parler de rupture de stock, due à la mauvaise gestion des directeurs d’hôpitaux, ne signalant pas à temps les médicaments manquants. Par ailleurs, le détournement est un facteur faisant perdre gros à l’Etat. Si ce n’est pas les médecins qui en détournent pour approvisionner leurs cliniques privées, ce sont de simples employés qui s’en servent, pour les revendre ensuite à moindre coût.

Il y a trois jours, le ministre a dévoilé une affaire de détournement de médicaments à Beni Messous. Les services de police, en coordination avec l’administration de l’hôpital, ont intercepté deux employés de cet établissement en flagrant délit de transfert d’une importante quantité de médicaments vers une destination extérieure, en complicité avec deux autres personnes, a précisé le ministre, à l’ouverture d’une rencontre d’évaluation de la feuille de route pour l’amélioration de la gestion du secteur.  » Une enquête est ouverte pour élucider cette affaire et connaitre ses tenants et aboutissants « , a déclaré Abdelmalek Boudiaf.

Le ministre de tutelle a pris des mesures strictes pour le suivi de la gestion et de la traçabilité des médicaments, selon un responsable du département de la santé. La même source a indiqué que certains établissements du secteur à l’ouest du pays feront l’objet prochainement d’inspection sur la base d’informations parvenues au ministre, faisant état de détournement de médicaments vers des cliniques privées, et même vers un pays voisin.

K. S.