Alors que la fièvre électorale s’empare des partis,Les Algériens ont la tête ailleurs…

Alors que la fièvre électorale s’empare des partis,Les Algériens ont la tête ailleurs…

P120312-16.jpgLes activités partisanes se multiplient face à des citoyens totalement désabusés

A 60 jours des élections législatives, la bataille est lancée par tous les partis en lice, mais les Algériens semblent regarder ailleurs….

La cherté de la vie, la flambée des prix des fruits et des légumes, notamment celui de la pomme de terre, les intempéries avec leur lot de dégâts, la bureaucratie et les autres tracas du quotidien éloignent les Algériens de la fièvre électorale que ne vivent que les états-majors des partis politiques. Cette fièvre s’empare, en effet, de la scène politique nationale. Dans toutes les wilayas du pays, les partis politiques et les indépendants lancent la bataille des élections législatives du 10 mai prochain avec l’objectif de siéger à l’APN. A moins de 60 jours du rendez-vous électoral, la fièvre monte et la campagne s’emballe…

Les activités partisanes se multiplient face à des citoyens totalement désintéressés. Du plus vieux parti d’opposition au plus vieux parti au pouvoir en passant par les partis agréés récemment, aucun n’est en marge de cet activisme pré-électoral. De l’autre côté de la barrière, des citoyens, potentiels électeurs, ne bronchent pas. Aucun discours politique ne les intéresse. La majorité d’entre eux sont des boycotteurs actifs. Ils ont tellement subi le mensonge électoral qu’ils ne croient plus aux promesses des uns et des autres. Mais les partis ne l’entendent pas de cette oreille. Sinon, ils auraient tous pris le bon choix de boycotter ces élections. Ils sillonnent le pays d’est en ouest, du nord au sud pour semer un discours suranné et mobiliser des citoyens désemparés. Les autorités se doivent bien de payer le prix de leurs mensonges et ne doivent pas s’étonner de la désaffection populaire.

Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN, entretient l’illusion que son parti en sortira vainqueur. Après plusieurs sorties sur le terrain, il est revenu, avant-hier à Alger, pour annoncer aux journalistes qu’il démissionnerait si son parti était vaincu.

Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Bouguerra Soltani, ne désespère pas tant face au spectre de l’abstention. Pour le combattre, il a formé avec deux autres partis islamistes une «alliance verte» pour espérer d’un côté, mobiliser les électeurs et de l’autre, remporter les élections.

Il a appelé ce samedi à Alger à une participation «aussi large que populaire!» aux prochaines élections législatives, estimant qu’un «Parlement influent et générateur de changement» est celui pour lequel votera le peuple à travers une participation qui dépasse les 60%.

L’autre ténor de la mouvance islamiste, Abdallah Djaballah, qui a créé récemment le Front de la justice et du développement (FJD) multiplie ses «incantations électorales» à travers les wilayas du pays.

Ce samedi, le tumulte de la campagne électorale l’a mené dans la wilaya de Aïn Defla où il a animé un meeting.

M.Djaballah a appelé des citoyens «socialement morts» à «se mobiliser comme un seul homme pour la bataille des législatives du 10 mai».

Qui répondra à qui?

Les responsables politiques ne se posent certainement pas cette question. L’essentiel pour eux c’est d’amener les citoyens à leur donner leurs voix. C’est dans cet objectif que les salles de conférences des infrastructures sont réservées aux meetings électoralistes par les partis de toutes les tendances, excepté le RCD qui a appelé au boycott des élections.

Les indépendants aussi meublent l’actualité politique de ces jours de fièvre électorale. A Alger, une liste composée de femmes, nommée «Egalité et citoyenneté» a vu le jour. Conduite par une certaine Bounour Sabah, cette liste compte, selon les termes d’un communiqué, inscrire au sein des institutions le combat mené de longue date dans la société civile en faveur des droits et libertés en général et de l’égalité en particulier. Mais en attendant, on doit attendre.

Même le ministre des Affaires religieuses veut mobiliser ses troupes et impliquer les imams dans la campagne pour chasser le signe indien que représente l’abstention des Algériens, choqués qu’ils sont par les promesses électorales non tenues des exercices précédents.