Désormais, il ne reste plus que quelques années pour voir l’Algérie “totalement sécurisée” en ressources hydriques.
Défendant le bilan de son secteur, hier au Forum “En toute Liberté”, Abdelmalek Sellal a déclaré que d’ici fin 2014 ou début 2015, notre pays disposera d’un total de “85 barrages”. Ceci, outre les grands projets de transferts, dépuration, et pompage des eaux souterraines, ainsi que les 13 stations de dessalement de l’eau de mer, dont une grande partie est déjà fonctionnelle, prévues dans le vaste programme engagé par le secteur notamment depuis le début des années 2000, l’Algérie ne comptait alors qu’une quarantaine de barrages. Notre pays, qui a “beaucoup souffert historiquement en termes de mobilisation des ressources hydriques”, rappelle le ministre, enregistre aujourd’hui, une “nette amélioration”. “En effet, la mobilisation de nos ressources était extrêmement faible ; c’est un facteur pénalisant. D’où nous avons, dès le départ, pensé à optimiser nos capacités de mobilisation, et c’est comme ça que nous avons décidé de donner la priorité à la réalisation des grands projets, les barrages notamment. Pour l’information, durant ces années de disette, nous avions, au niveau du gouvernement, même pensé, et à deux reprises, de recourir à l’importation de l’eau par bateau !”, a révélé M. Sellal. Les 71 barrages, réalisés depuis 1999 à ce jour, permettent actuellement la mobilisation de pas moins de 17 milliards m3 par ans. “Nous sommes passés progressivement de 4 milliards m3 à 7,5 milliards puis à 9,5 milliards et voilà que nous avons atteint aujourd’hui une capacité énorme de 17 milliards m3 par an”, a détaillé le ministre, indiquant que 14 nouveaux barrages sont en cours de réalisation. Ce qui donnera un total de 85 barrages vers 2015. Le taux de remplissage de ces immenses retenues d’eau est, quant à lui, passé de 40 ou 45%, avant les années 2000, à 68,8% actuellement. “95% des stations ont été réalisées dans cette même période”, souligne encore M. Sellal pour qui la “rationalisation de l’utilisation de l’eau, la mobilisation optimale, et la préservation des eaux souterraines, figuraient parmi les principaux objectifs assignés à la politique nationale des ressources hydriques”. “Aujourd’hui, je ne dirai pas que la situation est au top, mais largement améliorée”, a soutenu modestement le ministre accompagné par des cadres des ressources en eau, et ceux du ministère des Transports dont il est, par ailleurs, intérimaire. Le meilleur indice reflétant la nette amélioration du secteur par rapport au passé, estime le ministre, c’est que, de nos jours, “90% de la population est liée aux réseaux de l’alimentation en eau potable”. Par ailleurs, “entre 65 et 69%” de la ressource hydrique nationale sont destinés à l’irrigation des terres agricoles. Une avancée, certes, mais loin des standards, avoue le ministre qui citera l’exemple marocain avec 75% des ressources destinés à l’agriculture.
La gestion et la distribution de l’eau, une mission confiée à des entreprises spécialisées, notamment étrangères à l’instar de la Seaal française ou autre Suez, ne procure pas moins de satisfaction à Sellal qu’il qualifie également de “meilleure par rapport au passé”. Visiblement satisfait du travail accompli par l’entreprise française, chargée depuis plus de cinq ans de la réfection et l’extension des réseaux de distribution de l’eau potable, le ministre a laissé entendre qu’“il n’y a pas de comparaison à faire entre la situation d’aujourd’hui et celle d’il y a quelques années”. Ceci, quand bien même le ministre a reconnu que la Marseillaise des eaux “n’a pas réussi” à Constantine. Car, dit-il, même dans cette ville où l’échec a été constaté, il n’en demeure pas moins que la situation a été relativement redressée. Pour assurer l’alimentation en eau potable des habitants de l’antique Cirta, le ministre mise présentement sur les capacités énormes du plus grand barrage de Benharoun, lequel barrage termine l’été avec une réserve de “905 millions de m3”. La ville d’Annaba n’est pas mieux lotie que sa voisine (Constantine), puisque là aussi l’entreprise allemande a échoué, et que son contrat vient d’être résilié.
Le ministre a reconnu, néanmoins, que la réfection d’anciens réseaux et/ou l’installation de nouveaux ne se présente guère comme un travail des moins compliqués. Pour illustrer cette complexité, le ministre rappellera que sur les 550 000 km à rénover, Alger en compte à elle seule plus de 18 000 km, dont la grande partie date de l’époque coloniale. En perspective, le ministre mise, par ailleurs, sur l’ambitieux projet d’interconnecter progressivement l’ensemble des ressources hydriques au niveau national.
F. A
