«L’Algérie assure 190 litres d’eau par jour et par habitant. Notre objectif est d’atteindre les 250 litres par habitant et à l’échelle nationale».
C’est ce qu’a déclaré, hier, le directeur de l’Ecole nationale supérieure de l’hydraulique, Mohamed Saïd Benhafid, lors du 4e colloque international sur «Les ressources en eau et le développement durable», organisé à Alger lundi et mardi. «Toutefois, dira-t-il, il y a 15 ans, la population recevait une moyenne de 90 litres par habitant. Aujourd’hui, je me permets de dire que la situation s’est nettement améliorée par rapport aux années précédentes, compte tenu de la dotation pérenne de l’eau.» Cependant, si Alger est alimentée 24h/24 «il reste encore certains zones éloignées qui sont toujours privées de ce précieux liquide».
Revenant à l’ordre du jour, M. Benhafid a affirmé que cette rencontre scientifique est bénéfique car elle permet la confrontation d’idées entre les experts et les chercheurs universitaires nationaux et étrangers, mais aussi l’échange des expériences vécues dans plusieurs pays, et ce, en vue d’apporter des solutions concrètes, afin de mieux gérer les ressources en eau en Algérie. Car, en dépit des efforts déployés par notre gouvernement, M. Benhafid relèvera certains problèmes liés à l’épuration, au dessalement, au traitement des eaux et des eaux usées. L’exemple cité par ce responsable est celui des barrages. Voulant être plus précis, il expliquera qu’en ce moment il y a une équipe de chercheurs qui travaillent sur les pompes hydriques.
L’Entreprise nationale des pompes et matériels hydrauliques (Enpmh) de Berrouaghia (Alger) se penche sur la croissance du rendement des turbines de pompes hydriques qui doivent passer de 60 à 100% de rendement. Pour sa part, le Pr Mekhlouf Azib dira que de gros efforts sont fournis par le gouvernement. La tendance est positive.
Pour preuve, argue-t-il, «pratiquement toutes les wilayas ont aujourd’hui leurs stations d’épuration. Nous étions, il y a quelques années, à la traîne, aujourd’hui nous dépassons largement les pays du Maghreb. En dépit de la grande étendue du pays, nous avons pu augmenter et élargir le réseau d’alimentation en eau, même dans les régions les plus reculées».
Le professeur Azib estime qu’il est nécessaire, en effet, de former des cadres, indiquant que les étudiants universitaires doivent être dotés de toutes les connaissances et les informations d’actualité. De son côté, Samia Chibane (Syrie), qui prépare son doctorat à la Sorbonne (France), met en exergue la problématique de la gestion des eaux usées en Algérie. Ayant travaillé sur la préparation de la station d’épuration d’eau de la wilaya d’Oran, elle fera savoir que les eaux usées ne sont pas correctement rejetées à la mer. Ces eaux sont rejetées dans les plages et non au fond de la mer, précise-t-elle. Pour rappel, 90% des eaux usées doivent être utilisées par l’agriculture après leur traitement.
