Alors que la colère sociale touche plusieurs wilayas, Polémique sur les délestages électriques

Alors que la colère sociale touche plusieurs wilayas,  Polémique sur les délestages électriques
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Les émeutes en Algérie ne sont pas nouvelles, car à chaque fois, des citoyens décident de couper la route ou bien brûler un pneu pour protester contre une contrainte donnée mais la colère provoquée par les coupures d’électricité semble être une bombe à retardement.

Du côté des responsables, les déclarations contradictoires sur la durée des délestages électriques ne font que rajouter de l’huile sur le feu.

Lundi dernier, Nouredine Boutarfa, P-DG de Sonelgaz avait annoncé que les délestages se poursuivront tout l’été dans le sud-est du pays. «Les délestages vont se poursuivre pour la région sud-est, et hormis cette région, le système électrique national n’a connu de juin à aujourd’hui que trois jours de difficultés», a-t-il déclaré au Forum du quotidien Liberté.

Le lendemain, Youcef Yousfi, ministre de l’Énergie et des Mines a déclaré à M’sila que le problème des coupures d’électricité dans cette région serait «réglé en grande partie avec la mise en service, avant la fin du mois en cours, de la ligne à haute tension M’sila-Barika». Les deux hommes (Nourredine Boutarfa et le ministre de l’Énergie et des Mines) étaient ensemble en visite à M’sila.

Concernant toujours la wilaya de M’sila, le ministre de l’Energie avait déclaré : «la ligne de transport de l’électricité, longue de 106 km de cette wilaya, ne réglera pas le problème dans sa totalité» mais «elle contribuera à le réduire de manière notable». Il est à noter que des difficultés ont été rencontrées pour la pose des pylônes devant supporter les câbles à haute tension sur le linéaire de 51 kilomètres, situé dans la wilaya de M’sila.

M. Boutarfa avait rappelé que la mise en service des deux lignes à très haute tension (M’sila-Barika et Aïn Djasser- Barika), avait été «retardée en raison d’oppositions par des tiers, mettant en péril la sécurité de l’approvisionnement de cette région».

De son côté Youcef Yousfi avait affirmé que d’ici à la fin du mois d’août, les travaux de cette ligne M’sila-Barika seraient achevés. Il a ajouté : «la demande actuelle en matière d’énergie électrique a atteint un niveau à peine compatible avec la puissance installée dans le pays».

Du côté des citoyens, c’est la colère, d’ailleurs, plusieurs axes urbains névralgiques de la ville de Constantine ont été fermés à la circulation de mardi soir jusqu’aux premières heures d’hier par des centaines de citoyens en signe de protestation contre les coupures récurrentes d’électricité.

Ce n’est pas le seul cas car d’autres wilayas dont celles du sud-est (El Oued, Biskra et M’sila). Ce calvaire qui intervient au moment où la chaleur et la soif du ramdhan touchent notamment les wilayas de Béjaïa, Bordj Bou-Arriredj, Bouira, Blida, Tissemsilt, Tizi Ouzou et El Tarf. Face à cette situation, la solution est selon M. Bouterfa «de vendre l’électricité à son juste prix», c’est-à-dire à 100 % plus cher.

Pour rappel, le prix de l’énergie électrique est subventionné par l’État. Il est à souligner que selon les chiffres du P-DG de Sonelgaz, l’Algérie aura besoin d’investir «18 milliards d’euros d’ici à 2017 pour doubler ses capacités actuelles de production, de transport et de distribution d’électricité» sachant que Bouterfa avait avancé le problème du foncier : «L’acquisition d’assiettes foncières pose problème pour des raisons bureaucratiques

C’est pour cela que nous n’arrivons pas à installer des centrales électriques». Dans un rapport rendu public l’année dernière sur la situation du Groupe, il est fait état d’un déficit financier de l’ordre de 40 milliards de dinars en 2010, soit «la même situation que celle existant à la fin 2009».

En 2010, Sonlegaz a bénéficié d’une aide de l’Etat qui s’est traduite par le rachat du découvert bancaire des sociétés du Groupe, qui s’élève à 181,4 milliards de dinars, le rééchelonnement de la dette du Groupe pour un montant de 378 milliards de dinars sur une période de 20 ans dont 10 ans de différé au taux de 1% l’an, la mise en place d’un statut fiscal spécifique aux activités des sociétés du Groupe qui sont régulées.

Nacera Chennafi